{"id":111,"date":"2026-10-04T18:30:48","date_gmt":"2026-10-04T16:30:48","guid":{"rendered":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/?p=111"},"modified":"2026-10-04T18:34:49","modified_gmt":"2026-10-04T16:34:49","slug":"la-dette-publique-en-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/2026\/10\/04\/la-dette-publique-en-france\/","title":{"rendered":"La dette publique en France"},"content":{"rendered":"<!-- ============================================================\nTITRE SUGG\u00c9R\u00c9 DE L'ARTICLE (\u00e0 saisir dans le champ \"Titre\" de WordPress) :\nLa dette publique en France \u2013 Quatre ann\u00e9es de d\u00e9clarations politiques confront\u00e9es aux chiffres (2022 \u2013 septembre 2026)\n\nMODE D'EMPLOI :\nDans WordPress > Nouvel article > menu \u22ee (en haut \u00e0 droite) > \"\u00c9diteur de code\",\npuis collez l'int\u00e9gralit\u00e9 du contenu ci-dessous. Revenez ensuite \u00e0 l'\u00e9diteur visuel.\n============================================================ -->\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Fait \u00e0 Bust, le 23 septembre 2026 \u2013 Roland Soullie<\/em><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><strong>Objet :<\/strong> retracer l&rsquo;\u00e9volution des principaux discours politiques sur l&rsquo;endettement public fran\u00e7ais, les confronter aux trajectoires budg\u00e9taires annonc\u00e9es et aux r\u00e9sultats statistiques disponibles, sans appr\u00e9ciation partisane.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Sommaire<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Objet et m\u00e9thode<\/li>\n<li>Les chiffres : une d\u00e9gradation apr\u00e8s 2023<\/li>\n<li>2022-2023 : le discours d&rsquo;un redressement progressif<\/li>\n<li>Gabriel Attal : janvier 2024, un changement de vocabulaire<\/li>\n<li>Michel Barnier : automne 2024, la situation budg\u00e9taire tr\u00e8s grave<\/li>\n<li>Fran\u00e7ois Bayrou : 2025, enrayer l&#8217;emballement<\/li>\n<li>Marine Le Pen et le Rassemblement national<\/li>\n<li>Jean-Luc M\u00e9lenchon : contester la mani\u00e8re de poser le probl\u00e8me<\/li>\n<li>Une \u00e9volution nette du vocabulaire politique<\/li>\n<li>Confrontation entre annonces et r\u00e9sultats<\/li>\n<li>Synth\u00e8se<\/li>\n<li>Glossaire<\/li>\n<li>Sources principales<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1. Objet et m\u00e9thode<\/h2>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9tude porte sur la p\u00e9riode 2022-2026. Elle distingue trois cat\u00e9gories d&rsquo;information : (1) les chiffres effectivement constat\u00e9s par l&rsquo;Insee ; (2) les trajectoires et objectifs inscrits dans les textes budg\u00e9taires ; (3) les d\u00e9clarations politiques, qui expriment un diagnostic ou une orientation. Une d\u00e9claration politique n&rsquo;est donc pas trait\u00e9e comme une donn\u00e9e statistique, et une pr\u00e9vision n&rsquo;est pas pr\u00e9sent\u00e9e comme un r\u00e9sultat.<\/p>\n\n\n\n<p>La dette retenue est principalement la dette publique brute au sens de Maastricht. Elle couvre l&rsquo;\u00c9tat, les organismes divers d&rsquo;administration centrale, les administrations publiques locales et les administrations de s\u00e9curit\u00e9 sociale. Les donn\u00e9es annuelles 2022-2025 sont celles des comptes nationaux disponibles en 2026 ; le chiffre 2026 correspond au premier trimestre et n&rsquo;est donc pas directement comparable \u00e0 une cl\u00f4ture annuelle.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><strong>Point de vigilance m\u00e9thodologique.<\/strong> Le ratio dette\/PIB peut augmenter m\u00eame si le montant de dette progresse mod\u00e9r\u00e9ment, lorsque le PIB \u00e9volue moins vite ; inversement, il peut diminuer alors que la dette en euros continue d&rsquo;augmenter. Par ailleurs, d\u00e9ficit annuel et variation annuelle de dette ne sont pas identiques, en raison notamment des op\u00e9rations financi\u00e8res et des variations de tr\u00e9sorerie.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">2. Les chiffres : une d\u00e9gradation apr\u00e8s 2023<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Ann\u00e9e<\/th><th>Dette (% PIB)<\/th><th>D\u00e9ficit (% PIB)<\/th><th>Dette en Md\u20ac*<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>2022<\/td><td>111,4 %<\/td><td>4,7 %<\/td><td>2 955,6<\/td><\/tr>\n<tr><td>2023<\/td><td>109,5 %<\/td><td>5,4 %<\/td><td>3 103,2<\/td><\/tr>\n<tr><td>2024<\/td><td>112,6 %<\/td><td>5,8 %<\/td><td>3 306,1<\/td><\/tr>\n<tr><td>2025<\/td><td>115,7 %<\/td><td>5,1 %<\/td><td>3 460,5<\/td><\/tr>\n<tr><td>2026 T1<\/td><td>117,5 %<\/td><td>n.d. annuel<\/td><td>3 536,1<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">* Dette de fin de p\u00e9riode. Sources : Insee, comptes nationaux et dette trimestrielle de Maastricht.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lecture :<\/strong> le ratio a recul\u00e9 entre 2022 et 2023, puis a augment\u00e9 en 2024 et 2025. Au premier trimestre 2026, il atteint 117,5 % du PIB.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3. 2022-2023 : le discours d&rsquo;un redressement progressif<\/h2>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la crise sanitaire et le choc \u00e9nerg\u00e9tique, l&rsquo;ex\u00e9cutif pr\u00e9sente encore la dette comme \u00e9lev\u00e9e mais susceptible d&rsquo;\u00eatre replac\u00e9e sur une trajectoire descendante. La loi de programmation des finances publiques du 18 d\u00e9cembre 2023 fixe une trajectoire conduisant le d\u00e9ficit public \u00e0 2,7 % du PIB en 2027 et la dette \u00e0 108,1 % du PIB.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette programmation pr\u00e9voyait notamment une dette de 109,7 % du PIB en 2024, 109,6 % en 2025, 109,1 % en 2026 et 108,1 % en 2027. Elle supposait \u00e9galement une r\u00e9duction progressive du d\u00e9ficit : 4,4 % en 2024, 3,7 % en 2025, 3,2 % en 2026 et 2,7 % en 2027.<\/p>\n\n\n\n<p>La comparaison avec les r\u00e9sultats disponibles montre un \u00e9cart sensible d\u00e8s 2024.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Indicateur<\/th><th>Pr\u00e9vision 2024<\/th><th>R\u00e9alis\u00e9 2024<\/th><th>Pr\u00e9vision 2025<\/th><th>R\u00e9alis\u00e9 2025<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>Dette \/ PIB<\/td><td>109,7 %<\/td><td>112,6 %<\/td><td>109,6 %<\/td><td>115,7 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>D\u00e9ficit \/ PIB<\/td><td>4,4 %<\/td><td>5,8 %<\/td><td>3,7 %<\/td><td>5,1 %<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Source de la trajectoire : loi n\u00b0 2023-1195 du 18 d\u00e9cembre 2023. R\u00e9sultats : Insee, comptes nationaux.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2025, l&rsquo;\u00e9cart entre la trajectoire de dette inscrite en 2023 et le r\u00e9sultat constat\u00e9 atteint environ 6,1 points de PIB. Pour le d\u00e9ficit, l&rsquo;\u00e9cart est de 1,4 point de PIB. Ces \u00e9carts ne permettent pas, \u00e0 eux seuls, d&rsquo;attribuer une cause unique : ils r\u00e9sultent d&rsquo;une combinaison de croissance, recettes, d\u00e9penses, inflation, taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat et d\u00e9cisions budg\u00e9taires.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">4. Gabriel Attal : janvier 2024, un changement de vocabulaire<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 31 janvier 2024, devant le S\u00e9nat, Gabriel Attal associe explicitement l&rsquo;endettement \u00e0 la pr\u00e9servation du mod\u00e8le social et \u00e0 la capacit\u00e9 d&rsquo;action des g\u00e9n\u00e9rations futures. Le ton est plus pr\u00e9occup\u00e9 que celui d&rsquo;une simple normalisation budg\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab La dette publique est une \u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s au-dessus de notre mod\u00e8le social, au-dessus de la capacit\u00e9 \u00e0 agir des jeunes g\u00e9n\u00e9rations. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il maintient alors l&rsquo;objectif d&rsquo;un retour sous 3 % de d\u00e9ficit en 2027, en citant l&rsquo;activit\u00e9, le travail, la ma\u00eetrise des d\u00e9penses, les r\u00e9formes structurelles et une revue de d\u00e9penses, tout en indiquant que cet objectif doit \u00eatre atteint sans augmentation g\u00e9n\u00e9rale des imp\u00f4ts.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">5. Michel Barnier : automne 2024, la \u00ab situation budg\u00e9taire tr\u00e8s grave \u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0 l&rsquo;arriv\u00e9e de Michel Barnier \u00e0 Matignon, le diagnostic devient plus s\u00e9v\u00e8re. Le 28 septembre 2024, il d\u00e9crit les finances de l&rsquo;\u00c9tat et de la S\u00e9curit\u00e9 sociale comme \u00e9tant dans une situation tr\u00e8s difficile et insiste sur le changement de contexte de taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Le 30 septembre, la communication gouvernementale reprend la formule selon laquelle \u00ab la situation budg\u00e9taire est tr\u00e8s grave \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Barnier met \u00e9galement en avant l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une \u00ab double dette \u00bb, financi\u00e8re et \u00e9cologique. Le calendrier de retour du d\u00e9ficit sous 3 % est repouss\u00e9 : l&rsquo;objectif qui figurait pour 2027 dans la programmation de 2023 est d\u00e9sormais envisag\u00e9 \u00e0 l&rsquo;horizon 2029.<\/p>\n\n\n\n<p>La rupture est importante : en moins d&rsquo;un an, le d\u00e9bat gouvernemental passe d&rsquo;une trajectoire programm\u00e9e de r\u00e9duction relativement r\u00e9guli\u00e8re \u00e0 la reconnaissance d&rsquo;un d\u00e9calage majeur entre pr\u00e9visions et ex\u00e9cution.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">6. Fran\u00e7ois Bayrou : 2025, \u00ab enrayer l&#8217;emballement \u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 15 juillet 2025, Fran\u00e7ois Bayrou pr\u00e9sente un plan pluriannuel visant 43,8 milliards d&rsquo;euros d&rsquo;effort budg\u00e9taire et rappelle que la dette d\u00e9passe 3 300 milliards d&rsquo;euros. La communication gouvernementale emploie l&rsquo;expression \u00ab enrayer l&#8217;emballement de la dette publique d&rsquo;ici \u00e0 2029 \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Ann\u00e9e<\/th><th>D\u00e9ficit vis\u00e9 dans le plan pr\u00e9sent\u00e9 en juillet 2025<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>2026<\/td><td>4,6 % du PIB<\/td><\/tr>\n<tr><td>2027<\/td><td>4,1 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2028<\/td><td>3,4 %<\/td><\/tr>\n<tr><td>2029<\/td><td>2,8 %<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Cette nouvelle trajectoire illustre le d\u00e9placement du calendrier : le seuil de 3 % n&rsquo;est plus annonc\u00e9 pour 2027 mais pour 2029. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un objectif politique et budg\u00e9taire ; les r\u00e9sultats 2026-2029 ne sont pas encore connus.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">7. Marine Le Pen et le Rassemblement national : critique des d\u00e9ficits et de la d\u00e9pense<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans son intervention du 4 d\u00e9cembre 2024 \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, Marine Le Pen attribue la situation \u00e0 des \u00ab budgets de d\u00e9ficits chroniques et de gaspillage \u00bb et \u00e9voque une dette de 3 300 milliards d&rsquo;euros. Elle affirme que la France a perdu le contr\u00f4le de ses finances publiques et pr\u00e9sente un contre-budget fond\u00e9 notamment sur un recentrage de l&rsquo;\u00c9tat et des r\u00e9ductions de certaines d\u00e9penses.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette position rejoint le constat d&rsquo;un niveau de dette \u00e9lev\u00e9, mais diverge du gouvernement sur la composition des \u00e9conomies, les recettes et les priorit\u00e9s budg\u00e9taires. Les chiffrages et effets des contre-propositions rel\u00e8vent d&rsquo;un d\u00e9bat distinct de la mesure statistique de la dette.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">8. Jean-Luc M\u00e9lenchon : contester la mani\u00e8re de poser le probl\u00e8me<\/h2>\n\n\n\n<p>Jean-Luc M\u00e9lenchon d\u00e9veloppe une lecture diff\u00e9rente. Dans un texte publi\u00e9 le 10 juin 2022, il \u00e9crit que la dette publique n&rsquo;est pas \u00ab un probl\u00e8me en soi \u00bb et concentre sa critique sur la d\u00e9pendance des \u00c9tats aux march\u00e9s financiers et sur les r\u00e8gles de financement europ\u00e9ennes. Il d\u00e9fend notamment l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un traitement sp\u00e9cifique des titres de dette publique d\u00e9tenus par les banques centrales.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a r\u00e9cidiv\u00e9 r\u00e9cemment : fin ao\u00fbt 2026, il a d\u00e9fendu l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;effacer ou de neutraliser une partie de la dette publique, en visant la fraction d\u00e9tenue par les banques centrales de l&rsquo;Eurosyst\u00e8me. Sa proposition consiste notamment \u00e0 transformer cette dette en dette perp\u00e9tuelle \u00e0 taux nul ou \u00e0 la \u00ab mettre au frigo \u00bb, ce qui \u00e9quivaudrait de fait, pour l&rsquo;\u00c9tat, \u00e0 ne plus avoir \u00e0 la rembourser.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette proposition devrait \u00eatre d\u00e9cid\u00e9e au niveau de la zone euro et fait l&rsquo;objet de tr\u00e8s fortes controverses juridiques, mon\u00e9taires et \u00e9conomiques.\u00b9<\/p>\n\n\n\n<p>Cette approche ne nie donc pas l&rsquo;existence de la dette ; elle conteste l&rsquo;interpr\u00e9tation selon laquelle son niveau devrait conduire prioritairement \u00e0 une r\u00e9duction des d\u00e9penses publiques. Elle s&rsquo;oppose sur ce point aux diagnostics exprim\u00e9s par Attal, Barnier, Bayrou ou le Rassemblement national. Les implications juridiques, mon\u00e9taires et financi\u00e8res d&rsquo;une annulation ou d&rsquo;un gel de titres d\u00e9tenus par l&rsquo;Eurosyst\u00e8me font l&rsquo;objet de controverses \u00e9conomiques et institutionnelles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">\u00b9 Commentaire de l&rsquo;auteur : \u00ab Tohu-bohu g\u00e9n\u00e9ral !!! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">9. Une \u00e9volution nette du vocabulaire politique<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>P\u00e9riode<\/th><th>Responsable \/ courant<\/th><th>Formulation ou diagnostic dominant<\/th><th>Orientation mise en avant<\/th><\/tr><\/thead><tbody>\n<tr><td>2022-2023<\/td><td>Ex\u00e9cutif \/ programmation<\/td><td>Retour progressif vers une trajectoire ma\u00eetris\u00e9e<\/td><td>D\u00e9ficit 2,7 % et dette 108,1 % en 2027<\/td><\/tr>\n<tr><td>Jan. 2024<\/td><td>Gabriel Attal<\/td><td>\u00ab \u00c9p\u00e9e de Damocl\u00e8s \u00bb<\/td><td>Ma\u00eetrise des d\u00e9penses, r\u00e9formes, &lt; 3 % en 2027<\/td><\/tr>\n<tr><td>Sept.-oct. 2024<\/td><td>Michel Barnier<\/td><td>Situation budg\u00e9taire \u00ab tr\u00e8s grave \u00bb<\/td><td>Redressement, horizon &lt; 3 % repouss\u00e9 \u00e0 2029<\/td><\/tr>\n<tr><td>D\u00e9c. 2024<\/td><td>Marine Le Pen \/ RN<\/td><td>Perte de contr\u00f4le des finances publiques<\/td><td>\u00c9conomies cibl\u00e9es, recentrage de l&rsquo;\u00c9tat<\/td><\/tr>\n<tr><td>Juil. 2025<\/td><td>Fran\u00e7ois Bayrou<\/td><td>\u00ab Enrayer l&#8217;emballement \u00bb<\/td><td>43,8 Md\u20ac d&rsquo;effort annonc\u00e9, 2,8 % en 2029<\/td><\/tr>\n<tr><td>2022-2026<\/td><td>Jean-Luc M\u00e9lenchon \/ LFI<\/td><td>Dette non consid\u00e9r\u00e9e comme le probl\u00e8me central<\/td><td>Autre traitement de la dette et du financement public<\/td><\/tr>\n<\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Le tableau ne classe pas les positions et ne juge pas leur pertinence. Il met en \u00e9vidence un changement de registre : le discours de l&rsquo;ex\u00e9cutif devient nettement plus pr\u00e9occup\u00e9 entre 2023 et 2025, tandis que les oppositions partent de diagnostics diff\u00e9rents et proposent des r\u00e9ponses budg\u00e9taires ou mon\u00e9taires distinctes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">10. Ce que montre la confrontation entre annonces et r\u00e9sultats<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Premier constat :<\/strong> la dette n&rsquo;a pas suivi la trajectoire inscrite dans la loi de programmation de d\u00e9cembre 2023. Pour 2025, 109,6 % du PIB \u00e9taient programm\u00e9s ; le r\u00e9sultat disponible en 2026 est 115,7 %.<\/li>\n<li><strong>Deuxi\u00e8me constat :<\/strong> le d\u00e9ficit s&rsquo;est lui aussi \u00e9cart\u00e9 de la trajectoire. Pour 2024, 4,4 % du PIB \u00e9taient programm\u00e9s ; le r\u00e9sultat a \u00e9t\u00e9 de 5,8 %. Pour 2025, 3,7 % \u00e9taient programm\u00e9s ; le r\u00e9sultat a \u00e9t\u00e9 de 5,1 %.<\/li>\n<li><strong>Troisi\u00e8me constat :<\/strong> le calendrier politique de retour sous 3 % a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cal\u00e9. L&rsquo;objectif 2027, encore affirm\u00e9 par Gabriel Attal en janvier 2024, a ensuite \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9 \u00e0 2029 dans les trajectoires pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 partir de l&rsquo;automne 2024.<\/li>\n<li><strong>Quatri\u00e8me constat :<\/strong> le montant nominal de la dette a franchi 3 000 milliards d&rsquo;euros en 2023, 3 300 milliards en 2024 et atteint 3 460,5 milliards fin 2025. Au premier trimestre 2026, il est de 3 536,1 milliards d&rsquo;euros.<\/li>\n<li><strong>Cinqui\u00e8me constat :<\/strong> le d\u00e9bat politique ne porte pas seulement sur le niveau de dette. Il porte aussi sur la nature des d\u00e9penses \u00e0 r\u00e9duire ou pr\u00e9server, le niveau et la r\u00e9partition des pr\u00e9l\u00e8vements, la croissance, les investissements publics, les r\u00e8gles europ\u00e9ennes et le r\u00f4le de la politique mon\u00e9taire.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">11. Synth\u00e8se<\/h2>\n\n\n\n<p>Entre 2022 et 2026, le discours politique fran\u00e7ais sur la dette publique s&rsquo;est durci en m\u00eame temps que la trajectoire budg\u00e9taire s&rsquo;\u00e9cartait des objectifs programm\u00e9s. En 2022-2023, l&rsquo;ex\u00e9cutif mettait surtout en avant une normalisation progressive. D\u00e9but 2024, Gabriel Attal qualifie la dette d&rsquo;\u00ab \u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s \u00bb. \u00c0 l&rsquo;automne 2024, Michel Barnier d\u00e9crit une situation budg\u00e9taire tr\u00e8s grave. En juillet 2025, Fran\u00e7ois Bayrou parle d&rsquo;enrayer l&#8217;emballement de la dette. Le Rassemblement national formule lui aussi un diagnostic de perte de contr\u00f4le mais d\u00e9fend une autre composition des \u00e9conomies. Jean-Luc M\u00e9lenchon conteste, pour sa part, l&rsquo;id\u00e9e que la dette constitue en elle-m\u00eame le probl\u00e8me central et privil\u00e9gie une transformation de son traitement financier.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Le fait statistique central reste le suivant : apr\u00e8s 109,5 % du PIB fin 2023, la dette publique atteint 112,6 % fin 2024, 115,7 % fin 2025 et 117,5 % au premier trimestre 2026. La comparaison avec la programmation de 2023 montre donc un \u00e9cart substantiel. L&rsquo;explication de cet \u00e9cart et le choix des moyens pour le r\u00e9duire rel\u00e8vent, eux, du d\u00e9bat \u00e9conomique et politique.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">12. Glossaire<\/h2>\n\n\n<p><strong>Administrations publiques (APU)<\/strong> \u2013 Ensemble comprenant l&rsquo;\u00c9tat et les organismes d&rsquo;administration centrale, les administrations publiques locales et les administrations de s\u00e9curit\u00e9 sociale.<\/p>\n\n<p><strong>BCE<\/strong> \u2013 Banque centrale europ\u00e9enne. Elle conduit la politique mon\u00e9taire de la zone euro avec les banques centrales nationales.<\/p>\n\n<p><strong>Banque centrale<\/strong> \u2013 Institution charg\u00e9e notamment de la politique mon\u00e9taire et de l&rsquo;\u00e9mission de monnaie centrale. Dans la zone euro, les banques centrales nationales forment avec la BCE l&rsquo;Eurosyst\u00e8me.<\/p>\n\n<p><strong>Charge de la dette<\/strong> \u2013 D\u00e9penses d&rsquo;int\u00e9r\u00eats support\u00e9es par les administrations publiques au titre de leur endettement.<\/p>\n\n<p><strong>D\u00e9ficit public<\/strong> \u2013 Solde n\u00e9gatif entre les recettes et les d\u00e9penses des administrations publiques sur une p\u00e9riode donn\u00e9e.<\/p>\n\n<p><strong>D\u00e9ficit primaire<\/strong> \u2013 D\u00e9ficit public calcul\u00e9 avant prise en compte de la charge d&rsquo;int\u00e9r\u00eats de la dette.<\/p>\n\n<p><strong>Dette publique<\/strong> \u2013 Encours des engagements financiers des administrations publiques. Dans cette \u00e9tude, la r\u00e9f\u00e9rence principale est la dette brute au sens de Maastricht.<\/p>\n\n<p><strong>Dette au sens de Maastricht<\/strong> \u2013 Mesure harmonis\u00e9e de la dette publique utilis\u00e9e dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne, exprim\u00e9e notamment en pourcentage du PIB.<\/p>\n\n<p><strong>Dette perp\u00e9tuelle<\/strong> \u2013 Titre de dette sans \u00e9ch\u00e9ance de remboursement du principal ; l&rsquo;\u00e9metteur peut, selon ses caract\u00e9ristiques, verser un int\u00e9r\u00eat durablement.<\/p>\n\n<p><strong>Eurosyst\u00e8me<\/strong> \u2013 Ensemble constitu\u00e9 de la BCE et des banques centrales nationales des pays ayant adopt\u00e9 l&rsquo;euro.<\/p>\n\n<p><strong>Gel \/ neutralisation de dette<\/strong> \u2013 Dans le d\u00e9bat pr\u00e9sent\u00e9 ici, transformation ou traitement visant \u00e0 ne plus exiger le remboursement \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance d&rsquo;une partie de la dette d\u00e9tenue par les banques centrales ; cette notion doit \u00eatre distingu\u00e9e d&rsquo;une annulation comptable formelle.<\/p>\n\n<p><strong>Loi de programmation des finances publiques<\/strong> \u2013 Texte fixant une trajectoire pluriannuelle des finances publiques : d\u00e9ficit, d\u00e9penses, dette et autres objectifs budg\u00e9taires.<\/p>\n\n<p><strong>PIB<\/strong> \u2013 Produit int\u00e9rieur brut : valeur des biens et services produits sur un territoire pendant une p\u00e9riode donn\u00e9e.<\/p>\n\n<p><strong>Ratio dette\/PIB<\/strong> \u2013 Rapport entre l&rsquo;encours de dette publique et le PIB. Il permet de comparer le poids de la dette \u00e0 la taille de l&rsquo;\u00e9conomie.<\/p>\n\n<p><strong>Zone euro<\/strong> \u2013 Ensemble des \u00c9tats membres de l&rsquo;Union europ\u00e9enne ayant adopt\u00e9 l&rsquo;euro comme monnaie.<\/p>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">13. Sources principales<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Insee, \u00ab Le compte des administrations publiques en 2025 \u00bb, mai 2026.<\/li>\n<li>Insee, \u00ab Dette des administrations publiques au sens de Maastricht \u00bb, donn\u00e9es mises \u00e0 jour en ao\u00fbt 2026.<\/li>\n<li>Insee, \u00ab \u00c0 la fin du premier trimestre 2026, le ratio de dette publique s&rsquo;\u00e9tablit \u00e0 117,5 % du PIB \u00bb, 25 juin 2026.<\/li>\n<li>L\u00e9gifrance, loi n\u00b0 2023-1195 du 18 d\u00e9cembre 2023 de programmation des finances publiques pour 2023-2027.<\/li>\n<li>Gouvernement, d\u00e9claration de politique g\u00e9n\u00e9rale de Gabriel Attal au S\u00e9nat, 31 janvier 2024.<\/li>\n<li>Gouvernement, Michel Barnier : \u00ab la situation budg\u00e9taire est tr\u00e8s grave \u00bb, 30 septembre 2024.<\/li>\n<li>Gouvernement, \u00ab Dette et hausse de la production : les annonces de Fran\u00e7ois Bayrou \u00bb, 15 juillet 2025.<\/li>\n<li>Assembl\u00e9e nationale, compte rendu de la s\u00e9ance du 4 d\u00e9cembre 2024, intervention de Marine Le Pen.<\/li>\n<li>Jean-Luc M\u00e9lenchon, \u00ab Faire tomber le mur de la dette \u00bb, 10 juin 2022.<\/li>\n<li>Euronews, \u00ab La dette fran\u00e7aise peut-elle vraiment \u00eatre annul\u00e9e ? La proposition de M\u00e9lenchon relance le d\u00e9bat \u00bb, 27 ao\u00fbt 2026.<\/li>\n<li>Le Monde, \u00ab Une id\u00e9e interdite par les trait\u00e9s europ\u00e9ens : le pr\u00e9sident de la Bundesbank s&rsquo;oppose \u00e0 l&rsquo;annulation de la dette propos\u00e9e par Jean-Luc M\u00e9lenchon \u00bb, 2 septembre 2026.<\/li>\n<li>Le Monde, \u00ab Geler une partie de la dette : le projet de Jean-Luc M\u00e9lenchon est-il faisable et quel serait son int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique ? \u00bb, 17 septembre 2026.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Note : les donn\u00e9es de comptes nationaux peuvent \u00eatre r\u00e9vis\u00e9es. Les chiffres 2026 cit\u00e9s dans cette \u00e9tude correspondent au premier trimestre. La prochaine publication trimestrielle de l&rsquo;Insee \u00e9tait annonc\u00e9e pour le 29 septembre 2026 ; elle n&rsquo;\u00e9tait donc pas encore disponible \u00e0 la date d&rsquo;arr\u00eat de cette \u00e9tude.<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Roland Soullie \u2013 Bust, le 23 septembre 2026<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fait \u00e0 Bust, le 23 septembre 2026 \u2013 Roland Soullie Objet : retracer l&rsquo;\u00e9volution des principaux discours politiques sur l&rsquo;endettement public fran\u00e7ais, les confronter aux trajectoires budg\u00e9taires annonc\u00e9es et aux r\u00e9sultats statistiques disponibles, sans appr\u00e9ciation partisane. Sommaire Objet et m\u00e9thode Les chiffres : une d\u00e9gradation apr\u00e8s 2023 2022-2023 : le discours d&rsquo;un redressement progressif Gabriel &hellip; <a href=\"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/2026\/10\/04\/la-dette-publique-en-france\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;La dette publique en France&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":113,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-111","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/111","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=111"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/111\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":112,"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/111\/revisions\/112"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/113"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=111"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=111"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rs-formation-conseil.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=111"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}