{"id":109,"date":"2026-10-04T18:25:59","date_gmt":"2026-10-04T16:25:59","guid":{"rendered":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/?p=109"},"modified":"2026-10-04T18:35:12","modified_gmt":"2026-10-04T16:35:12","slug":"les-retraites-en-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/2026\/10\/04\/les-retraites-en-france\/","title":{"rendered":"Les retraites en France"},"content":{"rendered":"<!-- ============================================================\nTITRE SUGG\u00c9R\u00c9 DE L'ARTICLE (\u00e0 saisir dans le champ \"Titre\" de WordPress) :\nLes retraites en France \u2013 Rapport de synth\u00e8se : \u00e9volution, poids \u00e9conomique, sant\u00e9, pouvoir d'achat et fiscalit\u00e9\n\nMODE D'EMPLOI :\nDans WordPress > Nouvel article > menu \u22ee (en haut \u00e0 droite) > \"\u00c9diteur de code\",\npuis collez l'int\u00e9gralit\u00e9 du contenu ci-dessous. Revenez ensuite \u00e0 l'\u00e9diteur visuel.\nLes blocs (titres, paragraphes, tableaux, citations) seront reconnus automatiquement.\n============================================================ -->\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Documentation \u00e0 jour au 15 septembre 2026 \u2013 Bust, le 21 septembre 2026 \u2013 Roland Soullie<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Liminaire<\/h2>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9paration du budget 2027 a pour cons\u00e9quence, une fois de plus, de mettre les retrait\u00e9s au centre du d\u00e9bat fiscal et social.<\/p>\n\n\n\n<p>La loi de financement de la S\u00e9curit\u00e9 sociale met l&rsquo;accent sur le d\u00e9rapage des d\u00e9penses sociales en montrant du doigt les d\u00e9penses li\u00e9es aux retrait\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La chasse est ouverte.<\/p>\n\n\n\n<p>Pas un jour sans un article dans la presse hebdomadaire ou t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, pas un jour sans un d\u00e9bat entre les partis politiques, pas un jour sans une \u00ab fuite \u00bb des intentions gouvernementales\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes ces interventions sont \u00e9tay\u00e9es par une multitude de donn\u00e9es, la plupart incompl\u00e8tes et sorties de leur contexte.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 titre d&rsquo;exemple, on peut citer la saga de l&rsquo;abattement de 10 % pour frais professionnels des retrait\u00e9s (voir le chapitre 8).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il n&rsquo;existe pas d&rsquo;abattement pour frais professionnels des retrait\u00e9s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les retrait\u00e9s peuvent d\u00e9duire un abattement de 10 % sur leurs pensions imposables, qui plus est limit\u00e9 \u00e0 4 439 \u20ac (revenus 2025), pour un retrait\u00e9 seul et la m\u00eame somme pour un couple.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9duction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels des salari\u00e9s est individuelle : pour un couple de salari\u00e9s, chacun b\u00e9n\u00e9ficiera de la d\u00e9duction, sauf \u00e0 opter pour les frais r\u00e9els.<\/p>\n\n\n\n<p>La documentation est \u00e0 jour au 15 septembre 2026. Cette derni\u00e8re a n\u00e9cessit\u00e9 la consultation et le croisement de plusieurs milliers de donn\u00e9es qui ont \u00e9t\u00e9 agr\u00e9g\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;IA.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Important : les r\u00e9gimes sp\u00e9ciaux de retraite (r\u00e9gime agricole, travailleurs non salari\u00e9s, cultes, marins) ne sont pas incorpor\u00e9s \u00e0 cette \u00e9tude.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Sommaire<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Analyse des principales publications 2024 \u2013 septembre 2026<\/li>\n<li>Retraites, sant\u00e9 et vieillissement en France \u2013 2005-2040<\/li>\n<li>Les retraites en France \u2013 synth\u00e8se 2005-2026 : poids dans le PIB et co\u00fbt de la vie<\/li>\n<li>Pensions de retraite et inflation : bilan sur vingt ans<\/li>\n<li>Pouvoir d&rsquo;achat d&rsquo;un cadre retrait\u00e9 depuis 2005<\/li>\n<li>Les retrait\u00e9s en France \u2013 2005 \u00e0 2024 : d\u00e9mographie, poids \u00e9conomique et fiscalit\u00e9<\/li>\n<li>Glossaire des principaux termes utilis\u00e9s<\/li>\n<li>Fiscalit\u00e9 des retrait\u00e9s : abattement de 10 %, frais professionnels et abattements suppl\u00e9mentaires<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Le chapitre 8 reprend l&rsquo;\u00e9tude sp\u00e9cifique relative \u00e0 l&rsquo;abattement de 10 % sur les pensions, sa distinction avec la d\u00e9duction pour frais professionnels des salari\u00e9s, les abattements suppl\u00e9mentaires li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge ou \u00e0 l&rsquo;invalidit\u00e9, ainsi que l&rsquo;historique du d\u00e9bat politique 2005-2026.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1. Analyse des principales publications 2024 \u2013 septembre 2026<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Dossier de synth\u00e8se : situation des retrait\u00e9s, financement du syst\u00e8me, projections d\u00e9mographiques, retraite suppl\u00e9mentaire et retraites dites \u00ab chapeau \u00bb. Date de mise \u00e0 jour : 15 septembre 2026.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9 ex\u00e9cutif<\/h3>\n\n\n\n<p>Entre 2024 et 2026, les publications officielles d\u00e9crivent deux r\u00e9alit\u00e9s qui ne sont pas contradictoires. D&rsquo;une part, la situation moyenne des retrait\u00e9s s&rsquo;est am\u00e9lior\u00e9e r\u00e9cemment : l&rsquo;INSEE mesure en 2024 un niveau de vie m\u00e9dian de 26 830 euros par an pour les retrait\u00e9s, l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieur \u00e0 celui de l&rsquo;ensemble de la population, et un taux de pauvret\u00e9 ramen\u00e9 \u00e0 10,4 %. D&rsquo;autre part, les perspectives financi\u00e8res \u00e0 long terme se d\u00e9gradent, principalement sous l&rsquo;effet de la d\u00e9mographie et des hypoth\u00e8ses \u00e9conomiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rapport annuel du COR de juin 2026 constitue un tournant. Il retient notamment une f\u00e9condit\u00e9 de 1,45 enfant par femme \u00e0 partir de 2028 et un solde migratoire de +150 000 personnes par an. Le S\u00e9nat, reprenant les projections du COR, indique un d\u00e9ficit du syst\u00e8me estim\u00e9 \u00e0 0,2 % du PIB en 2030, 0,9 % en 2045 et 2,4 % en 2070. Ces chiffres sont des projections conditionnelles, non des pr\u00e9visions certaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, la retraite suppl\u00e9mentaire \u00e9volue rapidement : 21,4 milliards d&rsquo;euros de cotisations ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9s en 2024 et les PER repr\u00e9sentent d\u00e9sormais 77 % de cette collecte. Les anciennes retraites \u00e0 prestations d\u00e9finies, souvent appel\u00e9es \u00ab retraites chapeau \u00bb, sont quantitativement marginales mais ont suscit\u00e9 une forte attention publique en raison de quelques montants tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s attribu\u00e9s \u00e0 des dirigeants.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1.1 Chronologie des publications de r\u00e9f\u00e9rence<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Date<\/th><th>Organisme<\/th><th>Publication \/ apport principal<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>13 juin 2024<\/td><td>COR<\/td><td>Rapport annuel 2024 : perspectives \u00e0 moyen et long terme apr\u00e8s la r\u00e9forme de 2023.<\/td><\/tr>\n<tr><td>30 oct. 2024<\/td><td>DREES<\/td><td>Panorama 2024 : 353 Md\u20ac de pensions en 2022, soit 13,4 % du PIB.<\/td><\/tr>\n<tr><td>20 f\u00e9v. 2025<\/td><td>Cour des comptes<\/td><td>Situation financi\u00e8re et perspectives du syst\u00e8me de retraites.<\/td><\/tr>\n<tr><td>12 juin 2025<\/td><td>COR<\/td><td>Rapport annuel 2025 : actualisation des projections jusqu&rsquo;en 2070.<\/td><\/tr>\n<tr><td>31 juil. 2025<\/td><td>DREES<\/td><td>Panorama 2025 : 370 Md\u20ac de pensions en 2023, soit 13,1 % du PIB.<\/td><\/tr>\n<tr><td>3 f\u00e9v. 2026<\/td><td>DREES<\/td><td>Retraite suppl\u00e9mentaire 2024 : 21,4 Md\u20ac de cotisations ; PER = 77 %.<\/td><\/tr>\n<tr><td>1er avr. 2026<\/td><td>Agirc-Arrco<\/td><td>Donn\u00e9es 2024 : 13,907 M de retrait\u00e9s ; pension totale moyenne 1 760 \u20ac\/mois.<\/td><\/tr>\n<tr><td>11 juin 2026<\/td><td>COR<\/td><td>Rapport annuel 2026 : nouvelles hypoth\u00e8ses d\u00e9mographiques et projections.<\/td><\/tr>\n<tr><td>17 juin 2026<\/td><td>S\u00e9nat<\/td><td>Rapport : d\u00e9ficit projet\u00e9 \u00e0 0,2 % du PIB en 2030, 0,9 % en 2045, 2,4 % en 2070.<\/td><\/tr>\n<tr><td>9 juil. 2026<\/td><td>INSEE<\/td><td>Niveau de vie 2024 : retrait\u00e9s 26 830 \u20ac\/an ; pauvret\u00e9 10,4 %.<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1.2 Le poids \u00e9conomique des retraites<\/h3>\n\n\n\n<p>La DREES chiffre \u00e0 370 milliards d&rsquo;euros les pensions de vieillesse et de survie vers\u00e9es en 2023, soit 13,1 % du PIB. Fin 2023, 17,2 millions de personnes percevaient une pension de droit direct d&rsquo;au moins un r\u00e9gime fran\u00e7ais. Pour les retrait\u00e9s r\u00e9sidant en France, la pension moyenne de droit direct s&rsquo;\u00e9tablissait \u00e0 1 666 euros bruts par mois et 1 541 euros apr\u00e8s pr\u00e9l\u00e8vements sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces moyennes doivent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es avec prudence : elles agr\u00e8gent des carri\u00e8res, r\u00e9gimes, sexes, patrimoines et situations familiales tr\u00e8s diff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1.3 Situation mat\u00e9rielle et niveau de vie des retrait\u00e9s<\/h3>\n\n\n\n<p>Selon l&rsquo;INSEE, le niveau de vie m\u00e9dian des retrait\u00e9s vivant en logement ordinaire atteint 26 830 euros annuels en 2024, contre 26 740 euros pour l&rsquo;ensemble de la population. Il augmente de 3,5 % en euros constants en un an, soutenu notamment par les revalorisations des pensions. Le taux de pauvret\u00e9 des retrait\u00e9s baisse de 11,1 % en 2023 \u00e0 10,4 % en 2024, rejoignant celui des actifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le niveau de vie ne doit pas \u00eatre confondu avec le montant de la pension : il tient compte des autres revenus du m\u00e9nage, notamment patrimoniaux, ainsi que de sa composition.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1.4 Le tournant d\u00e9mographique du COR en 2026<\/h3>\n\n\n\n<p>Le rapport du COR du 11 juin 2026 modifie sensiblement le cadre d\u00e9mographique utilis\u00e9 l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Les projections 2025 reposaient encore sur les hypoth\u00e8ses INSEE de 2021, notamment une f\u00e9condit\u00e9 \u00e0 terme de 1,8 enfant par femme et un solde migratoire annuel de +70 000. Le rapport 2026 retient une f\u00e9condit\u00e9 de 1,45 enfant \u00e0 partir de 2028 et un solde migratoire de +150 000 d\u00e8s 2026, avec des gains d&rsquo;esp\u00e9rance de vie l\u00e9g\u00e8rement revus \u00e0 la baisse.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><strong>Cons\u00e9quence essentielle :<\/strong> les r\u00e9sultats \u00e0 tr\u00e8s long terme sont extr\u00eamement sensibles aux hypoth\u00e8ses de population, d&#8217;emploi, de productivit\u00e9 et de salaires. Une projection \u00e0 2070 doit donc \u00eatre lue comme un sc\u00e9nario conditionnel.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1.5 Perspectives financi\u00e8res<\/h3>\n\n\n\n<p>La Cour des comptes a publi\u00e9 en f\u00e9vrier 2025 un rapport sp\u00e9cifique consacr\u00e9 \u00e0 la situation financi\u00e8re et aux perspectives du syst\u00e8me. En 2026, le S\u00e9nat, sur la base du rapport du COR, souligne une d\u00e9gradation du solde projet\u00e9 \u00e0 long terme.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Horizon<\/th><th>Solde projet\u00e9 du syst\u00e8me<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>2030<\/td><td>-0,2 % du PIB<\/td><\/tr>\n<tr><td>2045<\/td><td>-0,9 % du PIB<\/td><\/tr>\n<tr><td>2070<\/td><td>-2,4 % du PIB<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Le S\u00e9nat pr\u00e9cise que la projection 2070 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9grad\u00e9e d&rsquo;environ un point par rapport \u00e0 l&rsquo;exercice pr\u00e9c\u00e9dent, notamment en raison des nouvelles hypoth\u00e8ses de f\u00e9condit\u00e9 et des r\u00e8gles futures de revalorisation des retraites compl\u00e9mentaires.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1.6 Agirc-Arrco : la retraite compl\u00e9mentaire du priv\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p>Fin 2024, l&rsquo;Agirc-Arrco compte 13,907 millions de retrait\u00e9s. Pour les retrait\u00e9s de droit direct, la pension totale moyenne tous r\u00e9gimes est de 1 760 euros par mois ; la part Agirc-Arrco repr\u00e9sente environ 552 euros. Plus d&rsquo;un tiers sont polypensionn\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1.7 Retraite suppl\u00e9mentaire et mont\u00e9e en puissance du PER<\/h3>\n\n\n\n<p>La DREES indique qu&rsquo;en 2024 les contrats de retraite suppl\u00e9mentaire ont collect\u00e9 21,4 milliards d&rsquo;euros de cotisations, en hausse de 10 % en euros constants. Les PER repr\u00e9sentent 77 % des cotisations, contre 75 % en 2023 et 69 % en 2022. Les prestations vers\u00e9es atteignent 8,9 milliards d&rsquo;euros et 2,7 millions de personnes en b\u00e9n\u00e9ficient.<\/p>\n\n\n\n<p>La tendance est donc claire : le PER devient progressivement le v\u00e9hicule central de l&rsquo;\u00e9pargne retraite suppl\u00e9mentaire, tandis que les anciens dispositifs \u00e0 prestations d\u00e9finies occupent une place plus r\u00e9siduelle.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1.8 Les \u00ab retraites chapeau \u00bb : remettre les montants en perspective<\/h3>\n\n\n\n<p>Le rapport IGAS-IGF publi\u00e9 en 2015 demeure une source de r\u00e9f\u00e9rence pour comprendre ces dispositifs. Il rappelle que les retraites \u00e0 prestations d\u00e9finies concernaient plus de 200 000 pensionn\u00e9s et que 84 % percevaient une rente annuelle inf\u00e9rieure \u00e0 5 000 euros. Les cas de plusieurs centaines de milliers d&rsquo;euros par an sont donc exceptionnels, m\u00eame s&rsquo;ils ont concentr\u00e9 l&rsquo;attention m\u00e9diatique.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Une difficult\u00e9 m\u00e9thodologique est majeure : les documents d&rsquo;entreprise peuvent publier une rente annuelle potentielle, un engagement actuariel ou une provision. Ces notions ne sont pas interchangeables. Une provision de plusieurs millions d&rsquo;euros ne signifie pas que cette somme est vers\u00e9e imm\u00e9diatement au dirigeant.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1.9 Exemples historiques de hauts dirigeants<\/h3>\n\n\n\n<p>Le tableau ci-dessous reprend la photographie historique \u00e9voqu\u00e9e dans le dossier, issue des analyses publiques sur les r\u00e9gimes \u00e0 prestations d\u00e9finies. Il s&rsquo;agit de droits potentiels et non d&rsquo;une liste de pensions effectivement encaiss\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Dirigeant<\/th><th>Soci\u00e9t\u00e9<\/th><th>Rente annuelle potentielle<\/th><th>Taux de remplacement<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>Franck Riboud<\/td><td>Danone<\/td><td>1 763 291 \u20ac<\/td><td>61 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>Jean-Paul Agon<\/td><td>L&rsquo;Or\u00e9al<\/td><td>1 482 250 \u20ac<\/td><td>37 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>Henri de Castries<\/td><td>AXA<\/td><td>1 039 500 \u20ac<\/td><td>34 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>Bernard Arnault<\/td><td>LVMH<\/td><td>643 812 \u20ac<\/td><td>16 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>G\u00e9rard Mestrallet<\/td><td>GDF Suez<\/td><td>640 141 \u20ac<\/td><td>19 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>Christophe de Margerie<\/td><td>Total<\/td><td>564 493 \u20ac<\/td><td>19 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>Pierre Pringuet<\/td><td>Pernod Ricard<\/td><td>516 938 \u20ac<\/td><td>19 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>Philippe Varin<\/td><td>Peugeot<\/td><td>258 213 \u20ac<\/td><td>9 %<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Ces chiffres illustrent l&rsquo;extr\u00eame sommet de la distribution. Ils ne doivent pas \u00eatre extrapol\u00e9s aux cadres en g\u00e9n\u00e9ral ni aux b\u00e9n\u00e9ficiaires ordinaires d&rsquo;une retraite suppl\u00e9mentaire d&rsquo;entreprise.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1.10 Comparaison avec la pension moyenne<\/h3>\n\n\n\n<p>La pension moyenne de droit direct des retrait\u00e9s r\u00e9sidant en France \u00e9tait de 1 666 euros bruts mensuels en 2023, soit 19 992 euros par an. \u00c0 titre purement illustratif, une rente potentielle annuelle de 1,763 million d&rsquo;euros repr\u00e9sente environ 88 fois cette pension annuelle moyenne. La comparaison est toutefois imparfaite : elle oppose une retraite suppl\u00e9mentaire potentielle de dirigeant \u00e0 une pension totale moyenne.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1.11 Points d&rsquo;accord et diff\u00e9rences entre organismes<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Organisme<\/th><th>Angle principal<\/th><th>Lecture \u00e0 retenir<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>COR<\/td><td>Projections<\/td><td>Forte d\u00e9pendance \u00e0 la d\u00e9mographie et aux hypoth\u00e8ses \u00e9conomiques.<\/td><\/tr>\n<tr><td>Cour des comptes<\/td><td>Soutenabilit\u00e9<\/td><td>Accent sur les d\u00e9s\u00e9quilibres financiers et les mesures correctrices.<\/td><\/tr>\n<tr><td>DREES<\/td><td>Statistiques<\/td><td>Mesure des pensions, effectifs, \u00e2ges, minima et retraite suppl\u00e9mentaire.<\/td><\/tr>\n<tr><td>INSEE<\/td><td>Niveau de vie<\/td><td>Situation des m\u00e9nages retrait\u00e9s, pauvret\u00e9 et revenus patrimoniaux.<\/td><\/tr>\n<tr><td>Agirc-Arrco<\/td><td>Compl\u00e9mentaire priv\u00e9<\/td><td>Donn\u00e9es propres au principal r\u00e9gime compl\u00e9mentaire des salari\u00e9s du priv\u00e9.<\/td><\/tr>\n<tr><td>S\u00e9nat<\/td><td>Contr\u00f4le \/ d\u00e9bat<\/td><td>Met en perspective soutenabilit\u00e9, redistribution et in\u00e9galit\u00e9s.<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1.12 Conclusion<\/h3>\n\n\n\n<p>La p\u00e9riode 2024-2026 montre qu&rsquo;il faut s\u00e9parer trois d\u00e9bats. Le premier concerne la situation actuelle des retrait\u00e9s : en moyenne, leur niveau de vie s&rsquo;est am\u00e9lior\u00e9 en 2024, mais cette moyenne masque de fortes disparit\u00e9s. Le deuxi\u00e8me concerne la soutenabilit\u00e9 collective : les projections du COR se d\u00e9gradent \u00e0 long terme et restent tr\u00e8s sensibles aux hypoth\u00e8ses. Le troisi\u00e8me concerne la retraite suppl\u00e9mentaire : le PER progresse rapidement tandis que les anciennes retraites chapeau deviennent plus r\u00e9siduelles.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>La principale pr\u00e9caution m\u00e9thodologique est donc de ne jamais confondre pension moyenne, niveau de vie, retraite compl\u00e9mentaire, retraite suppl\u00e9mentaire, rente potentielle et provision actuarielle. Une analyse s\u00e9rieuse des retraites doit pr\u00e9ciser pour chaque chiffre sa d\u00e9finition, son ann\u00e9e et son p\u00e9rim\u00e8tre.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Sources principales<\/h4>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Conseil d&rsquo;orientation des retraites (COR) \u2013 Rapports annuels 2024, 2025 et 2026 ; rapport 2026 publi\u00e9 le 11 juin 2026.<\/li>\n<li>DREES \u2013 Les retrait\u00e9s et les retraites, \u00e9ditions 2024 et 2025 ; donn\u00e9es sur la retraite suppl\u00e9mentaire 2024 publi\u00e9es en f\u00e9vrier 2026.<\/li>\n<li>Cour des comptes \u2013 Situation financi\u00e8re et perspectives du syst\u00e8me de retraites, f\u00e9vrier 2025.<\/li>\n<li>INSEE \u2013 Niveau de vie et pauvret\u00e9 en 2024, Insee Premi\u00e8re n\u00b0 2117, 9 juillet 2026.<\/li>\n<li>Agirc-Arrco \u2013 Donn\u00e9es chiffr\u00e9es sur les retrait\u00e9s, donn\u00e9es 2024 mises en ligne le 1er avril 2026.<\/li>\n<li>S\u00e9nat \u2013 Rapport n\u00b0 759 (2025-2026), d\u00e9pos\u00e9 le 17 juin 2026.<\/li>\n<li>IGAS-IGF \u2013 L&rsquo;encadrement des retraites chapeau, rapport publi\u00e9 en janvier 2015, utilis\u00e9 pour le contexte historique.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Note : ce dossier est une synth\u00e8se documentaire. Les projections \u00e0 long terme sont conditionnelles et peuvent \u00e9voluer avec les hypoth\u00e8ses d\u00e9mographiques, \u00e9conomiques, r\u00e9glementaires et conventionnelles.<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">2. Retraites, sant\u00e9 et vieillissement en France \u2013 2005-2040<\/h2>\n\n\n\n<p><em>\u00c9tude 2005-2040 \u2013 donn\u00e9es constat\u00e9es, d\u00e9penses de sant\u00e9 et projections.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Objet.<\/strong> Mesurer l&rsquo;\u00e9volution du nombre de retrait\u00e9s, du poids des pensions dans le PIB et des d\u00e9penses li\u00e9es au grand \u00e2ge, puis appr\u00e9cier le d\u00e9placement du risque financier \u00e0 l&rsquo;horizon 2040.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Note m\u00e9thodologique<\/h3>\n\n\n\n<p>Les statistiques de retraite sont \u00e9tablies selon le statut de retrait\u00e9. Les statistiques de sant\u00e9 sont principalement ventil\u00e9es par \u00e2ge, affection et type de soins. Il n&rsquo;existe donc pas de s\u00e9rie officielle homog\u00e8ne sur vingt ans intitul\u00e9e \u00ab co\u00fbt de sant\u00e9 des retrait\u00e9s \u00bb. L&rsquo;\u00e9tude distingue les chiffres directement observ\u00e9s des estimations et utilise le grand \u00e2ge comme indicateur de pression sanitaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Les p\u00e9rim\u00e8tres ne doivent pas \u00eatre additionn\u00e9s sans pr\u00e9caution : les d\u00e9penses totales de sant\u00e9 concernent toute la population ; les soins de longue dur\u00e9e des personnes \u00e2g\u00e9es constituent en revanche un poste sp\u00e9cifiquement pertinent pour le vieillissement.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9 ex\u00e9cutif<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Indicateur<\/th><th>2005<\/th><th>2023\/2024<\/th><th>Lecture<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>Retrait\u00e9s de droit direct<\/td><td>13,5 M<\/td><td>17,2 M (2023)<\/td><td>\u2248 +27 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>Pensions \/ PIB<\/td><td>11,5 %<\/td><td>13,1 % (2023)<\/td><td>+1,6 point<\/td><\/tr>\n<tr><td>Sant\u00e9 totale \/ PIB<\/td><td>p\u00e9rim\u00e8tres historiques \u00e0 harmoniser<\/td><td>11,4 % (2024)<\/td><td>ratio macro assez stable r\u00e9cemment<\/td><\/tr>\n<tr><td>Soins longue dur\u00e9e<\/td><td>n.d. comparable<\/td><td>52,2 Md\u20ac (2024)<\/td><td>16 % de la DCSi<\/td><\/tr>\n<tr><td>dont personnes \u00e2g\u00e9es en perte d&rsquo;autonomie<\/td><td>n.d. comparable<\/td><td>35,9 Md\u20ac (2024)<\/td><td>\u2248 1,2 % du PIB<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><strong>Conclusion centrale :<\/strong> depuis 2005, les effectifs de retrait\u00e9s ont augment\u00e9 beaucoup plus vite que le poids des pensions dans le PIB. Le risque financier li\u00e9 au vieillissement se d\u00e9place progressivement vers le tr\u00e8s grand \u00e2ge, les soins de longue dur\u00e9e, l&rsquo;aide \u00e0 domicile et la perte d&rsquo;autonomie.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2.1 Vingt ans de croissance du nombre de retrait\u00e9s<\/h3>\n\n\n\n<p>La DREES d\u00e9nombrait 13,5 millions de retrait\u00e9s percevant une pension de droit direct en 2005. En 2023, ils sont 17,2 millions. La progression est donc de l&rsquo;ordre de 27 % sur la p\u00e9riode.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Ann\u00e9e<\/th><th>Retrait\u00e9s de droit direct<\/th><th>Indice 2005 = 100<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>2005<\/td><td>13,5 M<\/td><td>100<\/td><\/tr>\n<tr><td>2010<\/td><td>\u2248 15,08 M<\/td><td>\u2248 112<\/td><\/tr>\n<tr><td>2015<\/td><td>\u2248 15,98 M<\/td><td>\u2248 118<\/td><\/tr>\n<tr><td>2020<\/td><td>\u2248 16,9 M<\/td><td>\u2248 125<\/td><\/tr>\n<tr><td>2023<\/td><td>17,2 M<\/td><td>\u2248 127<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Lecture : l&rsquo;effectif augmente fortement mais la progression ralentit apr\u00e8s la grande vague de d\u00e9parts des g\u00e9n\u00e9rations du baby-boom.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Attention : les s\u00e9ries DREES peuvent faire l&rsquo;objet de r\u00e9visions statistiques. Les valeurs interm\u00e9diaires sont pr\u00e9sent\u00e9es ici comme rep\u00e8res arrondis ; les deux bornes 2005 et 2023 sont les points essentiels de comparaison.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2.2 Pensions : une charge qui augmente moins vite que les effectifs<\/h3>\n\n\n\n<p>En 2005, les pensions repr\u00e9sentent 11,5 % du PIB. En 2023, elles repr\u00e9sentent 13,1 % du PIB, soit 370 milliards d&rsquo;euros. La hausse est de 1,6 point de PIB, soit environ +14 % en termes relatifs, nettement moins que l&rsquo;augmentation du nombre de retrait\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Ann\u00e9e<\/th><th>Pensions \/ PIB<\/th><th>Indice 2005 = 100<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>2005<\/td><td>11,5 %<\/td><td>100<\/td><\/tr>\n<tr><td>2010<\/td><td>12,9 %<\/td><td>112<\/td><\/tr>\n<tr><td>2015<\/td><td>13,7 %<\/td><td>119<\/td><\/tr>\n<tr><td>2020<\/td><td>14,4 %*<\/td><td>125<\/td><\/tr>\n<tr><td>2023<\/td><td>13,1 %<\/td><td>114<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">* 2020 est une ann\u00e9e atypique : le ratio est gonfl\u00e9 par la contraction du PIB li\u00e9e \u00e0 la crise sanitaire. Selon les mill\u00e9simes statistiques et p\u00e9rim\u00e8tres, les s\u00e9ries r\u00e9vis\u00e9es peuvent l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rer.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><strong>R\u00e9sultat :<\/strong> indice des retrait\u00e9s \u2248 127 contre indice du poids des pensions \u2248 114 entre 2005 et 2023. L&rsquo;effectif a donc progress\u00e9 environ deux fois plus vite que la charge des pensions rapport\u00e9e au PIB.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2.3 Sant\u00e9 : ce que l&rsquo;on peut r\u00e9ellement attribuer au vieillissement<\/h3>\n\n\n\n<p>En 2024, la d\u00e9pense courante de sant\u00e9 au sens international (DCSi) atteint environ 333 milliards d&rsquo;euros, soit 11,4 % du PIB. Cette d\u00e9pense concerne toute la population et ne peut pas \u00eatre qualifi\u00e9e de \u00ab co\u00fbt des retrait\u00e9s \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La DREES dispose toutefois d&rsquo;un jeu de donn\u00e9es d\u00e9taill\u00e9 sur les d\u00e9penses et restes \u00e0 charge pour 2017, 2021 et 2023, ventil\u00e9 notamment selon l&rsquo;\u00e2ge. Cette base confirme la forte progression des d\u00e9penses individuelles aux \u00e2ges \u00e9lev\u00e9s, mais ne permet pas de reconstituer directement une s\u00e9rie homog\u00e8ne depuis 2005.<\/p>\n\n\n\n<p>Le poste le plus directement li\u00e9 au grand \u00e2ge est celui des soins de longue dur\u00e9e. En 2024, il atteint 52,2 milliards d&rsquo;euros.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Soins de longue dur\u00e9e 2024<\/th><th>Md\u20ac<\/th><th>Part du total SLD<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>Personnes \u00e2g\u00e9es en perte d&rsquo;autonomie \/ fin de vie<\/td><td>35,94<\/td><td>\u2248 69 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>Personnes en situation de handicap<\/td><td>15,29<\/td><td>\u2248 29 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>Addictions<\/td><td>0,99<\/td><td>\u2248 2 %<\/td><\/tr>\n<tr><td><strong>Total<\/strong><\/td><td><strong>52,21<\/strong><\/td><td><strong>100 %<\/strong><\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Les 35,9 milliards d&rsquo;euros consacr\u00e9s aux personnes \u00e2g\u00e9es en perte d&rsquo;autonomie repr\u00e9sentent environ 1,2 % du PIB. Ils incluent notamment soins \u00e0 domicile, soins et aides en \u00e9tablissements m\u00e9dicalis\u00e9s et aides \u00e0 la vie quotidienne entrant dans le p\u00e9rim\u00e8tre de la DCSi.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><strong>Point de vigilance :<\/strong> additionner 13,1 % de pensions et 1,2 % de soins de longue dur\u00e9e donne un socle d&rsquo;environ 14,3 % du PIB, mais pas un \u00ab co\u00fbt total des retrait\u00e9s \u00bb. Les soins ordinaires des personnes \u00e2g\u00e9es ne sont pas inclus dans ce calcul, et les p\u00e9rim\u00e8tres doivent \u00e9viter tout double compte.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2.4 Le compte \u00e9conomique du vieillissement : ce qui est mesurable<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Bloc<\/th><th>2023\/2024<\/th><th>Statut du chiffre<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>Pensions de retraite<\/td><td>370 Md\u20ac ; 13,1 % du PIB (2023)<\/td><td>Observ\u00e9 \u2013 DREES<\/td><\/tr>\n<tr><td>D\u00e9pense courante de sant\u00e9<\/td><td>333 Md\u20ac ; 11,4 % du PIB (2024)<\/td><td>Observ\u00e9 \u2013 tous \u00e2ges<\/td><\/tr>\n<tr><td>Soins longue dur\u00e9e \u2013 personnes \u00e2g\u00e9es<\/td><td>35,9 Md\u20ac (2024)<\/td><td>Observ\u00e9 \u2013 DREES<\/td><\/tr>\n<tr><td>Soins ordinaires des retrait\u00e9s<\/td><td>pas de total officiel unique<\/td><td>\u00c0 estimer par \u00e2ge<\/td><\/tr>\n<tr><td>Total pensions + SLD personnes \u00e2g\u00e9es<\/td><td>\u2248 14,3 % du PIB*<\/td><td>Indicateur partiel<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">* Approximation utilisant des ann\u00e9es adjacentes 2023\/2024 et des p\u00e9rim\u00e8tres distincts. \u00c0 utiliser comme ordre de grandeur, non comme agr\u00e9gat comptable officiel.<\/p>\n\n\n\n<p>La comparaison avec 2005 doit donc rester asym\u00e9trique : les retraites sont tr\u00e8s bien document\u00e9es sur vingt ans, tandis que la mesure sanitaire attribuable au vieillissement n\u00e9cessite une reconstitution par \u00e2ge. Pr\u00e9senter un chiffre unique \u00ab co\u00fbt des retrait\u00e9s en sant\u00e9 en 2005 \u00bb avec une pr\u00e9cision artificielle serait m\u00e9thodologiquement fragile.<\/p>\n\n\n\n<p>La bonne lecture \u00e9conomique consiste \u00e0 suivre trois variables : (1) nombre de pensionn\u00e9s, (2) part des pensions dans le PIB, (3) progression des d\u00e9penses sp\u00e9cifiques au grand \u00e2ge et \u00e0 la perte d&rsquo;autonomie.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2.5 Projection \u00e0 l&rsquo;horizon 2040<\/h3>\n\n\n\n<p>Le rapport annuel du Conseil d&rsquo;orientation des retraites de juin 2026 modifie sensiblement la perspective de long terme. Dans son sc\u00e9nario de r\u00e9f\u00e9rence, les d\u00e9penses du syst\u00e8me de retraite repr\u00e9sentent 14,1 % du PIB en 2025 et resteraient globalement stables jusqu&rsquo;en 2045. Elles remonteraient ensuite progressivement pour atteindre 15,3 % en 2070.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Indicateur COR<\/th><th>2025<\/th><th>Vers 2040-2045<\/th><th>2070<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>D\u00e9penses du syst\u00e8me de retraite \/ PIB<\/td><td>14,1 %<\/td><td>\u2248 stables autour de ce niveau<\/td><td>15,3 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>\u00c2ge moyen de d\u00e9part<\/td><td>63,1 ans<\/td><td>\u2248 64,6 ans \u00e0 partir des ann\u00e9es 2040<\/td><td>\u2248 64,6 ans<\/td><\/tr>\n<tr><td>Pension moyenne \/ revenu d&rsquo;activit\u00e9 moyen<\/td><td>54,6 %<\/td><td>en baisse<\/td><td>45,3 %<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Le COR souligne que la stabilit\u00e9 relative des d\u00e9penses malgr\u00e9 le vieillissement r\u00e9sulte notamment du recul de l&rsquo;\u00e2ge de d\u00e9part et de la diminution de la pension moyenne relativement au revenu d&rsquo;activit\u00e9 moyen.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette stabilit\u00e9 du ratio de retraite ne signifie donc pas que le niveau de vie relatif des retrait\u00e9s resterait inchang\u00e9 : la pension moyenne continuerait \u00e0 progresser en euros r\u00e9els, mais moins rapidement que les revenus d&rsquo;activit\u00e9 selon les hypoth\u00e8ses du COR.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><strong>Implication :<\/strong> \u00e0 l&rsquo;horizon 2040, la question budg\u00e9taire ne se r\u00e9sume pas aux pensions. Le passage des g\u00e9n\u00e9rations nombreuses vers 80, 85 et 90 ans augmente surtout les besoins de soins, d&rsquo;aide \u00e0 domicile, de personnel et de structures adapt\u00e9es.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2.6 Conclusion g\u00e9n\u00e9rale<\/h3>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>D\u00e9mographie.<\/strong> Entre 2005 et 2023, le nombre de retrait\u00e9s de droit direct est pass\u00e9 d&rsquo;environ 13,5 \u00e0 17,2 millions, soit une hausse proche de 27 %.<\/li>\n<li><strong>Retraites.<\/strong> Sur la m\u00eame p\u00e9riode, les pensions sont pass\u00e9es d&rsquo;environ 11,5 % \u00e0 13,1 % du PIB. Leur poids \u00e9conomique a donc augment\u00e9 beaucoup moins vite que les effectifs.<\/li>\n<li><strong>Sant\u00e9.<\/strong> La d\u00e9pense totale de sant\u00e9 repr\u00e9sente 11,4 % du PIB en 2024, mais elle ne peut \u00eatre imput\u00e9e aux retrait\u00e9s. Les donn\u00e9es par \u00e2ge montrent n\u00e9anmoins que le grand \u00e2ge est associ\u00e9 \u00e0 des d\u00e9penses m\u00e9dicales beaucoup plus importantes.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9pendance.<\/strong> Les soins de longue dur\u00e9e des personnes \u00e2g\u00e9es en perte d&rsquo;autonomie atteignent 35,9 milliards d&rsquo;euros en 2024. C&rsquo;est l&rsquo;un des postes les plus directement expos\u00e9s au vieillissement.<\/li>\n<li><strong>Horizon 2040.<\/strong> Le COR 2026 n&rsquo;anticipe pas d&rsquo;explosion de la part des retraites dans le PIB avant 2045. Le risque se d\u00e9place donc progressivement vers la prise en charge du tr\u00e8s grand \u00e2ge et vers la capacit\u00e9 du syst\u00e8me de sant\u00e9 et m\u00e9dico-social \u00e0 fournir suffisamment de personnel et de services.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><strong>Le chiffre \u00e0 retenir :<\/strong> +27 % de retrait\u00e9s entre 2005 et 2023, mais seulement +1,6 point de PIB pour les pensions. Le vieillissement fran\u00e7ais est ainsi de moins en moins une question exclusivement \u00ab retraite \u00bb et de plus en plus une question combin\u00e9e de retraite, sant\u00e9 et autonomie.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Sources principales et r\u00e9serves<\/h4>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>DREES \u2013 Les retraites en 2005. 13,5 millions de retrait\u00e9s de droit direct en 2005.<\/li>\n<li>DREES \u2013 Les retrait\u00e9s et les retraites, \u00e9ditions r\u00e9centes. S\u00e9ries d&rsquo;effectifs, masses de pensions et part des pensions dans le PIB ; 370 Md\u20ac et 13,1 % du PIB en 2023.<\/li>\n<li>DREES \u2013 Les d\u00e9penses de sant\u00e9 en 2024, \u00e9dition 2025. DCSi 333 Md\u20ac, 11,4 % du PIB ; soins de longue dur\u00e9e 52,2 Md\u20ac, dont 35,9 Md\u20ac pour les personnes \u00e2g\u00e9es en perte d&rsquo;autonomie.<\/li>\n<li>DREES \u2013 D\u00e9penses de sant\u00e9 et restes \u00e0 charge. Donn\u00e9es individuelles 2017, 2021 et 2023, ventil\u00e9es notamment selon l&rsquo;\u00e2ge.<\/li>\n<li>Conseil d&rsquo;orientation des retraites \u2013 Rapport annuel juin 2026. D\u00e9penses du syst\u00e8me de retraite \u00e0 14,1 % du PIB en 2025, stabilit\u00e9 projet\u00e9e jusqu&rsquo;en 2045 puis 15,3 % en 2070 ; \u00e2ge moyen de d\u00e9part et pension relative.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>R\u00e9serves : les agr\u00e9gats de retraite peuvent diff\u00e9rer selon qu&rsquo;ils portent sur les seules pensions, les prestations ou l&rsquo;ensemble des d\u00e9penses du syst\u00e8me. Les comptes de sant\u00e9 ont connu des changements m\u00e9thodologiques et de p\u00e9rim\u00e8tre. Les comparaisons historiques doivent donc privil\u00e9gier les s\u00e9ries r\u00e9tropol\u00e9es et \u00e9viter les additions entre agr\u00e9gats non homog\u00e8nes. Document \u00e9tabli \u00e0 partir de statistiques publiques disponibles au 15 septembre 2026.<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3. Les retraites en France \u2013 synth\u00e8se 2005-2026 : poids dans le PIB, co\u00fbt de la vie et pouvoir d&rsquo;achat<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Mise \u00e0 jour du dossier pr\u00e9c\u00e9dent avec un chapitre sp\u00e9cifique sur vingt ans d&rsquo;\u00e9volution.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.1 Les principaux constats<\/h3>\n\n\n\n<p>Sur les vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, deux ph\u00e9nom\u00e8nes doivent \u00eatre distingu\u00e9s. Le poids des pensions dans le PIB a fortement progress\u00e9 entre le milieu des ann\u00e9es 2000 et le milieu des ann\u00e9es 2010, puis s&rsquo;est globalement stabilis\u00e9. Dans le m\u00eame temps, le niveau g\u00e9n\u00e9ral des prix a augment\u00e9 sensiblement, avec une acc\u00e9l\u00e9ration tr\u00e8s marqu\u00e9e entre 2021 et 2023.<\/p>\n\n\n\n<p>La s\u00e9rie annuelle INSEE hors tabac passe de 88,30 en 2005 \u00e0 119,90 en 2025 (base 2015 = 100), soit une hausse cumul\u00e9e de 35,8 %. Pour l&rsquo;alimentation et les boissons non alcoolis\u00e9es, l&rsquo;indice passe de 86,60 \u00e0 134,84, soit +55,7 %. Pour l&rsquo;\u00e9nergie, l&rsquo;indice passe de 76,60 \u00e0 150,55, soit +96,5 %.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><strong>Conclusion essentielle :<\/strong> l&rsquo;inflation moyenne ne suffit pas \u00e0 mesurer le co\u00fbt de la vie ressenti par chaque retrait\u00e9. Le r\u00e9sultat d\u00e9pend fortement de la structure de ses d\u00e9penses, notamment alimentation, \u00e9nergie, logement et sant\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.2 Rep\u00e8res : retraites en pourcentage du PIB<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Ann\u00e9e<\/th><th>D\u00e9penses de retraite \/ PIB<\/th><th>Lecture<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>2005<\/td><td>\u2248 11,5 %<\/td><td>Point de d\u00e9part : poids sensiblement inf\u00e9rieur \u00e0 celui des ann\u00e9es 2010.<\/td><\/tr>\n<tr><td>2010<\/td><td>\u2248 13,0 %<\/td><td>Hausse rapide apr\u00e8s la crise financi\u00e8re.<\/td><\/tr>\n<tr><td>2014-2015<\/td><td>\u2248 13,7-13,8 %<\/td><td>Palier \u00e9lev\u00e9 atteint au milieu des ann\u00e9es 2010.<\/td><\/tr>\n<tr><td>2019<\/td><td>\u2248 13,3-13,4 %<\/td><td>L\u00e9ger reflux avant la crise sanitaire.<\/td><\/tr>\n<tr><td>2020<\/td><td>pic exceptionnel<\/td><td>Hausse m\u00e9canique du ratio du fait de la chute du PIB.<\/td><\/tr>\n<tr><td>2022<\/td><td>13,3 %<\/td><td>Retour vers le niveau d&rsquo;avant-Covid.<\/td><\/tr>\n<tr><td>2023<\/td><td>13,1 %<\/td><td>Niveau le plus bas depuis 2010 selon la DREES.<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Le pic de 2020 ne signifie pas une explosion soudaine des pensions : le d\u00e9nominateur, le PIB, s&rsquo;est contract\u00e9 brutalement pendant la crise sanitaire. C&rsquo;est pourquoi il faut \u00e9viter d&rsquo;interpr\u00e9ter isol\u00e9ment ce ratio.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.3 Co\u00fbt de la vie : s\u00e9rie annuelle INSEE 2005-2025<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Ann\u00e9e<\/th><th>Indice IPC hors tabac<\/th><th>Hausse cumul\u00e9e depuis 2005<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>2005<\/td><td>88,30<\/td><td>0,0 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2006<\/td><td>89,79<\/td><td>1,7 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2007<\/td><td>91,10<\/td><td>3,2 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2008<\/td><td>93,65<\/td><td>6,1 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2009<\/td><td>93,71<\/td><td>6,1 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2010<\/td><td>95,06<\/td><td>7,7 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2011<\/td><td>97,01<\/td><td>9,9 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2012<\/td><td>98,83<\/td><td>11,9 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2013<\/td><td>99,56<\/td><td>12,8 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2014<\/td><td>99,97<\/td><td>13,2 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2015<\/td><td>100,00<\/td><td>13,3 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2016<\/td><td>100,19<\/td><td>13,5 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2017<\/td><td>101,20<\/td><td>14,6 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2018<\/td><td>102,84<\/td><td>16,5 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2019<\/td><td>103,80<\/td><td>17,6 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2020<\/td><td>104,02<\/td><td>17,8 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2021<\/td><td>105,64<\/td><td>19,6 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2022<\/td><td>111,32<\/td><td>26,1 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2023<\/td><td>116,73<\/td><td>32,2 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2024<\/td><td>118,86<\/td><td>34,6 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2025<\/td><td>119,90<\/td><td>35,8 %<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Sur cette s\u00e9rie homog\u00e8ne, le niveau g\u00e9n\u00e9ral des prix augmente donc d&rsquo;environ 35,8 % entre 2005 et 2025. Le rythme est relativement mod\u00e9r\u00e9 jusqu&rsquo;en 2020, puis s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re fortement en 2022 et 2023.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.4 Les d\u00e9penses qui p\u00e8sent davantage sur certains retrait\u00e9s<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Poste<\/th><th>Indice 2005<\/th><th>Indice 2025<\/th><th>Hausse 2005-2025<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>IPC g\u00e9n\u00e9ral hors tabac<\/td><td>88,30<\/td><td>119,90<\/td><td>+35,8 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>Alimentation et boissons non alcoolis\u00e9es<\/td><td>86,60<\/td><td>134,84<\/td><td>+55,7 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>\u00c9nergie<\/td><td>76,60<\/td><td>150,55<\/td><td>+96,5 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>Essence<\/td><td>85,10<\/td><td>125,02<\/td><td>+46,9 %<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Ces indices ne constituent pas un \u00ab panier du retrait\u00e9 \u00bb. Ils montrent seulement que certains postes ont \u00e9volu\u00e9 beaucoup plus vite que l&rsquo;indice moyen. Deux retrait\u00e9s ayant la m\u00eame pension peuvent donc ressentir tr\u00e8s diff\u00e9remment l&rsquo;inflation selon leur logement, leur mode de chauffage, leur mobilit\u00e9 et leur consommation.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.5 Pensions nominales et pouvoir d&rsquo;achat<\/h3>\n\n\n\n<p>Il faut distinguer l&rsquo;augmentation en euros de la pension et son \u00e9volution en euros constants. La DREES rel\u00e8ve par exemple qu&rsquo;entre 2017 et 2023 la pension brute moyenne augmente en euros courants, mais recule en termes r\u00e9els lorsque l&rsquo;on corrige de l&rsquo;inflation. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne s&rsquo;explique notamment par les p\u00e9riodes de sous-indexation ou de d\u00e9calage entre l&rsquo;inflation observ\u00e9e et les revalorisations.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, lorsque l&rsquo;inflation ralentit apr\u00e8s une forte revalorisation calcul\u00e9e sur l&rsquo;inflation pass\u00e9e, le pouvoir d&rsquo;achat des pensions peut temporairement progresser. C&rsquo;est l&rsquo;une des raisons pour lesquelles il faut \u00e9tudier les retraites sur plusieurs ann\u00e9es et non ann\u00e9e par ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.6 Mise en perspective 2024-2026<\/h3>\n\n\n\n<p>Les publications r\u00e9centes compl\u00e8tent ce constat de long terme. La DREES chiffre \u00e0 370 milliards d&rsquo;euros les pensions vers\u00e9es en 2023, soit 13,1 % du PIB. Le COR 2026 revoit fortement certaines hypoth\u00e8ses d\u00e9mographiques, tandis que l&rsquo;INSEE constate une am\u00e9lioration du niveau de vie m\u00e9dian des retrait\u00e9s en 2024. Ces \u00e9l\u00e9ments ne sont pas contradictoires : la situation financi\u00e8re du syst\u00e8me, le montant individuel des pensions et le niveau de vie des m\u00e9nages retrait\u00e9s sont trois notions diff\u00e9rentes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.7 Conclusion g\u00e9n\u00e9rale<\/h3>\n\n\n\n<p>Sur vingt ans, la France a consacr\u00e9 une part plus importante de sa richesse nationale aux retraites qu&rsquo;au milieu des ann\u00e9es 2000, mais cette part n&rsquo;a pas augment\u00e9 continuellement : l&rsquo;essentiel de la hausse s&rsquo;est produit avant le milieu des ann\u00e9es 2010. Parall\u00e8lement, le co\u00fbt g\u00e9n\u00e9ral de la vie a augment\u00e9 d&rsquo;environ 36 % entre 2005 et 2025, avec des hausses nettement sup\u00e9rieures pour l&rsquo;alimentation et surtout l&rsquo;\u00e9nergie.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>La question centrale n&rsquo;est donc pas seulement : \u00ab combien les pensions ont-elles augment\u00e9 ? \u00bb, mais : \u00ab leur revalorisation a-t-elle compens\u00e9 le panier de d\u00e9penses r\u00e9ellement support\u00e9 par les retrait\u00e9s ? \u00bb. Pour r\u00e9pondre individuellement, il faudrait construire un indice sp\u00e9cifique tenant compte de la structure de consommation d&rsquo;un m\u00e9nage retrait\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Sources principales<\/h4>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>INSEE \u2013 Indice annuel des prix \u00e0 la consommation, ensemble des m\u00e9nages, France m\u00e9tropolitaine, ensemble hors tabac, s\u00e9rie 001765618, donn\u00e9es 2005-2025.<\/li>\n<li>INSEE \u2013 Indices annuels de prix : alimentation et boissons non alcoolis\u00e9es (001764364), \u00e9nergie (001765607), essence (001764840).<\/li>\n<li>DREES \u2013 Les retrait\u00e9s et les retraites, \u00e9ditions 2022, 2024 et 2025.<\/li>\n<li>COR \u2013 Rapports annuels 2024, 2025 et 2026.<\/li>\n<li>Cour des comptes \u2013 Situation financi\u00e8re et perspectives du syst\u00e8me de retraites, f\u00e9vrier 2025.<\/li>\n<li>Agirc-Arrco \u2013 Donn\u00e9es chiffr\u00e9es sur les retrait\u00e9s, donn\u00e9es 2024 publi\u00e9es en 2026.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Note m\u00e9thodologique \u2013 Les s\u00e9ries de prix sont des indices statistiques. Elles ne repr\u00e9sentent pas directement le budget d&rsquo;un m\u00e9nage particulier. Les ratios retraites\/PIB doivent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s en tenant compte des variations du PIB.<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">4. Pensions de retraite et inflation : le bilan sur vingt ans<\/h2>\n\n\n\n<p><em>France \u2013 r\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral \u2013 comparaison 2004-2025.<\/em><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Le r\u00e9sultat officiel le plus solide est fourni par l&rsquo;Assurance retraite : entre fin 2004 et fin 2024, les pensions du r\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral ont \u00e9t\u00e9 revaloris\u00e9es de 35 %, tandis que l&rsquo;inflation cumul\u00e9e sur la m\u00eame p\u00e9riode a atteint 41 % (indice y compris tabac).<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4.1 Ce que cela signifie pour le pouvoir d&rsquo;achat<\/h3>\n\n\n\n<p>Si une pension valait 1 000 \u20ac fin 2004, une hausse cumul\u00e9e de 35 % la porte th\u00e9oriquement \u00e0 1 350 \u20ac fin 2024. Pour conserver exactement le m\u00eame pouvoir d&rsquo;achat face \u00e0 une hausse des prix de 41 %, elle aurait d\u00fb atteindre 1 410 \u20ac. L&rsquo;\u00e9cart est donc de 60 \u20ac par mois pour chaque tranche de 1 000 \u20ac de pension initiale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En termes relatifs, 1 350 \/ 1 410 = 95,7 %. La perte de pouvoir d&rsquo;achat cumul\u00e9e est donc d&rsquo;environ 4,3 % sur vingt ans, avant prise en compte de la fiscalit\u00e9 et des pr\u00e9l\u00e8vements sociaux.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4.2 Pourquoi l&rsquo;\u00e9cart s&rsquo;est cr\u00e9\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p>L&rsquo;Assurance retraite indique qu&rsquo;\u00e0 partir de 2014 plusieurs mesures de ma\u00eetrise ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9es : gels, d\u00e9calages de dates de revalorisation et revalorisations inf\u00e9rieures \u00e0 l&rsquo;inflation. Sur 2014-2024, la revalorisation moyenne annuelle des pensions a \u00e9t\u00e9 de 1,2 %, contre 1,6 % pour l&rsquo;inflation hors tabac.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>P\u00e9riode \/ ann\u00e9e<\/th><th>Revalorisation des pensions<\/th><th>Inflation \/ observation<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>2014-2024 (moyenne\/an)<\/td><td>1,2 %<\/td><td>1,6 % hors tabac<\/td><\/tr>\n<tr><td>2021<\/td><td>0,4 %<\/td><td>2,8 % en glissement annuel<\/td><\/tr>\n<tr><td>2022<\/td><td>5,1 % au total*<\/td><td>5,9 % en glissement annuel<\/td><\/tr>\n<tr><td>2024<\/td><td>5,3 % au 1er janvier<\/td><td>Inflation en net ralentissement<\/td><\/tr>\n<tr><td>2025<\/td><td>2,2 % au 1er janvier<\/td><td>IPC annuel hors tabac : +0,9 % env.<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">* 1,1 % au 1er janvier 2022 puis revalorisation exceptionnelle de 4 % au 1er juillet 2022.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4.3 Le d\u00e9calage d&rsquo;indexation<\/h3>\n\n\n\n<p>Le m\u00e9canisme l\u00e9gal d&rsquo;indexation s&rsquo;appuie sur l&rsquo;\u00e9volution des prix observ\u00e9e sur une p\u00e9riode ant\u00e9rieure. Lorsque l&rsquo;inflation acc\u00e9l\u00e8re brutalement, les pensions peuvent donc prendre du retard. Lorsque l&rsquo;inflation ralentit, le ph\u00e9nom\u00e8ne inverse peut se produire. Les \u00e9carts durables proviennent surtout des d\u00e9cisions de gel, de sous-indexation ou de d\u00e9calage.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4.4 Rep\u00e8re 2005-2025 sur les prix<\/h3>\n\n\n\n<p>La s\u00e9rie annuelle INSEE de l&rsquo;IPC hors tabac passe de 88,30 en 2005 \u00e0 119,90 en 2025, soit +35,8 %. Cette mesure n&rsquo;est pas strictement identique au calcul \u00ab fin 2004-fin 2024 \u00bb de l&rsquo;Assurance retraite, qui utilise notamment une comparaison en glissement et publie aussi l&rsquo;inflation y compris tabac. Il ne faut donc pas m\u00e9langer directement les deux s\u00e9ries.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4.5 Conclusion<\/h3>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Sur vingt ans, les pensions de base n&rsquo;ont donc pas totalement suivi les prix : selon le bilan officiel de l&rsquo;Assurance retraite, la revalorisation cumul\u00e9e de 35 % entre fin 2004 et fin 2024 est inf\u00e9rieure \u00e0 l&rsquo;inflation cumul\u00e9e de 41 %. Pour une pension inchang\u00e9e dans sa structure, cela correspond \u00e0 une \u00e9rosion r\u00e9elle d&rsquo;environ 4,3 %.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Sources : Assurance retraite, Recueil statistique 2025 \u2013 donn\u00e9es 2024 ; circulaires CNAV de revalorisation ; INSEE, IPC annuel hors tabac, s\u00e9rie 001765618.<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">5. Pouvoir d&rsquo;achat d&rsquo;un cadre retrait\u00e9 depuis 2005<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Simulation p\u00e9dagogique \u2013 pension initiale de 3 000 \u20ac par mois en 2005.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Hypoth\u00e8se :<\/strong> 40 % de retraite de base (1 200 \u20ac) et 60 % de retraite compl\u00e9mentaire (1 800 \u20ac). Pour la partie compl\u00e9mentaire ant\u00e9rieure \u00e0 2019, on retient \u00e0 titre illustratif une r\u00e9partition 50\/50 entre droits Arrco et droits Agirc. Cette hypoth\u00e8se est n\u00e9cessaire car la situation r\u00e9elle d\u00e9pend du nombre de points d\u00e9tenus dans chacun des deux anciens r\u00e9gimes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">5.1 Inflation 2005-2025<\/h3>\n\n\n\n<p>L&rsquo;IPC annuel hors tabac de l&rsquo;INSEE passe de 88,30 en 2005 \u00e0 119,90 en 2025. Le niveau g\u00e9n\u00e9ral des prix augmente donc de 35,8 %. Une pension de 3 000 \u20ac en 2005 devrait atteindre environ 4 074 \u20ac en 2025 pour conserver exactement le m\u00eame pouvoir d&rsquo;achat.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">5.2 Retraite compl\u00e9mentaire du cadre<\/h3>\n\n\n\n<p>Entre 2005 et 2018, les valeurs de service des points Arrco et Agirc ont progress\u00e9 beaucoup moins vite que les prix sur l&rsquo;ensemble de la p\u00e9riode, avec plusieurs ann\u00e9es de gel. \u00c0 partir de 2019, les droits ont \u00e9t\u00e9 convertis dans le r\u00e9gime unifi\u00e9 Agirc-Arrco. La valeur de service du point unifi\u00e9 est de 1,4386 \u20ac depuis novembre 2024 et n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 revaloris\u00e9e en novembre 2025.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>\u00c9l\u00e9ment<\/th><th>2005<\/th><th>2025<\/th><th>\u00c9volution estim\u00e9e<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>Prix (IPC hors tabac)<\/td><td>88,30<\/td><td>119,90<\/td><td>+35,8 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>Point Arrco \/ \u00e9quivalent AA<\/td><td>1,1104 \u20ac<\/td><td>1,4386 \u20ac<\/td><td>+29,6 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>Ancien point Agirc \/ \u00e9quivalent AA<\/td><td>0,3940 \u20ac<\/td><td>\u2014<\/td><td>+27,0 % env.<\/td><\/tr>\n<tr><td>Compl\u00e9mentaire simul\u00e9e (50\/50)<\/td><td>1 800 \u20ac<\/td><td>\u2248 2 309 \u20ac<\/td><td>+28,3 %<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">5.3 Ordre de grandeur pour la pension totale<\/h3>\n\n\n\n<p>Pour la retraite de base, les comparaisons d\u00e9pendent du choix des dates (moyenne annuelle ou valeur au 31 d\u00e9cembre). Le bilan officiel de l&rsquo;Assurance retraite indique une revalorisation cumul\u00e9e de 35 % entre fin 2004 et fin 2024, contre 41 % d&rsquo;inflation sur cette convention de mesure. La retraite de base a ensuite \u00e9t\u00e9 revaloris\u00e9e de 2,2 % au 1er janvier 2025.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Dans notre simulation, la faiblesse relative de la compl\u00e9mentaire est d\u00e9terminante : une hausse d&rsquo;environ 28 % de la partie compl\u00e9mentaire est inf\u00e9rieure \u00e0 la hausse de 35,8 % des prix entre les moyennes annuelles 2005 et 2025. Un cadre dont 60 % de la pension provient de la compl\u00e9mentaire est donc plus expos\u00e9 \u00e0 une \u00e9rosion du pouvoir d&rsquo;achat qu&rsquo;un retrait\u00e9 dont la pension repose davantage sur le r\u00e9gime de base.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">5.4 Exemple en euros constants<\/h3>\n\n\n\n<p>Le seuil de maintien du pouvoir d&rsquo;achat est de 4 074 \u20ac pour une pension initiale de 3 000 \u20ac. La seule partie compl\u00e9mentaire de 1 800 \u20ac devrait atteindre environ 2 444 \u20ac pour suivre l&rsquo;IPC ; notre simulation fond\u00e9e sur les valeurs de points aboutit \u00e0 environ 2 309 \u20ac, soit un manque de l&rsquo;ordre de 135 \u20ac par mois sur cette composante. Le r\u00e9sultat total d\u00e9pend ensuite de l&rsquo;\u00e9volution exacte de la retraite de base du cas consid\u00e9r\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">5.5 Pourquoi il ne faut pas donner un chiffre unique pour tous les cadres<\/h3>\n\n\n\n<p>Avant 2019, un cadre d\u00e9tenait simultan\u00e9ment des points Arrco et Agirc. La proportion entre les deux variait selon sa carri\u00e8re et son niveau de salaire. Deux cadres percevant la m\u00eame retraite compl\u00e9mentaire en 2005 peuvent donc pr\u00e9senter une \u00e9volution l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rente jusqu&rsquo;\u00e0 la fusion. Pour un calcul individuel exact, il faut conna\u00eetre le montant ou le nombre de points Arrco et Agirc d\u00e9tenus en 2005.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Sources : INSEE, IPC annuel hors tabac s\u00e9rie 001765618 ; Agirc-Arrco, compilation historique des valeurs de service des points Arrco, Agirc et Agirc-Arrco ; Assurance retraite, statistiques de revalorisation des pensions.<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">6. Les retrait\u00e9s en France \u2013 2005 \u00e0 2024 : d\u00e9mographie, poids \u00e9conomique et \u00e9tude de la fiscalit\u00e9 des pensions<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9 ex\u00e9cutif<\/h3>\n\n\n\n<p>Entre 2005 et 2024, le nombre de retrait\u00e9s de droit direct est pass\u00e9 d&rsquo;environ 13,3 millions \u00e0 17,3 millions, soit une hausse proche de 30 %. Parall\u00e8lement, les pensions constituent une composante majeure du revenu des m\u00e9nages et des d\u00e9penses sociales.<\/p>\n\n\n\n<p>La fiscalit\u00e9 des retrait\u00e9s repose sur deux \u00e9tages distincts : les pr\u00e9l\u00e8vements sociaux sur les pensions (CSG, CRDS, CASA et, dans certains cas, cotisation maladie sur certaines retraites compl\u00e9mentaires) et l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu. Les pensions imposables b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;un abattement forfaitaire de 10 %, plafonn\u00e9 au niveau du foyer fiscal.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Le r\u00e9sultat le plus robuste pour mesurer le pr\u00e9l\u00e8vement social moyen est fourni par la DREES : en 2023, la pension moyenne de droit direct des retrait\u00e9s r\u00e9sidant en France \u00e9tait de 1 666 \u20ac brut et de 1 541 \u20ac net de pr\u00e9l\u00e8vements sociaux. L&rsquo;\u00e9cart est donc de 125 \u20ac par mois, soit environ 7,5 \u20ac de pr\u00e9l\u00e8vements sociaux pour 100 \u20ac de pension brute. Ce chiffre n&rsquo;inclut pas l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">6.1 Rep\u00e8res d\u00e9mographiques et \u00e9conomiques<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Ann\u00e9e<\/th><th>Retrait\u00e9s de droit direct<\/th><th>Rep\u00e8re pensions \/ PIB<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>2005<\/td><td>13,263 M<\/td><td>11,5 % (s\u00e9rie DREES r\u00e9vis\u00e9e)<\/td><\/tr>\n<tr><td>2010<\/td><td>15,082 M<\/td><td>12,9 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2015<\/td><td>15,980 M<\/td><td>13,7 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2020<\/td><td>16,674 M<\/td><td>ann\u00e9e atypique : ratio fortement affect\u00e9 par la chute du PIB<\/td><\/tr>\n<tr><td>2022<\/td><td>16,975 M<\/td><td>353 Md\u20ac ; 13,4 % du PIB<\/td><\/tr>\n<tr><td>2023<\/td><td>17,2 M env.<\/td><td>\u2248 370 Md\u20ac ; 13,1 % du PIB<\/td><\/tr>\n<tr><td>2024<\/td><td>17,3 M<\/td><td>pension brute moyenne : 1 705 \u20ac\/mois<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Les p\u00e9rim\u00e8tres statistiques diff\u00e8rent selon les publications : DREES (pensions vers\u00e9es), COR (d\u00e9penses du syst\u00e8me de retraite) et DGFiP (pensions et rentes d\u00e9clar\u00e9es). Ils ne doivent pas \u00eatre additionn\u00e9s ni assimil\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">6.2 Fiscalit\u00e9 des pensions : architecture<\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Imp\u00f4t sur le revenu.<\/strong> Les pensions de retraite imposables entrent dans le bar\u00e8me progressif de l&rsquo;IR. L&rsquo;administration applique automatiquement un abattement de 10 %, avec minimum et plafond actualis\u00e9s chaque ann\u00e9e. Le montant de l&rsquo;imp\u00f4t d\u00e9pend donc du foyer fiscal dans son ensemble : pension du conjoint, revenus fonciers, capitaux mobiliers, nombre de parts, r\u00e9ductions et cr\u00e9dits d&rsquo;imp\u00f4t, etc.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pr\u00e9l\u00e8vements sociaux.<\/strong> Le taux de CSG applicable d\u00e9pend du revenu fiscal de r\u00e9f\u00e9rence du foyer. Il existe une exon\u00e9ration, un taux r\u00e9duit de 3,8 %, un taux m\u00e9dian de 6,6 % et un taux plein de 8,3 %. La CRDS est de 0,5 % lorsqu&rsquo;elle est due. La CASA, cr\u00e9\u00e9e en 2013, est de 0,3 % pour les pensions concern\u00e9es. Certaines retraites compl\u00e9mentaires peuvent \u00e9galement supporter une cotisation maladie de 1 %.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00c9volution du taux plein de CSG sur les pensions : il \u00e9tait de 6,6 % \u00e0 partir de 2005. Il a \u00e9t\u00e9 port\u00e9 \u00e0 8,3 % en 2018. \u00c0 partir de 2019, un taux m\u00e9dian de 6,6 % a \u00e9t\u00e9 r\u00e9introduit pour une partie des retrait\u00e9s. Source : Commission des comptes de la S\u00e9curit\u00e9 sociale \/ DSS.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">6.3 \u00c9volution des pr\u00e9l\u00e8vements sociaux depuis 2005<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>P\u00e9riode<\/th><th>CSG sur pensions<\/th><th>CRDS<\/th><th>CASA<\/th><th>Observation<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>2005-2012<\/td><td>0 \/ 3,8 \/ 6,6 %<\/td><td>0 ou 0,5 %<\/td><td>\u2013<\/td><td>Taux selon situation fiscale<\/td><\/tr>\n<tr><td>2013-2017<\/td><td>0 \/ 3,8 \/ 6,6 %<\/td><td>0 ou 0,5 %<\/td><td>0 ou 0,3 %<\/td><td>Introduction de la CASA<\/td><\/tr>\n<tr><td>2018<\/td><td>0 \/ 3,8 \/ 8,3 %<\/td><td>0 ou 0,5 %<\/td><td>0 ou 0,3 %<\/td><td>Hausse de 1,7 point du taux plein<\/td><\/tr>\n<tr><td>2019-2024<\/td><td>0 \/ 3,8 \/ 6,6 \/ 8,3 %<\/td><td>0 ou 0,5 %<\/td><td>0 ou 0,3 %<\/td><td>Cr\u00e9ation\/r\u00e9tablissement du taux m\u00e9dian<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>La Commission des comptes de la S\u00e9curit\u00e9 sociale estime le taux moyen de CSG sur l&rsquo;ensemble des pensions, y compris celles exon\u00e9r\u00e9es, \u00e0 5,7 % en 2017, 6,8 % en 2018, 6,3 % en 2019 et 6,2 % en 2020-2021. Le rendement de la CSG sur les retraites \u00e9tait de 17,2 Md\u20ac en 2017 et se situait autour de 21 Md\u20ac au d\u00e9but des ann\u00e9es 2020.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">6.4 Le cas 2023 : combien reste-t-il sur 100 \u20ac de pension ?<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Indicateur DREES 2023<\/th><th>Montant<\/th><th>Pour 100 \u20ac brut<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>Pension moyenne brute<\/td><td>1 666 \u20ac\/mois<\/td><td>100,0 \u20ac<\/td><\/tr>\n<tr><td>Pension moyenne nette de pr\u00e9l\u00e8vements sociaux<\/td><td>1 541 \u20ac\/mois<\/td><td>92,5 \u20ac<\/td><\/tr>\n<tr><td>\u00c9cart brut-net social (calcul)<\/td><td>125 \u20ac\/mois<\/td><td>7,5 \u20ac<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Calcul : (1 666 \u2013 1 541) \/ 1 666 = 7,50 %. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une moyenne statistique implicite \u00e0 partir des montants DREES et non du taux applicable \u00e0 chaque retrait\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette moyenne est coh\u00e9rente avec l&rsquo;existence de quatre situations de CSG : certains retrait\u00e9s sont exon\u00e9r\u00e9s, d&rsquo;autres supportent 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %, auxquels peuvent s&rsquo;ajouter CRDS, CASA et \u00e9ventuellement cotisation maladie. Le pr\u00e9l\u00e8vement r\u00e9el d&rsquo;un individu peut donc \u00eatre tr\u00e8s diff\u00e9rent de 7,5 %.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">6.5 Imp\u00f4t sur le revenu : pourquoi il ne faut pas appliquer un taux moyen arbitraire<\/h3>\n\n\n\n<p>La DGFiP publie la masse des pensions et rentes d\u00e9clar\u00e9es et l&rsquo;imp\u00f4t total, mais ces deux agr\u00e9gats ne permettent pas de calculer directement l&rsquo;IR pay\u00e9 par les seuls retrait\u00e9s. En 2024, les pensions et rentes repr\u00e9sentent environ 26 % des revenus nets d\u00e9clar\u00e9s. Cela ne signifie pas que les retrait\u00e9s acquittent 26 % de l&rsquo;IR : l&rsquo;imp\u00f4t est progressif et d\u00e9pend de tous les revenus du foyer.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>L&rsquo;ERFS de l&rsquo;Insee permet en principe de croiser pensions, caract\u00e9ristiques du m\u00e9nage et imp\u00f4ts acquitt\u00e9s. Une s\u00e9rie annuelle homog\u00e8ne 2005-2024 de l&rsquo;IR effectivement pay\u00e9 par les m\u00e9nages retrait\u00e9s n\u00e9cessite toutefois une exploitation d\u00e9di\u00e9e des microdonn\u00e9es ou de tableaux sp\u00e9cifiques. Le pr\u00e9sent rapport ne fabrique donc pas une fausse s\u00e9rie.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">6.6 Illustration : pr\u00e9l\u00e8vements sociaux selon le niveau de CSG<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Situation<\/th><th>CSG<\/th><th>CRDS<\/th><th>CASA<\/th><th>Total social indicatif*<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>Exon\u00e9ration<\/td><td>0 %<\/td><td>0 %<\/td><td>0 %<\/td><td>0 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>Taux r\u00e9duit<\/td><td>3,8 %<\/td><td>0,5 %<\/td><td>0 %<\/td><td>4,3 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>Taux m\u00e9dian<\/td><td>6,6 %<\/td><td>0,5 %<\/td><td>0,3 %<\/td><td>7,4 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>Taux plein<\/td><td>8,3 %<\/td><td>0,5 %<\/td><td>0,3 %<\/td><td>9,1 %<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">* Hors \u00e9ventuelle cotisation maladie de 1 % sur certaines retraites compl\u00e9mentaires\/suppl\u00e9mentaires. Les seuils de RFR et r\u00e8gles d&rsquo;assujettissement \u00e9voluent chaque ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">6.7 Lecture sur vingt ans<\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>2005-2012 :<\/strong> le taux plein de CSG sur pension est de 6,6 %. Avec la CRDS, le pr\u00e9l\u00e8vement social maximal courant atteint 7,1 % sur la pension concern\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>2013-2017 :<\/strong> la CASA de 0,3 % s&rsquo;ajoute pour les retrait\u00e9s concern\u00e9s, portant le pr\u00e9l\u00e8vement CSG + CRDS + CASA \u00e0 7,4 % au taux plein.<\/li>\n<li><strong>2018 :<\/strong> le taux plein de CSG passe de 6,6 % \u00e0 8,3 %. Pour un retrait\u00e9 au taux plein, CSG + CRDS + CASA repr\u00e9sentent alors 9,1 % avant \u00e9ventuelle cotisation maladie sur compl\u00e9mentaire. La Commission des comptes chiffre \u00e0 environ 4,2 Md\u20ac le rendement suppl\u00e9mentaire li\u00e9 \u00e0 cette hausse en 2018.<\/li>\n<li><strong>Depuis 2019 :<\/strong> le taux m\u00e9dian de 6,6 % r\u00e9duit la charge pour une partie des retrait\u00e9s. Le taux moyen de CSG sur toutes les pensions redescend ainsi de 6,8 % en 2018 \u00e0 6,3 % en 2019 puis 6,2 % en 2020-2021.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">6.8 Conclusion g\u00e9n\u00e9rale<\/h3>\n\n\n\n<p>Sur vingt ans, la population retrait\u00e9e a progress\u00e9 d&rsquo;environ 30 % et le poids des pensions s&rsquo;est accru. Dans le m\u00eame temps, la fiscalit\u00e9 sociale des pensions s&rsquo;est renforc\u00e9e pour les retrait\u00e9s aux revenus les plus \u00e9lev\u00e9s, particuli\u00e8rement avec la hausse de CSG de 2018.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Pour mesurer le \u00ab retour aux administrations \u00bb sur 100 \u20ac de pension, le chiffre actuellement le plus solide est donc : environ 7,5 \u20ac de pr\u00e9l\u00e8vements sociaux pour 100 \u20ac de pension brute en moyenne en 2023, d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9cart DREES entre pension brute et nette. \u00c0 cela s&rsquo;ajoute l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu pour les foyers imposables. En revanche, faute de ventilation officielle annuelle compl\u00e8te de l&rsquo;IR par statut de retrait\u00e9, il serait m\u00e9thodologiquement incorrect de transformer ce dernier en un taux moyen national 2005-2024 sans exploitation fiscale sp\u00e9cifique.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>En cons\u00e9quence, le \u00ab co\u00fbt net \u00bb des retraites pour les finances publiques ne peut pas \u00eatre obtenu en retranchant m\u00e9caniquement un pourcentage unique de fiscalit\u00e9 de la masse des pensions. Une analyse compl\u00e8te doit distinguer pensions brutes, CSG\/CRDS\/CASA, IR des m\u00e9nages retrait\u00e9s, autres revenus des retrait\u00e9s et p\u00e9rim\u00e8tre des d\u00e9penses de retraite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Sources principales : DREES, Les retrait\u00e9s et les retraites \u2013 \u00e9dition 2025 ; DREES, donn\u00e9es EACR\/ANCETRE 2004-2024 ; Direction de la S\u00e9curit\u00e9 sociale \/ Commission des comptes de la S\u00e9curit\u00e9 sociale, \u00ab La CSG sur les pensions de retraite \u00bb ; DGFiP, statistiques de l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu et pensions\/rentes ; impots.gouv.fr, r\u00e9gime fiscal des pensions ; Insee, Enqu\u00eate Revenus fiscaux et sociaux (ERFS). Note m\u00e9thodologique : les montants calcul\u00e9s dans ce document sont signal\u00e9s comme tels. Les taux individuels d\u00e9pendent de la situation fiscale du foyer et ne doivent pas \u00eatre confondus avec les moyennes nationales.<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">7. Glossaire des principaux termes utilis\u00e9s<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce glossaire compl\u00e8te le dossier sur les retraites en France et facilite la lecture des notions \u00e9conomiques, sociales, statistiques et fiscales.<\/p>\n\n\n<p><strong>PIB \u2013 Produit int\u00e9rieur brut.<\/strong> Valeur totale des biens et services produits sur le territoire d&rsquo;un pays pendant une p\u00e9riode donn\u00e9e, g\u00e9n\u00e9ralement une ann\u00e9e. Le ratio \u00ab d\u00e9penses de retraite \/ PIB \u00bb mesure le poids des retraites par rapport \u00e0 la richesse produite.<\/p>\n\n<p><strong>Croissance \u00e9conomique.<\/strong> Augmentation du PIB en volume, c&rsquo;est-\u00e0-dire corrig\u00e9e de l&rsquo;\u00e9volution des prix. Une croissance positive signifie que l&rsquo;\u00e9conomie produit davantage qu&rsquo;au cours de la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n\n<p><strong>Inflation.<\/strong> Hausse g\u00e9n\u00e9rale et durable du niveau des prix. Elle r\u00e9duit le pouvoir d&rsquo;achat d&rsquo;une somme d&rsquo;argent lorsque les revenus n&rsquo;augmentent pas au m\u00eame rythme.<\/p>\n\n<p><strong>IPC \u2013 Indice des prix \u00e0 la consommation.<\/strong> Indicateur calcul\u00e9 par l&rsquo;INSEE pour mesurer l&rsquo;\u00e9volution moyenne des prix des biens et services consomm\u00e9s par les m\u00e9nages. Il constitue la principale mesure de l&rsquo;inflation en France.<\/p>\n\n<p><strong>Pouvoir d&rsquo;achat.<\/strong> Quantit\u00e9 de biens et de services qu&rsquo;un revenu permet d&rsquo;acheter. Il augmente lorsque les revenus progressent plus vite que les prix et diminue dans le cas inverse.<\/p>\n\n<p><strong>Euros courants.<\/strong> Montants exprim\u00e9s aux prix de l&rsquo;ann\u00e9e consid\u00e9r\u00e9e, sans correction de l&rsquo;inflation.<\/p>\n\n<p><strong>Euros constants.<\/strong> Montants corrig\u00e9s de l&rsquo;inflation afin de comparer le pouvoir d&rsquo;achat r\u00e9el entre plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n\n<p><strong>Revalorisation des pensions.<\/strong> Augmentation appliqu\u00e9e au montant des pensions. Elle vise notamment \u00e0 tenir compte de l&rsquo;\u00e9volution des prix, selon les r\u00e8gles propres \u00e0 chaque r\u00e9gime.<\/p>\n\n<p><strong>Indexation.<\/strong> M\u00e9canisme par lequel l&rsquo;\u00e9volution d&rsquo;une prestation ou d&rsquo;un montant est li\u00e9e \u00e0 celle d&rsquo;un indice de r\u00e9f\u00e9rence, par exemple l&rsquo;indice des prix.<\/p>\n\n<p><strong>Sous-indexation.<\/strong> Revalorisation inf\u00e9rieure \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;indice de r\u00e9f\u00e9rence. Si une pension augmente moins vite que les prix, son pouvoir d&rsquo;achat r\u00e9el diminue.<\/p>\n\n<p><strong>Pension de droit direct.<\/strong> Pension acquise par une personne au titre de sa propre carri\u00e8re et de ses propres cotisations.<\/p>\n\n<p><strong>Pension de r\u00e9version.<\/strong> Part d&rsquo;une pension de retraite vers\u00e9e, sous certaines conditions, au conjoint ou ex-conjoint survivant d&rsquo;un assur\u00e9 d\u00e9c\u00e9d\u00e9.<\/p>\n\n<p><strong>R\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral.<\/strong> Principal r\u00e9gime de retraite de base des salari\u00e9s du secteur priv\u00e9, g\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;Assurance retraite.<\/p>\n\n<p><strong>Retraite compl\u00e9mentaire.<\/strong> Pension venant s&rsquo;ajouter \u00e0 la retraite de base. Pour les salari\u00e9s du secteur priv\u00e9, le principal r\u00e9gime compl\u00e9mentaire obligatoire est l&rsquo;Agirc-Arrco.<\/p>\n\n<p><strong>Masse des pensions.<\/strong> Montant total des pensions vers\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ensemble des retrait\u00e9s pendant une p\u00e9riode donn\u00e9e.<\/p>\n\n<p><strong>D\u00e9penses de retraite.<\/strong> Ensemble des d\u00e9penses consacr\u00e9es aux pensions et, selon le p\u00e9rim\u00e8tre statistique retenu, \u00e0 certaines autres prestations ou charges du syst\u00e8me de retraite.<\/p>\n\n<p><strong>Pr\u00e9l\u00e8vements sociaux.<\/strong> Contributions pr\u00e9lev\u00e9es sur certaines pensions, notamment la CSG, la CRDS et la CASA, selon le revenu fiscal et la situation du retrait\u00e9.<\/p>\n\n<p><strong>CSG \u2013 Contribution sociale g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<\/strong> Pr\u00e9l\u00e8vement destin\u00e9 au financement de la protection sociale. Plusieurs taux peuvent s&rsquo;appliquer aux pensions selon la situation fiscale du foyer.<\/p>\n\n<p><strong>CRDS \u2013 Contribution au remboursement de la dette sociale.<\/strong> Pr\u00e9l\u00e8vement affect\u00e9 au remboursement de la dette sociale, applicable notamment \u00e0 certaines pensions.<\/p>\n\n<p><strong>CASA \u2013 Contribution additionnelle de solidarit\u00e9 pour l&rsquo;autonomie.<\/strong> Contribution pr\u00e9lev\u00e9e sur certaines pensions afin de participer au financement de l&rsquo;autonomie des personnes \u00e2g\u00e9es et handicap\u00e9es.<\/p>\n\n<p><strong>Imp\u00f4t sur le revenu \u2013 IR.<\/strong> Imp\u00f4t progressif calcul\u00e9 sur les revenus imposables du foyer fiscal, apr\u00e8s application des r\u00e8gles, abattements et d\u00e9ductions pr\u00e9vus par la loi.<\/p>\n\n<p><strong>Revenu d\u00e9clar\u00e9.<\/strong> Revenu port\u00e9 dans la d\u00e9claration fiscale avant l&rsquo;application de certaines corrections permettant d&rsquo;obtenir le revenu imposable.<\/p>\n\n<p><strong>Abattement fiscal.<\/strong> R\u00e9duction appliqu\u00e9e \u00e0 une base de revenus avant le calcul de l&rsquo;imp\u00f4t. Les pensions imposables b\u00e9n\u00e9ficient notamment d&rsquo;un abattement forfaitaire de 10 %, soumis \u00e0 des limites.<\/p>\n\n<p><strong>Taux de pauvret\u00e9.<\/strong> Part de la population dont le niveau de vie est inf\u00e9rieur au seuil de pauvret\u00e9 retenu, g\u00e9n\u00e9ralement fix\u00e9 en France \u00e0 60 % du niveau de vie m\u00e9dian.<\/p>\n\n<p><strong>Niveau de vie.<\/strong> Revenu disponible du m\u00e9nage rapport\u00e9 au nombre d&rsquo;unit\u00e9s de consommation, afin de tenir compte de la taille et de la composition du m\u00e9nage.<\/p>\n\n<p><strong>M\u00e9diane.<\/strong> Valeur qui partage une population en deux groupes \u00e9gaux : 50 % se situent en dessous et 50 % au-dessus.<\/p>\n\n<p><strong>DREES.<\/strong> Direction de la recherche, des \u00e9tudes, de l&rsquo;\u00e9valuation et des statistiques. Service statistique public produisant notamment les donn\u00e9es de r\u00e9f\u00e9rence sur les retraites, la sant\u00e9 et la protection sociale.<\/p>\n\n<p><strong>COR \u2013 Conseil d&rsquo;orientation des retraites.<\/strong> Organisme charg\u00e9 d&rsquo;analyser et de suivre les perspectives financi\u00e8res et sociales du syst\u00e8me fran\u00e7ais de retraite \u00e0 moyen et long terme.<\/p>\n\n<p><strong>INSEE.<\/strong> Institut national de la statistique et des \u00e9tudes \u00e9conomiques. Il produit notamment les donn\u00e9es sur le PIB, la croissance, les prix, les revenus et les niveaux de vie.<\/p>\n\n<p><strong>DGFiP.<\/strong> Direction g\u00e9n\u00e9rale des Finances publiques. Elle administre notamment l&rsquo;imp\u00f4t et produit des donn\u00e9es fiscales, dont celles relatives aux pensions et rentes d\u00e9clar\u00e9es.<\/p>\n\n<p><strong>Projection.<\/strong> Estimation de l&rsquo;\u00e9volution future construite \u00e0 partir d&rsquo;hypoth\u00e8ses d\u00e9mographiques, \u00e9conomiques et r\u00e9glementaires. Une projection n&rsquo;est pas une pr\u00e9vision certaine.<\/p>\n\n<p><strong>Point de PIB.<\/strong> Unit\u00e9 correspondant \u00e0 1 % du PIB. Passer de 11,5 % \u00e0 13,1 % du PIB repr\u00e9sente une hausse de 1,6 point de PIB, et non une hausse de 1,6 %.<\/p>\n\n<p><strong>Variation en pourcentage.<\/strong> \u00c9volution relative entre une valeur de d\u00e9part et une valeur d&rsquo;arriv\u00e9e. Elle se distingue d&rsquo;une variation exprim\u00e9e en points de pourcentage.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">8. Fiscalit\u00e9 des retrait\u00e9s : abattement de 10 % sur les pensions, frais professionnels et abattements suppl\u00e9mentaires \u2013 historique politique 2005-2026<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><strong>Point essentiel.<\/strong> La d\u00e9duction forfaitaire de 10 % applicable aux salaires et l&rsquo;abattement de 10 % applicable aux pensions ont le m\u00eame taux, mais pas la m\u00eame justification juridique. La premi\u00e8re compense forfaitairement les frais professionnels. Le second est un avantage fiscal propre aux pensions et retraites.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Cette distinction est explicitement rappel\u00e9e par le Gouvernement d\u00e8s 2005 : la comparaison m\u00e9canique entre les deux dispositifs n&rsquo;est pas pertinente, puisque le retrait\u00e9 n&rsquo;engage plus, par d\u00e9finition, de frais professionnels au titre de sa pension. Cette doctrine est r\u00e9p\u00e9t\u00e9e dans plusieurs r\u00e9ponses minist\u00e9rielles au cours des ann\u00e9es suivantes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">8.1 Chronologie politique et fiscale<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>P\u00e9riode<\/th><th>Acteur \/ source<\/th><th>Position ou d\u00e9bat<\/th><th>Lecture<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>2005<\/td><td>Gouvernement \u2013 r\u00e9ponse \u00e0 Daniel Boisserie (PS)<\/td><td>Refuse d&rsquo;aligner le plafond des retrait\u00e9s sur celui des salari\u00e9s.<\/td><td>Les deux 10 % ont des fonctions diff\u00e9rentes.<\/td><\/tr>\n<tr><td>2007<\/td><td>Francis Falala (UMP) \/ Gouvernement<\/td><td>Question sur la diff\u00e9rence de traitement et la discrimination li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge.<\/td><td>Le Gouvernement maintient la distinction et invoque la protection des retrait\u00e9s modestes et moyens.<\/td><\/tr>\n<tr><td>2008<\/td><td>William Dumas (SRC) \/ Gouvernement<\/td><td>Souligne l&rsquo;\u00e9cart entre le plafond des salari\u00e9s (13 328 \u20ac) et celui des pensions (3 446 \u20ac par foyer).<\/td><td>Le Gouvernement r\u00e9affirme que l&rsquo;abattement retraite n&rsquo;est pas li\u00e9 aux frais professionnels.<\/td><\/tr>\n<tr><td>Ann\u00e9es 2010<\/td><td>D\u00e9bats parlementaires et budg\u00e9taires<\/td><td>Le co\u00fbt de l&rsquo;avantage fiscal et son ciblage deviennent plus pr\u00e9sents dans le d\u00e9bat.<\/td><td>La logique de soutien au revenu des retrait\u00e9s demeure.<\/td><\/tr>\n<tr><td>2024-2025<\/td><td>Rapports parlementaires \/ documents budg\u00e9taires<\/td><td>La finalit\u00e9 officielle est r\u00e9sum\u00e9e par : \u00ab aider les personnes retrait\u00e9es \u00bb.<\/td><td>Le dispositif est de plus en plus analys\u00e9 comme une d\u00e9pense fiscale.<\/td><\/tr>\n<tr><td>2025-2026<\/td><td>Projet de loi de finances 2026<\/td><td>Projet de remplacement du 10 % par un forfait de 2 000 \u20ac par retrait\u00e9 et recentrage de l&rsquo;article 157 bis sur l&rsquo;invalidit\u00e9.<\/td><td>Tournant : recherche d&rsquo;\u00e9conomies et ciblage plus redistributif.<\/td><\/tr>\n<tr><td>2025-2026<\/td><td>S\u00e9nat<\/td><td>Pr\u00e9f\u00e9rence pour le maintien du taux de 10 %, avec plafond ramen\u00e9 \u00e0 3 000 \u20ac.<\/td><td>Solution interm\u00e9diaire entre maintien int\u00e9gral et forfaitisation.<\/td><\/tr>\n<tr><td>2026<\/td><td>Gouvernement \/ texte final<\/td><td>La r\u00e9forme de l&rsquo;abattement sur les pensions est finalement retir\u00e9e.<\/td><td>Le principe du 10 % est conserv\u00e9.<\/td><\/tr>\n<tr><td>Sept. 2026<\/td><td>G\u00e9rard Leseul (Socialistes et apparent\u00e9s)<\/td><td>Relance le d\u00e9bat sur l&rsquo;\u00e9cart des plafonds : 14 555 \u20ac par salari\u00e9 contre 4 439 \u20ac par foyer pour les pensions (revenus 2025).<\/td><td>La question d&rsquo;\u00e9quit\u00e9 actifs\/retrait\u00e9s demeure politiquement ouverte.<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">8.2 Pourquoi les deux \u00ab 10 % \u00bb ne sont pas \u00e9quivalents<\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Salari\u00e9s.<\/strong> La d\u00e9duction de 10 % est une d\u00e9duction pour frais professionnels. Elle est individualis\u00e9e par salari\u00e9 et peut \u00eatre remplac\u00e9e par la d\u00e9duction des frais r\u00e9els justifi\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Retrait\u00e9s.<\/strong> L&rsquo;abattement de 10 % est appliqu\u00e9 aux pensions imposables. Son plafond est appr\u00e9ci\u00e9 au niveau du foyer fiscal. Il ne correspond pas \u00e0 des frais professionnels. Les justifications historiques \u00e9voqu\u00e9es dans les travaux parlementaires comprennent notamment la mod\u00e9ration de la pression fiscale au passage \u00e0 la retraite, les d\u00e9penses de sant\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9es, la protection des faibles pensions et le fait que les pensions sont d\u00e9clar\u00e9es par des tiers.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><strong>Cons\u00e9quence.<\/strong> L&rsquo;argument politique \u00ab les retrait\u00e9s n&rsquo;ont plus de frais professionnels, donc il faut supprimer leurs 10 % \u00bb est incomplet : il assimile deux m\u00e9canismes auxquels l&rsquo;administration fiscale attribue pr\u00e9cis\u00e9ment des fonctions diff\u00e9rentes.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">8.3 L&rsquo;abattement suppl\u00e9mentaire li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge ou \u00e0 l&rsquo;invalidit\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;abattement de 10 % sur les pensions existe l&rsquo;abattement sp\u00e9cial pr\u00e9vu par l&rsquo;article 157 bis du code g\u00e9n\u00e9ral des imp\u00f4ts. Il est accord\u00e9, sous conditions de revenu, aux contribuables \u00e2g\u00e9s de plus de 65 ans et \u00e0 certaines personnes invalides. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un avantage distinct : il ne faut donc pas l&rsquo;additionner conceptuellement avec les 10 % comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un seul dispositif.<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet de loi de finances pour 2026 proposait de supprimer le crit\u00e8re d&rsquo;\u00e2ge et de recentrer cet abattement sur les seules personnes invalides. Cette proposition illustre un changement de philosophie : passer d&rsquo;un avantage li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge \u00e0 une aide davantage cibl\u00e9e sur une situation particuli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">8.4 Le tournant 2025-2026<\/h3>\n\n\n\n<p>Le projet initial pour 2026 pr\u00e9voyait de sortir les pensions de retraite du champ de l&rsquo;abattement proportionnel de 10 % et de cr\u00e9er \u00e0 la place un abattement forfaitaire de 2 000 \u20ac par retrait\u00e9. Un forfait favorise relativement les pensions faibles et r\u00e9duit l&rsquo;avantage des pensions \u00e9lev\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le S\u00e9nat a retenu une autre approche : conserver le principe proportionnel de 10 %, mais r\u00e9duire son plafond \u00e0 3 000 \u20ac. Le Gouvernement a finalement supprim\u00e9 la r\u00e9forme de l&rsquo;abattement sur les pensions du texte sur lequel il a engag\u00e9 sa responsabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">8.5 Simulations simples : qui aurait gagn\u00e9 ou perdu avec un forfait de 2 000 \u20ac ?<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Pension annuelle<\/th><th>Abattement 10 % th\u00e9orique*<\/th><th>Forfait 2 000 \u20ac<\/th><th>Effet brut sur la base imposable<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>15 000 \u20ac<\/td><td>1 500 \u20ac<\/td><td>2 000 \u20ac<\/td><td>base imposable r\u00e9duite de 500 \u20ac<\/td><\/tr>\n<tr><td>20 000 \u20ac<\/td><td>2 000 \u20ac<\/td><td>2 000 \u20ac<\/td><td>neutre<\/td><\/tr>\n<tr><td>25 000 \u20ac<\/td><td>2 500 \u20ac<\/td><td>2 000 \u20ac<\/td><td>base imposable accrue de 500 \u20ac<\/td><\/tr>\n<tr><td>30 000 \u20ac<\/td><td>3 000 \u20ac<\/td><td>2 000 \u20ac<\/td><td>base imposable accrue de 1 000 \u20ac<\/td><\/tr>\n<tr><td>40 000 \u20ac<\/td><td>4 000 \u20ac<\/td><td>2 000 \u20ac<\/td><td>base imposable accrue de 2 000 \u20ac<\/td><\/tr>\n<tr><td>60 000 \u20ac<\/td><td>4 439 \u20ac<\/td><td>2 000 \u20ac<\/td><td>base imposable accrue de 2 439 \u20ac<\/td><\/tr>\n<tr><td>80 000 \u20ac<\/td><td>4 439 \u20ac<\/td><td>2 000 \u20ac<\/td><td>base imposable accrue de 2 439 \u20ac<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">* Simulation p\u00e9dagogique utilisant le plafond de 4 439 \u20ac cit\u00e9 pour les revenus 2025. Elle ne constitue pas un calcul d&rsquo;imp\u00f4t complet : quotient familial, autres revenus, abattement li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge, cr\u00e9dits\/r\u00e9ductions et pr\u00e9l\u00e8vements sociaux ne sont pas pris en compte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lecture des simulations.<\/strong> Pour une personne seule, le point d&rsquo;\u00e9quilibre th\u00e9orique entre un abattement de 10 % et un forfait de 2 000 \u20ac se situe autour de 20 000 \u20ac de pension annuelle. En dessous, le forfait peut \u00eatre plus favorable ; au-dessus, il devient progressivement moins favorable jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le plafond du 10 % soit atteint. Pour les couples, l&rsquo;effet d\u00e9pend du montant de pension de chacun, car le projet de forfait \u00e9tait con\u00e7u par retrait\u00e9 alors que le plafond actuel des 10 % s&rsquo;appr\u00e9cie au niveau du foyer.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">8.6 Analyse des arguments politiques<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Argument<\/th><th>En faveur du maintien<\/th><th>En faveur d&rsquo;une r\u00e9forme<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>Nature du dispositif<\/td><td>Avantage historique distinct des frais professionnels ; soutien fiscal aux retrait\u00e9s.<\/td><td>Un avantage proportionnel procure davantage d&rsquo;\u00e9conomie d&rsquo;imp\u00f4t aux pensions \u00e9lev\u00e9es jusqu&rsquo;au plafond.<\/td><\/tr>\n<tr><td>Pouvoir d&rsquo;achat<\/td><td>Les retrait\u00e9s subissent inflation, sant\u00e9 et pr\u00e9l\u00e8vements sociaux ; supprimer l&rsquo;abattement augmente la base imposable.<\/td><td>Un forfait peut prot\u00e9ger davantage les petites pensions tout en r\u00e9duisant la d\u00e9pense fiscale.<\/td><\/tr>\n<tr><td>\u00c9quit\u00e9 actifs\/retrait\u00e9s<\/td><td>Comparer les plafonds est trompeur car les dispositifs n&rsquo;ont pas le m\u00eame objet.<\/td><td>Le m\u00eame taux de 10 % entretient une confusion et peut para\u00eetre difficile \u00e0 justifier politiquement.<\/td><\/tr>\n<tr><td>Finances publiques<\/td><td>La stabilit\u00e9 fiscale est importante pour des revenus souvent peu ajustables.<\/td><td>La hausse du co\u00fbt budg\u00e9taire conduit \u00e0 rechercher un meilleur ciblage.<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">8.7 Conclusion<\/h3>\n\n\n\n<p>Sur vingt ans, le d\u00e9bat n&rsquo;oppose donc pas simplement \u00ab actifs qui ont des frais \u00bb et \u00ab retrait\u00e9s qui n&rsquo;en ont plus \u00bb. L&rsquo;administration et les gouvernements ont constamment distingu\u00e9 la d\u00e9duction professionnelle des salari\u00e9s de l&rsquo;abattement fiscal des pensions. Le v\u00e9ritable d\u00e9bat est devenu celui de la finalit\u00e9 de cet avantage : soutien g\u00e9n\u00e9ral aux retrait\u00e9s ou aide cibl\u00e9e sur les pensions modestes.<\/p>\n\n\n\n<p>La s\u00e9quence 2025-2026 marque \u00e0 cet \u00e9gard une rupture : pour la premi\u00e8re fois depuis longtemps, une transformation structurelle du m\u00e9canisme a \u00e9t\u00e9 mise au c\u0153ur du projet budg\u00e9taire. Son abandon ne cl\u00f4t pas le sujet. La question parlementaire d\u00e9pos\u00e9e en septembre 2026 montre que l&rsquo;\u00e9cart de traitement entre actifs et retrait\u00e9s reste un th\u00e8me politique actuel.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Sources officielles principales<\/h4>\n\n\n\n<p>Assembl\u00e9e nationale : questions \u00e9crites n\u00b0 66980 (2005), n\u00b0 117566 (2007), n\u00b0 6157 (2008), n\u00b0 17879 (1er septembre 2026) ; rapport parlementaire n\u00b0 1888 relatif aux d\u00e9penses fiscales b\u00e9n\u00e9ficiant aux retrait\u00e9s. S\u00e9nat : travaux sur l&rsquo;article 6 du projet de loi de finances pour 2026, rapports n\u00b0 139 et n\u00b0 312. Code g\u00e9n\u00e9ral des imp\u00f4ts : articles 83, 157 bis et 158.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Note m\u00e9thodologique : les d\u00e9clarations politiques sont distingu\u00e9es des r\u00e8gles effectivement applicables. Les montants historiques cit\u00e9s correspondent \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e de revenus ou d&rsquo;imposition indiqu\u00e9e par la source et ne doivent pas \u00eatre compar\u00e9s sans tenir compte de l&rsquo;indexation.<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Roland Soullie \u2013 Bust, le 21 septembre 2026<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Documentation \u00e0 jour au 15 septembre 2026 \u2013 Bust, le 21 septembre 2026 \u2013 Roland Soullie Liminaire La pr\u00e9paration du budget 2027 a pour cons\u00e9quence, une fois de plus, de mettre les retrait\u00e9s au centre du d\u00e9bat fiscal et social. La loi de financement de la S\u00e9curit\u00e9 sociale met l&rsquo;accent sur le d\u00e9rapage des d\u00e9penses &hellip; <a href=\"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/2026\/10\/04\/les-retraites-en-france\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Les retraites en France&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":114,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-109","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-roland-soullie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/109","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=109"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/109\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":110,"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/109\/revisions\/110"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/114"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=109"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=109"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=109"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}