Les retraites en France

Documentation à jour au 15 septembre 2026 – Bust, le 21 septembre 2026 – Roland Soullie

Liminaire

La préparation du budget 2027 a pour conséquence, une fois de plus, de mettre les retraités au centre du débat fiscal et social.

La loi de financement de la Sécurité sociale met l’accent sur le dérapage des dépenses sociales en montrant du doigt les dépenses liées aux retraités.

La chasse est ouverte.

Pas un jour sans un article dans la presse hebdomadaire ou télévisée, pas un jour sans un débat entre les partis politiques, pas un jour sans une « fuite » des intentions gouvernementales…

Toutes ces interventions sont étayées par une multitude de données, la plupart incomplètes et sorties de leur contexte.

À titre d’exemple, on peut citer la saga de l’abattement de 10 % pour frais professionnels des retraités (voir le chapitre 8).

Il n’existe pas d’abattement pour frais professionnels des retraités.

Les retraités peuvent déduire un abattement de 10 % sur leurs pensions imposables, qui plus est limité à 4 439 € (revenus 2025), pour un retraité seul et la même somme pour un couple.

La déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels des salariés est individuelle : pour un couple de salariés, chacun bénéficiera de la déduction, sauf à opter pour les frais réels.

La documentation est à jour au 15 septembre 2026. Cette dernière a nécessité la consultation et le croisement de plusieurs milliers de données qui ont été agrégées grâce à l’IA.

Important : les régimes spéciaux de retraite (régime agricole, travailleurs non salariés, cultes, marins) ne sont pas incorporés à cette étude.

Sommaire

  1. Analyse des principales publications 2024 – septembre 2026
  2. Retraites, santé et vieillissement en France – 2005-2040
  3. Les retraites en France – synthèse 2005-2026 : poids dans le PIB et coût de la vie
  4. Pensions de retraite et inflation : bilan sur vingt ans
  5. Pouvoir d’achat d’un cadre retraité depuis 2005
  6. Les retraités en France – 2005 à 2024 : démographie, poids économique et fiscalité
  7. Glossaire des principaux termes utilisés
  8. Fiscalité des retraités : abattement de 10 %, frais professionnels et abattements supplémentaires

Le chapitre 8 reprend l’étude spécifique relative à l’abattement de 10 % sur les pensions, sa distinction avec la déduction pour frais professionnels des salariés, les abattements supplémentaires liés à l’âge ou à l’invalidité, ainsi que l’historique du débat politique 2005-2026.


1. Analyse des principales publications 2024 – septembre 2026

Dossier de synthèse : situation des retraités, financement du système, projections démographiques, retraite supplémentaire et retraites dites « chapeau ». Date de mise à jour : 15 septembre 2026.

Résumé exécutif

Entre 2024 et 2026, les publications officielles décrivent deux réalités qui ne sont pas contradictoires. D’une part, la situation moyenne des retraités s’est améliorée récemment : l’INSEE mesure en 2024 un niveau de vie médian de 26 830 euros par an pour les retraités, légèrement supérieur à celui de l’ensemble de la population, et un taux de pauvreté ramené à 10,4 %. D’autre part, les perspectives financières à long terme se dégradent, principalement sous l’effet de la démographie et des hypothèses économiques.

Le rapport annuel du COR de juin 2026 constitue un tournant. Il retient notamment une fécondité de 1,45 enfant par femme à partir de 2028 et un solde migratoire de +150 000 personnes par an. Le Sénat, reprenant les projections du COR, indique un déficit du système estimé à 0,2 % du PIB en 2030, 0,9 % en 2045 et 2,4 % en 2070. Ces chiffres sont des projections conditionnelles, non des prévisions certaines.

Enfin, la retraite supplémentaire évolue rapidement : 21,4 milliards d’euros de cotisations ont été collectés en 2024 et les PER représentent désormais 77 % de cette collecte. Les anciennes retraites à prestations définies, souvent appelées « retraites chapeau », sont quantitativement marginales mais ont suscité une forte attention publique en raison de quelques montants très élevés attribués à des dirigeants.

1.1 Chronologie des publications de référence

DateOrganismePublication / apport principal
13 juin 2024CORRapport annuel 2024 : perspectives à moyen et long terme après la réforme de 2023.
30 oct. 2024DREESPanorama 2024 : 353 Md€ de pensions en 2022, soit 13,4 % du PIB.
20 fév. 2025Cour des comptesSituation financière et perspectives du système de retraites.
12 juin 2025CORRapport annuel 2025 : actualisation des projections jusqu’en 2070.
31 juil. 2025DREESPanorama 2025 : 370 Md€ de pensions en 2023, soit 13,1 % du PIB.
3 fév. 2026DREESRetraite supplémentaire 2024 : 21,4 Md€ de cotisations ; PER = 77 %.
1er avr. 2026Agirc-ArrcoDonnées 2024 : 13,907 M de retraités ; pension totale moyenne 1 760 €/mois.
11 juin 2026CORRapport annuel 2026 : nouvelles hypothèses démographiques et projections.
17 juin 2026SénatRapport : déficit projeté à 0,2 % du PIB en 2030, 0,9 % en 2045, 2,4 % en 2070.
9 juil. 2026INSEENiveau de vie 2024 : retraités 26 830 €/an ; pauvreté 10,4 %.

1.2 Le poids économique des retraites

La DREES chiffre à 370 milliards d’euros les pensions de vieillesse et de survie versées en 2023, soit 13,1 % du PIB. Fin 2023, 17,2 millions de personnes percevaient une pension de droit direct d’au moins un régime français. Pour les retraités résidant en France, la pension moyenne de droit direct s’établissait à 1 666 euros bruts par mois et 1 541 euros après prélèvements sociaux.

Ces moyennes doivent être interprétées avec prudence : elles agrègent des carrières, régimes, sexes, patrimoines et situations familiales très différents.

1.3 Situation matérielle et niveau de vie des retraités

Selon l’INSEE, le niveau de vie médian des retraités vivant en logement ordinaire atteint 26 830 euros annuels en 2024, contre 26 740 euros pour l’ensemble de la population. Il augmente de 3,5 % en euros constants en un an, soutenu notamment par les revalorisations des pensions. Le taux de pauvreté des retraités baisse de 11,1 % en 2023 à 10,4 % en 2024, rejoignant celui des actifs.

Le niveau de vie ne doit pas être confondu avec le montant de la pension : il tient compte des autres revenus du ménage, notamment patrimoniaux, ainsi que de sa composition.

1.4 Le tournant démographique du COR en 2026

Le rapport du COR du 11 juin 2026 modifie sensiblement le cadre démographique utilisé l’année précédente. Les projections 2025 reposaient encore sur les hypothèses INSEE de 2021, notamment une fécondité à terme de 1,8 enfant par femme et un solde migratoire annuel de +70 000. Le rapport 2026 retient une fécondité de 1,45 enfant à partir de 2028 et un solde migratoire de +150 000 dès 2026, avec des gains d’espérance de vie légèrement revus à la baisse.

Conséquence essentielle : les résultats à très long terme sont extrêmement sensibles aux hypothèses de population, d’emploi, de productivité et de salaires. Une projection à 2070 doit donc être lue comme un scénario conditionnel.

1.5 Perspectives financières

La Cour des comptes a publié en février 2025 un rapport spécifique consacré à la situation financière et aux perspectives du système. En 2026, le Sénat, sur la base du rapport du COR, souligne une dégradation du solde projeté à long terme.

HorizonSolde projeté du système
2030-0,2 % du PIB
2045-0,9 % du PIB
2070-2,4 % du PIB

Le Sénat précise que la projection 2070 a été dégradée d’environ un point par rapport à l’exercice précédent, notamment en raison des nouvelles hypothèses de fécondité et des règles futures de revalorisation des retraites complémentaires.

1.6 Agirc-Arrco : la retraite complémentaire du privé

Fin 2024, l’Agirc-Arrco compte 13,907 millions de retraités. Pour les retraités de droit direct, la pension totale moyenne tous régimes est de 1 760 euros par mois ; la part Agirc-Arrco représente environ 552 euros. Plus d’un tiers sont polypensionnés.

1.7 Retraite supplémentaire et montée en puissance du PER

La DREES indique qu’en 2024 les contrats de retraite supplémentaire ont collecté 21,4 milliards d’euros de cotisations, en hausse de 10 % en euros constants. Les PER représentent 77 % des cotisations, contre 75 % en 2023 et 69 % en 2022. Les prestations versées atteignent 8,9 milliards d’euros et 2,7 millions de personnes en bénéficient.

La tendance est donc claire : le PER devient progressivement le véhicule central de l’épargne retraite supplémentaire, tandis que les anciens dispositifs à prestations définies occupent une place plus résiduelle.

1.8 Les « retraites chapeau » : remettre les montants en perspective

Le rapport IGAS-IGF publié en 2015 demeure une source de référence pour comprendre ces dispositifs. Il rappelle que les retraites à prestations définies concernaient plus de 200 000 pensionnés et que 84 % percevaient une rente annuelle inférieure à 5 000 euros. Les cas de plusieurs centaines de milliers d’euros par an sont donc exceptionnels, même s’ils ont concentré l’attention médiatique.

Une difficulté méthodologique est majeure : les documents d’entreprise peuvent publier une rente annuelle potentielle, un engagement actuariel ou une provision. Ces notions ne sont pas interchangeables. Une provision de plusieurs millions d’euros ne signifie pas que cette somme est versée immédiatement au dirigeant.

1.9 Exemples historiques de hauts dirigeants

Le tableau ci-dessous reprend la photographie historique évoquée dans le dossier, issue des analyses publiques sur les régimes à prestations définies. Il s’agit de droits potentiels et non d’une liste de pensions effectivement encaissées.

DirigeantSociétéRente annuelle potentielleTaux de remplacement
Franck RiboudDanone1 763 291 €61 %
Jean-Paul AgonL’Oréal1 482 250 €37 %
Henri de CastriesAXA1 039 500 €34 %
Bernard ArnaultLVMH643 812 €16 %
Gérard MestralletGDF Suez640 141 €19 %
Christophe de MargerieTotal564 493 €19 %
Pierre PringuetPernod Ricard516 938 €19 %
Philippe VarinPeugeot258 213 €9 %

Ces chiffres illustrent l’extrême sommet de la distribution. Ils ne doivent pas être extrapolés aux cadres en général ni aux bénéficiaires ordinaires d’une retraite supplémentaire d’entreprise.

1.10 Comparaison avec la pension moyenne

La pension moyenne de droit direct des retraités résidant en France était de 1 666 euros bruts mensuels en 2023, soit 19 992 euros par an. À titre purement illustratif, une rente potentielle annuelle de 1,763 million d’euros représente environ 88 fois cette pension annuelle moyenne. La comparaison est toutefois imparfaite : elle oppose une retraite supplémentaire potentielle de dirigeant à une pension totale moyenne.

1.11 Points d’accord et différences entre organismes

OrganismeAngle principalLecture à retenir
CORProjectionsForte dépendance à la démographie et aux hypothèses économiques.
Cour des comptesSoutenabilitéAccent sur les déséquilibres financiers et les mesures correctrices.
DREESStatistiquesMesure des pensions, effectifs, âges, minima et retraite supplémentaire.
INSEENiveau de vieSituation des ménages retraités, pauvreté et revenus patrimoniaux.
Agirc-ArrcoComplémentaire privéDonnées propres au principal régime complémentaire des salariés du privé.
SénatContrôle / débatMet en perspective soutenabilité, redistribution et inégalités.

1.12 Conclusion

La période 2024-2026 montre qu’il faut séparer trois débats. Le premier concerne la situation actuelle des retraités : en moyenne, leur niveau de vie s’est amélioré en 2024, mais cette moyenne masque de fortes disparités. Le deuxième concerne la soutenabilité collective : les projections du COR se dégradent à long terme et restent très sensibles aux hypothèses. Le troisième concerne la retraite supplémentaire : le PER progresse rapidement tandis que les anciennes retraites chapeau deviennent plus résiduelles.

La principale précaution méthodologique est donc de ne jamais confondre pension moyenne, niveau de vie, retraite complémentaire, retraite supplémentaire, rente potentielle et provision actuarielle. Une analyse sérieuse des retraites doit préciser pour chaque chiffre sa définition, son année et son périmètre.

Sources principales

  • Conseil d’orientation des retraites (COR) – Rapports annuels 2024, 2025 et 2026 ; rapport 2026 publié le 11 juin 2026.
  • DREES – Les retraités et les retraites, éditions 2024 et 2025 ; données sur la retraite supplémentaire 2024 publiées en février 2026.
  • Cour des comptes – Situation financière et perspectives du système de retraites, février 2025.
  • INSEE – Niveau de vie et pauvreté en 2024, Insee Première n° 2117, 9 juillet 2026.
  • Agirc-Arrco – Données chiffrées sur les retraités, données 2024 mises en ligne le 1er avril 2026.
  • Sénat – Rapport n° 759 (2025-2026), déposé le 17 juin 2026.
  • IGAS-IGF – L’encadrement des retraites chapeau, rapport publié en janvier 2015, utilisé pour le contexte historique.

Note : ce dossier est une synthèse documentaire. Les projections à long terme sont conditionnelles et peuvent évoluer avec les hypothèses démographiques, économiques, réglementaires et conventionnelles.


2. Retraites, santé et vieillissement en France – 2005-2040

Étude 2005-2040 – données constatées, dépenses de santé et projections.

Objet. Mesurer l’évolution du nombre de retraités, du poids des pensions dans le PIB et des dépenses liées au grand âge, puis apprécier le déplacement du risque financier à l’horizon 2040.

Note méthodologique

Les statistiques de retraite sont établies selon le statut de retraité. Les statistiques de santé sont principalement ventilées par âge, affection et type de soins. Il n’existe donc pas de série officielle homogène sur vingt ans intitulée « coût de santé des retraités ». L’étude distingue les chiffres directement observés des estimations et utilise le grand âge comme indicateur de pression sanitaire.

Les périmètres ne doivent pas être additionnés sans précaution : les dépenses totales de santé concernent toute la population ; les soins de longue durée des personnes âgées constituent en revanche un poste spécifiquement pertinent pour le vieillissement.

Résumé exécutif

Indicateur20052023/2024Lecture
Retraités de droit direct13,5 M17,2 M (2023)≈ +27 %
Pensions / PIB11,5 %13,1 % (2023)+1,6 point
Santé totale / PIBpérimètres historiques à harmoniser11,4 % (2024)ratio macro assez stable récemment
Soins longue duréen.d. comparable52,2 Md€ (2024)16 % de la DCSi
dont personnes âgées en perte d’autonomien.d. comparable35,9 Md€ (2024)≈ 1,2 % du PIB

Conclusion centrale : depuis 2005, les effectifs de retraités ont augmenté beaucoup plus vite que le poids des pensions dans le PIB. Le risque financier lié au vieillissement se déplace progressivement vers le très grand âge, les soins de longue durée, l’aide à domicile et la perte d’autonomie.

2.1 Vingt ans de croissance du nombre de retraités

La DREES dénombrait 13,5 millions de retraités percevant une pension de droit direct en 2005. En 2023, ils sont 17,2 millions. La progression est donc de l’ordre de 27 % sur la période.

AnnéeRetraités de droit directIndice 2005 = 100
200513,5 M100
2010≈ 15,08 M≈ 112
2015≈ 15,98 M≈ 118
2020≈ 16,9 M≈ 125
202317,2 M≈ 127

Lecture : l’effectif augmente fortement mais la progression ralentit après la grande vague de départs des générations du baby-boom.

Attention : les séries DREES peuvent faire l’objet de révisions statistiques. Les valeurs intermédiaires sont présentées ici comme repères arrondis ; les deux bornes 2005 et 2023 sont les points essentiels de comparaison.

2.2 Pensions : une charge qui augmente moins vite que les effectifs

En 2005, les pensions représentent 11,5 % du PIB. En 2023, elles représentent 13,1 % du PIB, soit 370 milliards d’euros. La hausse est de 1,6 point de PIB, soit environ +14 % en termes relatifs, nettement moins que l’augmentation du nombre de retraités.

AnnéePensions / PIBIndice 2005 = 100
200511,5 %100
201012,9 %112
201513,7 %119
202014,4 %*125
202313,1 %114

* 2020 est une année atypique : le ratio est gonflé par la contraction du PIB liée à la crise sanitaire. Selon les millésimes statistiques et périmètres, les séries révisées peuvent légèrement différer.

Résultat : indice des retraités ≈ 127 contre indice du poids des pensions ≈ 114 entre 2005 et 2023. L’effectif a donc progressé environ deux fois plus vite que la charge des pensions rapportée au PIB.

2.3 Santé : ce que l’on peut réellement attribuer au vieillissement

En 2024, la dépense courante de santé au sens international (DCSi) atteint environ 333 milliards d’euros, soit 11,4 % du PIB. Cette dépense concerne toute la population et ne peut pas être qualifiée de « coût des retraités ».

La DREES dispose toutefois d’un jeu de données détaillé sur les dépenses et restes à charge pour 2017, 2021 et 2023, ventilé notamment selon l’âge. Cette base confirme la forte progression des dépenses individuelles aux âges élevés, mais ne permet pas de reconstituer directement une série homogène depuis 2005.

Le poste le plus directement lié au grand âge est celui des soins de longue durée. En 2024, il atteint 52,2 milliards d’euros.

Soins de longue durée 2024Md€Part du total SLD
Personnes âgées en perte d’autonomie / fin de vie35,94≈ 69 %
Personnes en situation de handicap15,29≈ 29 %
Addictions0,99≈ 2 %
Total52,21100 %

Les 35,9 milliards d’euros consacrés aux personnes âgées en perte d’autonomie représentent environ 1,2 % du PIB. Ils incluent notamment soins à domicile, soins et aides en établissements médicalisés et aides à la vie quotidienne entrant dans le périmètre de la DCSi.

Point de vigilance : additionner 13,1 % de pensions et 1,2 % de soins de longue durée donne un socle d’environ 14,3 % du PIB, mais pas un « coût total des retraités ». Les soins ordinaires des personnes âgées ne sont pas inclus dans ce calcul, et les périmètres doivent éviter tout double compte.

2.4 Le compte économique du vieillissement : ce qui est mesurable

Bloc2023/2024Statut du chiffre
Pensions de retraite370 Md€ ; 13,1 % du PIB (2023)Observé – DREES
Dépense courante de santé333 Md€ ; 11,4 % du PIB (2024)Observé – tous âges
Soins longue durée – personnes âgées35,9 Md€ (2024)Observé – DREES
Soins ordinaires des retraitéspas de total officiel uniqueÀ estimer par âge
Total pensions + SLD personnes âgées≈ 14,3 % du PIB*Indicateur partiel

* Approximation utilisant des années adjacentes 2023/2024 et des périmètres distincts. À utiliser comme ordre de grandeur, non comme agrégat comptable officiel.

La comparaison avec 2005 doit donc rester asymétrique : les retraites sont très bien documentées sur vingt ans, tandis que la mesure sanitaire attribuable au vieillissement nécessite une reconstitution par âge. Présenter un chiffre unique « coût des retraités en santé en 2005 » avec une précision artificielle serait méthodologiquement fragile.

La bonne lecture économique consiste à suivre trois variables : (1) nombre de pensionnés, (2) part des pensions dans le PIB, (3) progression des dépenses spécifiques au grand âge et à la perte d’autonomie.

2.5 Projection à l’horizon 2040

Le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites de juin 2026 modifie sensiblement la perspective de long terme. Dans son scénario de référence, les dépenses du système de retraite représentent 14,1 % du PIB en 2025 et resteraient globalement stables jusqu’en 2045. Elles remonteraient ensuite progressivement pour atteindre 15,3 % en 2070.

Indicateur COR2025Vers 2040-20452070
Dépenses du système de retraite / PIB14,1 %≈ stables autour de ce niveau15,3 %
Âge moyen de départ63,1 ans≈ 64,6 ans à partir des années 2040≈ 64,6 ans
Pension moyenne / revenu d’activité moyen54,6 %en baisse45,3 %

Le COR souligne que la stabilité relative des dépenses malgré le vieillissement résulte notamment du recul de l’âge de départ et de la diminution de la pension moyenne relativement au revenu d’activité moyen.

Cette stabilité du ratio de retraite ne signifie donc pas que le niveau de vie relatif des retraités resterait inchangé : la pension moyenne continuerait à progresser en euros réels, mais moins rapidement que les revenus d’activité selon les hypothèses du COR.

Implication : à l’horizon 2040, la question budgétaire ne se résume pas aux pensions. Le passage des générations nombreuses vers 80, 85 et 90 ans augmente surtout les besoins de soins, d’aide à domicile, de personnel et de structures adaptées.

2.6 Conclusion générale

  1. Démographie. Entre 2005 et 2023, le nombre de retraités de droit direct est passé d’environ 13,5 à 17,2 millions, soit une hausse proche de 27 %.
  2. Retraites. Sur la même période, les pensions sont passées d’environ 11,5 % à 13,1 % du PIB. Leur poids économique a donc augmenté beaucoup moins vite que les effectifs.
  3. Santé. La dépense totale de santé représente 11,4 % du PIB en 2024, mais elle ne peut être imputée aux retraités. Les données par âge montrent néanmoins que le grand âge est associé à des dépenses médicales beaucoup plus importantes.
  4. Dépendance. Les soins de longue durée des personnes âgées en perte d’autonomie atteignent 35,9 milliards d’euros en 2024. C’est l’un des postes les plus directement exposés au vieillissement.
  5. Horizon 2040. Le COR 2026 n’anticipe pas d’explosion de la part des retraites dans le PIB avant 2045. Le risque se déplace donc progressivement vers la prise en charge du très grand âge et vers la capacité du système de santé et médico-social à fournir suffisamment de personnel et de services.

Le chiffre à retenir : +27 % de retraités entre 2005 et 2023, mais seulement +1,6 point de PIB pour les pensions. Le vieillissement français est ainsi de moins en moins une question exclusivement « retraite » et de plus en plus une question combinée de retraite, santé et autonomie.

Sources principales et réserves

  • DREES – Les retraites en 2005. 13,5 millions de retraités de droit direct en 2005.
  • DREES – Les retraités et les retraites, éditions récentes. Séries d’effectifs, masses de pensions et part des pensions dans le PIB ; 370 Md€ et 13,1 % du PIB en 2023.
  • DREES – Les dépenses de santé en 2024, édition 2025. DCSi 333 Md€, 11,4 % du PIB ; soins de longue durée 52,2 Md€, dont 35,9 Md€ pour les personnes âgées en perte d’autonomie.
  • DREES – Dépenses de santé et restes à charge. Données individuelles 2017, 2021 et 2023, ventilées notamment selon l’âge.
  • Conseil d’orientation des retraites – Rapport annuel juin 2026. Dépenses du système de retraite à 14,1 % du PIB en 2025, stabilité projetée jusqu’en 2045 puis 15,3 % en 2070 ; âge moyen de départ et pension relative.

Réserves : les agrégats de retraite peuvent différer selon qu’ils portent sur les seules pensions, les prestations ou l’ensemble des dépenses du système. Les comptes de santé ont connu des changements méthodologiques et de périmètre. Les comparaisons historiques doivent donc privilégier les séries rétropolées et éviter les additions entre agrégats non homogènes. Document établi à partir de statistiques publiques disponibles au 15 septembre 2026.


3. Les retraites en France – synthèse 2005-2026 : poids dans le PIB, coût de la vie et pouvoir d’achat

Mise à jour du dossier précédent avec un chapitre spécifique sur vingt ans d’évolution.

3.1 Les principaux constats

Sur les vingt dernières années, deux phénomènes doivent être distingués. Le poids des pensions dans le PIB a fortement progressé entre le milieu des années 2000 et le milieu des années 2010, puis s’est globalement stabilisé. Dans le même temps, le niveau général des prix a augmenté sensiblement, avec une accélération très marquée entre 2021 et 2023.

La série annuelle INSEE hors tabac passe de 88,30 en 2005 à 119,90 en 2025 (base 2015 = 100), soit une hausse cumulée de 35,8 %. Pour l’alimentation et les boissons non alcoolisées, l’indice passe de 86,60 à 134,84, soit +55,7 %. Pour l’énergie, l’indice passe de 76,60 à 150,55, soit +96,5 %.

Conclusion essentielle : l’inflation moyenne ne suffit pas à mesurer le coût de la vie ressenti par chaque retraité. Le résultat dépend fortement de la structure de ses dépenses, notamment alimentation, énergie, logement et santé.

3.2 Repères : retraites en pourcentage du PIB

AnnéeDépenses de retraite / PIBLecture
2005≈ 11,5 %Point de départ : poids sensiblement inférieur à celui des années 2010.
2010≈ 13,0 %Hausse rapide après la crise financière.
2014-2015≈ 13,7-13,8 %Palier élevé atteint au milieu des années 2010.
2019≈ 13,3-13,4 %Léger reflux avant la crise sanitaire.
2020pic exceptionnelHausse mécanique du ratio du fait de la chute du PIB.
202213,3 %Retour vers le niveau d’avant-Covid.
202313,1 %Niveau le plus bas depuis 2010 selon la DREES.

Le pic de 2020 ne signifie pas une explosion soudaine des pensions : le dénominateur, le PIB, s’est contracté brutalement pendant la crise sanitaire. C’est pourquoi il faut éviter d’interpréter isolément ce ratio.

3.3 Coût de la vie : série annuelle INSEE 2005-2025

AnnéeIndice IPC hors tabacHausse cumulée depuis 2005
200588,300,0 %
200689,791,7 %
200791,103,2 %
200893,656,1 %
200993,716,1 %
201095,067,7 %
201197,019,9 %
201298,8311,9 %
201399,5612,8 %
201499,9713,2 %
2015100,0013,3 %
2016100,1913,5 %
2017101,2014,6 %
2018102,8416,5 %
2019103,8017,6 %
2020104,0217,8 %
2021105,6419,6 %
2022111,3226,1 %
2023116,7332,2 %
2024118,8634,6 %
2025119,9035,8 %

Sur cette série homogène, le niveau général des prix augmente donc d’environ 35,8 % entre 2005 et 2025. Le rythme est relativement modéré jusqu’en 2020, puis s’accélère fortement en 2022 et 2023.

3.4 Les dépenses qui pèsent davantage sur certains retraités

PosteIndice 2005Indice 2025Hausse 2005-2025
IPC général hors tabac88,30119,90+35,8 %
Alimentation et boissons non alcoolisées86,60134,84+55,7 %
Énergie76,60150,55+96,5 %
Essence85,10125,02+46,9 %

Ces indices ne constituent pas un « panier du retraité ». Ils montrent seulement que certains postes ont évolué beaucoup plus vite que l’indice moyen. Deux retraités ayant la même pension peuvent donc ressentir très différemment l’inflation selon leur logement, leur mode de chauffage, leur mobilité et leur consommation.

3.5 Pensions nominales et pouvoir d’achat

Il faut distinguer l’augmentation en euros de la pension et son évolution en euros constants. La DREES relève par exemple qu’entre 2017 et 2023 la pension brute moyenne augmente en euros courants, mais recule en termes réels lorsque l’on corrige de l’inflation. Ce phénomène s’explique notamment par les périodes de sous-indexation ou de décalage entre l’inflation observée et les revalorisations.

À l’inverse, lorsque l’inflation ralentit après une forte revalorisation calculée sur l’inflation passée, le pouvoir d’achat des pensions peut temporairement progresser. C’est l’une des raisons pour lesquelles il faut étudier les retraites sur plusieurs années et non année par année.

3.6 Mise en perspective 2024-2026

Les publications récentes complètent ce constat de long terme. La DREES chiffre à 370 milliards d’euros les pensions versées en 2023, soit 13,1 % du PIB. Le COR 2026 revoit fortement certaines hypothèses démographiques, tandis que l’INSEE constate une amélioration du niveau de vie médian des retraités en 2024. Ces éléments ne sont pas contradictoires : la situation financière du système, le montant individuel des pensions et le niveau de vie des ménages retraités sont trois notions différentes.

3.7 Conclusion générale

Sur vingt ans, la France a consacré une part plus importante de sa richesse nationale aux retraites qu’au milieu des années 2000, mais cette part n’a pas augmenté continuellement : l’essentiel de la hausse s’est produit avant le milieu des années 2010. Parallèlement, le coût général de la vie a augmenté d’environ 36 % entre 2005 et 2025, avec des hausses nettement supérieures pour l’alimentation et surtout l’énergie.

La question centrale n’est donc pas seulement : « combien les pensions ont-elles augmenté ? », mais : « leur revalorisation a-t-elle compensé le panier de dépenses réellement supporté par les retraités ? ». Pour répondre individuellement, il faudrait construire un indice spécifique tenant compte de la structure de consommation d’un ménage retraité.

Sources principales

  • INSEE – Indice annuel des prix à la consommation, ensemble des ménages, France métropolitaine, ensemble hors tabac, série 001765618, données 2005-2025.
  • INSEE – Indices annuels de prix : alimentation et boissons non alcoolisées (001764364), énergie (001765607), essence (001764840).
  • DREES – Les retraités et les retraites, éditions 2022, 2024 et 2025.
  • COR – Rapports annuels 2024, 2025 et 2026.
  • Cour des comptes – Situation financière et perspectives du système de retraites, février 2025.
  • Agirc-Arrco – Données chiffrées sur les retraités, données 2024 publiées en 2026.

Note méthodologique – Les séries de prix sont des indices statistiques. Elles ne représentent pas directement le budget d’un ménage particulier. Les ratios retraites/PIB doivent être interprétés en tenant compte des variations du PIB.


4. Pensions de retraite et inflation : le bilan sur vingt ans

France – régime général – comparaison 2004-2025.

Le résultat officiel le plus solide est fourni par l’Assurance retraite : entre fin 2004 et fin 2024, les pensions du régime général ont été revalorisées de 35 %, tandis que l’inflation cumulée sur la même période a atteint 41 % (indice y compris tabac).

4.1 Ce que cela signifie pour le pouvoir d’achat

Si une pension valait 1 000 € fin 2004, une hausse cumulée de 35 % la porte théoriquement à 1 350 € fin 2024. Pour conserver exactement le même pouvoir d’achat face à une hausse des prix de 41 %, elle aurait dû atteindre 1 410 €. L’écart est donc de 60 € par mois pour chaque tranche de 1 000 € de pension initiale.

En termes relatifs, 1 350 / 1 410 = 95,7 %. La perte de pouvoir d’achat cumulée est donc d’environ 4,3 % sur vingt ans, avant prise en compte de la fiscalité et des prélèvements sociaux.

4.2 Pourquoi l’écart s’est créé

L’Assurance retraite indique qu’à partir de 2014 plusieurs mesures de maîtrise ont été appliquées : gels, décalages de dates de revalorisation et revalorisations inférieures à l’inflation. Sur 2014-2024, la revalorisation moyenne annuelle des pensions a été de 1,2 %, contre 1,6 % pour l’inflation hors tabac.

Période / annéeRevalorisation des pensionsInflation / observation
2014-2024 (moyenne/an)1,2 %1,6 % hors tabac
20210,4 %2,8 % en glissement annuel
20225,1 % au total*5,9 % en glissement annuel
20245,3 % au 1er janvierInflation en net ralentissement
20252,2 % au 1er janvierIPC annuel hors tabac : +0,9 % env.

* 1,1 % au 1er janvier 2022 puis revalorisation exceptionnelle de 4 % au 1er juillet 2022.

4.3 Le décalage d’indexation

Le mécanisme légal d’indexation s’appuie sur l’évolution des prix observée sur une période antérieure. Lorsque l’inflation accélère brutalement, les pensions peuvent donc prendre du retard. Lorsque l’inflation ralentit, le phénomène inverse peut se produire. Les écarts durables proviennent surtout des décisions de gel, de sous-indexation ou de décalage.

4.4 Repère 2005-2025 sur les prix

La série annuelle INSEE de l’IPC hors tabac passe de 88,30 en 2005 à 119,90 en 2025, soit +35,8 %. Cette mesure n’est pas strictement identique au calcul « fin 2004-fin 2024 » de l’Assurance retraite, qui utilise notamment une comparaison en glissement et publie aussi l’inflation y compris tabac. Il ne faut donc pas mélanger directement les deux séries.

4.5 Conclusion

Sur vingt ans, les pensions de base n’ont donc pas totalement suivi les prix : selon le bilan officiel de l’Assurance retraite, la revalorisation cumulée de 35 % entre fin 2004 et fin 2024 est inférieure à l’inflation cumulée de 41 %. Pour une pension inchangée dans sa structure, cela correspond à une érosion réelle d’environ 4,3 %.

Sources : Assurance retraite, Recueil statistique 2025 – données 2024 ; circulaires CNAV de revalorisation ; INSEE, IPC annuel hors tabac, série 001765618.


5. Pouvoir d’achat d’un cadre retraité depuis 2005

Simulation pédagogique – pension initiale de 3 000 € par mois en 2005.

Hypothèse : 40 % de retraite de base (1 200 €) et 60 % de retraite complémentaire (1 800 €). Pour la partie complémentaire antérieure à 2019, on retient à titre illustratif une répartition 50/50 entre droits Arrco et droits Agirc. Cette hypothèse est nécessaire car la situation réelle dépend du nombre de points détenus dans chacun des deux anciens régimes.

5.1 Inflation 2005-2025

L’IPC annuel hors tabac de l’INSEE passe de 88,30 en 2005 à 119,90 en 2025. Le niveau général des prix augmente donc de 35,8 %. Une pension de 3 000 € en 2005 devrait atteindre environ 4 074 € en 2025 pour conserver exactement le même pouvoir d’achat.

5.2 Retraite complémentaire du cadre

Entre 2005 et 2018, les valeurs de service des points Arrco et Agirc ont progressé beaucoup moins vite que les prix sur l’ensemble de la période, avec plusieurs années de gel. À partir de 2019, les droits ont été convertis dans le régime unifié Agirc-Arrco. La valeur de service du point unifié est de 1,4386 € depuis novembre 2024 et n’a pas été revalorisée en novembre 2025.

Élément20052025Évolution estimée
Prix (IPC hors tabac)88,30119,90+35,8 %
Point Arrco / équivalent AA1,1104 €1,4386 €+29,6 %
Ancien point Agirc / équivalent AA0,3940 €—+27,0 % env.
Complémentaire simulée (50/50)1 800 €≈ 2 309 €+28,3 %

5.3 Ordre de grandeur pour la pension totale

Pour la retraite de base, les comparaisons dépendent du choix des dates (moyenne annuelle ou valeur au 31 décembre). Le bilan officiel de l’Assurance retraite indique une revalorisation cumulée de 35 % entre fin 2004 et fin 2024, contre 41 % d’inflation sur cette convention de mesure. La retraite de base a ensuite été revalorisée de 2,2 % au 1er janvier 2025.

Dans notre simulation, la faiblesse relative de la complémentaire est déterminante : une hausse d’environ 28 % de la partie complémentaire est inférieure à la hausse de 35,8 % des prix entre les moyennes annuelles 2005 et 2025. Un cadre dont 60 % de la pension provient de la complémentaire est donc plus exposé à une érosion du pouvoir d’achat qu’un retraité dont la pension repose davantage sur le régime de base.

5.4 Exemple en euros constants

Le seuil de maintien du pouvoir d’achat est de 4 074 € pour une pension initiale de 3 000 €. La seule partie complémentaire de 1 800 € devrait atteindre environ 2 444 € pour suivre l’IPC ; notre simulation fondée sur les valeurs de points aboutit à environ 2 309 €, soit un manque de l’ordre de 135 € par mois sur cette composante. Le résultat total dépend ensuite de l’évolution exacte de la retraite de base du cas considéré.

5.5 Pourquoi il ne faut pas donner un chiffre unique pour tous les cadres

Avant 2019, un cadre détenait simultanément des points Arrco et Agirc. La proportion entre les deux variait selon sa carrière et son niveau de salaire. Deux cadres percevant la même retraite complémentaire en 2005 peuvent donc présenter une évolution légèrement différente jusqu’à la fusion. Pour un calcul individuel exact, il faut connaître le montant ou le nombre de points Arrco et Agirc détenus en 2005.

Sources : INSEE, IPC annuel hors tabac série 001765618 ; Agirc-Arrco, compilation historique des valeurs de service des points Arrco, Agirc et Agirc-Arrco ; Assurance retraite, statistiques de revalorisation des pensions.


6. Les retraités en France – 2005 à 2024 : démographie, poids économique et étude de la fiscalité des pensions

Résumé exécutif

Entre 2005 et 2024, le nombre de retraités de droit direct est passé d’environ 13,3 millions à 17,3 millions, soit une hausse proche de 30 %. Parallèlement, les pensions constituent une composante majeure du revenu des ménages et des dépenses sociales.

La fiscalité des retraités repose sur deux étages distincts : les prélèvements sociaux sur les pensions (CSG, CRDS, CASA et, dans certains cas, cotisation maladie sur certaines retraites complémentaires) et l’impôt sur le revenu. Les pensions imposables bénéficient d’un abattement forfaitaire de 10 %, plafonné au niveau du foyer fiscal.

Le résultat le plus robuste pour mesurer le prélèvement social moyen est fourni par la DREES : en 2023, la pension moyenne de droit direct des retraités résidant en France était de 1 666 € brut et de 1 541 € net de prélèvements sociaux. L’écart est donc de 125 € par mois, soit environ 7,5 € de prélèvements sociaux pour 100 € de pension brute. Ce chiffre n’inclut pas l’impôt sur le revenu.

6.1 Repères démographiques et économiques

AnnéeRetraités de droit directRepère pensions / PIB
200513,263 M11,5 % (série DREES révisée)
201015,082 M12,9 %
201515,980 M13,7 %
202016,674 Mannée atypique : ratio fortement affecté par la chute du PIB
202216,975 M353 Md€ ; 13,4 % du PIB
202317,2 M env.≈ 370 Md€ ; 13,1 % du PIB
202417,3 Mpension brute moyenne : 1 705 €/mois

Les périmètres statistiques diffèrent selon les publications : DREES (pensions versées), COR (dépenses du système de retraite) et DGFiP (pensions et rentes déclarées). Ils ne doivent pas être additionnés ni assimilés.

6.2 Fiscalité des pensions : architecture

Impôt sur le revenu. Les pensions de retraite imposables entrent dans le barème progressif de l’IR. L’administration applique automatiquement un abattement de 10 %, avec minimum et plafond actualisés chaque année. Le montant de l’impôt dépend donc du foyer fiscal dans son ensemble : pension du conjoint, revenus fonciers, capitaux mobiliers, nombre de parts, réductions et crédits d’impôt, etc.

Prélèvements sociaux. Le taux de CSG applicable dépend du revenu fiscal de référence du foyer. Il existe une exonération, un taux réduit de 3,8 %, un taux médian de 6,6 % et un taux plein de 8,3 %. La CRDS est de 0,5 % lorsqu’elle est due. La CASA, créée en 2013, est de 0,3 % pour les pensions concernées. Certaines retraites complémentaires peuvent également supporter une cotisation maladie de 1 %.

Évolution du taux plein de CSG sur les pensions : il était de 6,6 % à partir de 2005. Il a été porté à 8,3 % en 2018. À partir de 2019, un taux médian de 6,6 % a été réintroduit pour une partie des retraités. Source : Commission des comptes de la Sécurité sociale / DSS.

6.3 Évolution des prélèvements sociaux depuis 2005

PériodeCSG sur pensionsCRDSCASAObservation
2005-20120 / 3,8 / 6,6 %0 ou 0,5 %–Taux selon situation fiscale
2013-20170 / 3,8 / 6,6 %0 ou 0,5 %0 ou 0,3 %Introduction de la CASA
20180 / 3,8 / 8,3 %0 ou 0,5 %0 ou 0,3 %Hausse de 1,7 point du taux plein
2019-20240 / 3,8 / 6,6 / 8,3 %0 ou 0,5 %0 ou 0,3 %Création/rétablissement du taux médian

La Commission des comptes de la Sécurité sociale estime le taux moyen de CSG sur l’ensemble des pensions, y compris celles exonérées, à 5,7 % en 2017, 6,8 % en 2018, 6,3 % en 2019 et 6,2 % en 2020-2021. Le rendement de la CSG sur les retraites était de 17,2 Md€ en 2017 et se situait autour de 21 Md€ au début des années 2020.

6.4 Le cas 2023 : combien reste-t-il sur 100 € de pension ?

Indicateur DREES 2023MontantPour 100 € brut
Pension moyenne brute1 666 €/mois100,0 €
Pension moyenne nette de prélèvements sociaux1 541 €/mois92,5 €
Écart brut-net social (calcul)125 €/mois7,5 €

Calcul : (1 666 – 1 541) / 1 666 = 7,50 %. Il s’agit d’une moyenne statistique implicite à partir des montants DREES et non du taux applicable à chaque retraité.

Cette moyenne est cohérente avec l’existence de quatre situations de CSG : certains retraités sont exonérés, d’autres supportent 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %, auxquels peuvent s’ajouter CRDS, CASA et éventuellement cotisation maladie. Le prélèvement réel d’un individu peut donc être très différent de 7,5 %.

6.5 Impôt sur le revenu : pourquoi il ne faut pas appliquer un taux moyen arbitraire

La DGFiP publie la masse des pensions et rentes déclarées et l’impôt total, mais ces deux agrégats ne permettent pas de calculer directement l’IR payé par les seuls retraités. En 2024, les pensions et rentes représentent environ 26 % des revenus nets déclarés. Cela ne signifie pas que les retraités acquittent 26 % de l’IR : l’impôt est progressif et dépend de tous les revenus du foyer.

L’ERFS de l’Insee permet en principe de croiser pensions, caractéristiques du ménage et impôts acquittés. Une série annuelle homogène 2005-2024 de l’IR effectivement payé par les ménages retraités nécessite toutefois une exploitation dédiée des microdonnées ou de tableaux spécifiques. Le présent rapport ne fabrique donc pas une fausse série.

6.6 Illustration : prélèvements sociaux selon le niveau de CSG

SituationCSGCRDSCASATotal social indicatif*
Exonération0 %0 %0 %0 %
Taux réduit3,8 %0,5 %0 %4,3 %
Taux médian6,6 %0,5 %0,3 %7,4 %
Taux plein8,3 %0,5 %0,3 %9,1 %

* Hors éventuelle cotisation maladie de 1 % sur certaines retraites complémentaires/supplémentaires. Les seuils de RFR et règles d’assujettissement évoluent chaque année.

6.7 Lecture sur vingt ans

  • 2005-2012 : le taux plein de CSG sur pension est de 6,6 %. Avec la CRDS, le prélèvement social maximal courant atteint 7,1 % sur la pension concernée.
  • 2013-2017 : la CASA de 0,3 % s’ajoute pour les retraités concernés, portant le prélèvement CSG + CRDS + CASA à 7,4 % au taux plein.
  • 2018 : le taux plein de CSG passe de 6,6 % à 8,3 %. Pour un retraité au taux plein, CSG + CRDS + CASA représentent alors 9,1 % avant éventuelle cotisation maladie sur complémentaire. La Commission des comptes chiffre à environ 4,2 Md€ le rendement supplémentaire lié à cette hausse en 2018.
  • Depuis 2019 : le taux médian de 6,6 % réduit la charge pour une partie des retraités. Le taux moyen de CSG sur toutes les pensions redescend ainsi de 6,8 % en 2018 à 6,3 % en 2019 puis 6,2 % en 2020-2021.

6.8 Conclusion générale

Sur vingt ans, la population retraitée a progressé d’environ 30 % et le poids des pensions s’est accru. Dans le même temps, la fiscalité sociale des pensions s’est renforcée pour les retraités aux revenus les plus élevés, particulièrement avec la hausse de CSG de 2018.

Pour mesurer le « retour aux administrations » sur 100 € de pension, le chiffre actuellement le plus solide est donc : environ 7,5 € de prélèvements sociaux pour 100 € de pension brute en moyenne en 2023, d’après l’écart DREES entre pension brute et nette. À cela s’ajoute l’impôt sur le revenu pour les foyers imposables. En revanche, faute de ventilation officielle annuelle complète de l’IR par statut de retraité, il serait méthodologiquement incorrect de transformer ce dernier en un taux moyen national 2005-2024 sans exploitation fiscale spécifique.

En conséquence, le « coût net » des retraites pour les finances publiques ne peut pas être obtenu en retranchant mécaniquement un pourcentage unique de fiscalité de la masse des pensions. Une analyse complète doit distinguer pensions brutes, CSG/CRDS/CASA, IR des ménages retraités, autres revenus des retraités et périmètre des dépenses de retraite.

Sources principales : DREES, Les retraités et les retraites – édition 2025 ; DREES, données EACR/ANCETRE 2004-2024 ; Direction de la Sécurité sociale / Commission des comptes de la Sécurité sociale, « La CSG sur les pensions de retraite » ; DGFiP, statistiques de l’impôt sur le revenu et pensions/rentes ; impots.gouv.fr, régime fiscal des pensions ; Insee, Enquête Revenus fiscaux et sociaux (ERFS). Note méthodologique : les montants calculés dans ce document sont signalés comme tels. Les taux individuels dépendent de la situation fiscale du foyer et ne doivent pas être confondus avec les moyennes nationales.


7. Glossaire des principaux termes utilisés

Ce glossaire complète le dossier sur les retraites en France et facilite la lecture des notions économiques, sociales, statistiques et fiscales.

PIB – Produit intérieur brut. Valeur totale des biens et services produits sur le territoire d’un pays pendant une période donnée, généralement une année. Le ratio « dépenses de retraite / PIB » mesure le poids des retraites par rapport à la richesse produite.

Croissance économique. Augmentation du PIB en volume, c’est-à-dire corrigée de l’évolution des prix. Une croissance positive signifie que l’économie produit davantage qu’au cours de la période précédente.

Inflation. Hausse générale et durable du niveau des prix. Elle réduit le pouvoir d’achat d’une somme d’argent lorsque les revenus n’augmentent pas au même rythme.

IPC – Indice des prix à la consommation. Indicateur calculé par l’INSEE pour mesurer l’évolution moyenne des prix des biens et services consommés par les ménages. Il constitue la principale mesure de l’inflation en France.

Pouvoir d’achat. Quantité de biens et de services qu’un revenu permet d’acheter. Il augmente lorsque les revenus progressent plus vite que les prix et diminue dans le cas inverse.

Euros courants. Montants exprimés aux prix de l’année considérée, sans correction de l’inflation.

Euros constants. Montants corrigés de l’inflation afin de comparer le pouvoir d’achat réel entre plusieurs années.

Revalorisation des pensions. Augmentation appliquée au montant des pensions. Elle vise notamment à tenir compte de l’évolution des prix, selon les règles propres à chaque régime.

Indexation. Mécanisme par lequel l’évolution d’une prestation ou d’un montant est liée à celle d’un indice de référence, par exemple l’indice des prix.

Sous-indexation. Revalorisation inférieure à l’évolution de l’indice de référence. Si une pension augmente moins vite que les prix, son pouvoir d’achat réel diminue.

Pension de droit direct. Pension acquise par une personne au titre de sa propre carrière et de ses propres cotisations.

Pension de réversion. Part d’une pension de retraite versée, sous certaines conditions, au conjoint ou ex-conjoint survivant d’un assuré décédé.

Régime général. Principal régime de retraite de base des salariés du secteur privé, géré par l’Assurance retraite.

Retraite complémentaire. Pension venant s’ajouter à la retraite de base. Pour les salariés du secteur privé, le principal régime complémentaire obligatoire est l’Agirc-Arrco.

Masse des pensions. Montant total des pensions versées à l’ensemble des retraités pendant une période donnée.

Dépenses de retraite. Ensemble des dépenses consacrées aux pensions et, selon le périmètre statistique retenu, à certaines autres prestations ou charges du système de retraite.

Prélèvements sociaux. Contributions prélevées sur certaines pensions, notamment la CSG, la CRDS et la CASA, selon le revenu fiscal et la situation du retraité.

CSG – Contribution sociale généralisée. Prélèvement destiné au financement de la protection sociale. Plusieurs taux peuvent s’appliquer aux pensions selon la situation fiscale du foyer.

CRDS – Contribution au remboursement de la dette sociale. Prélèvement affecté au remboursement de la dette sociale, applicable notamment à certaines pensions.

CASA – Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie. Contribution prélevée sur certaines pensions afin de participer au financement de l’autonomie des personnes âgées et handicapées.

Impôt sur le revenu – IR. Impôt progressif calculé sur les revenus imposables du foyer fiscal, après application des règles, abattements et déductions prévus par la loi.

Revenu déclaré. Revenu porté dans la déclaration fiscale avant l’application de certaines corrections permettant d’obtenir le revenu imposable.

Abattement fiscal. Réduction appliquée à une base de revenus avant le calcul de l’impôt. Les pensions imposables bénéficient notamment d’un abattement forfaitaire de 10 %, soumis à des limites.

Taux de pauvreté. Part de la population dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté retenu, généralement fixé en France à 60 % du niveau de vie médian.

Niveau de vie. Revenu disponible du ménage rapporté au nombre d’unités de consommation, afin de tenir compte de la taille et de la composition du ménage.

Médiane. Valeur qui partage une population en deux groupes égaux : 50 % se situent en dessous et 50 % au-dessus.

DREES. Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques. Service statistique public produisant notamment les données de référence sur les retraites, la santé et la protection sociale.

COR – Conseil d’orientation des retraites. Organisme chargé d’analyser et de suivre les perspectives financières et sociales du système français de retraite à moyen et long terme.

INSEE. Institut national de la statistique et des études économiques. Il produit notamment les données sur le PIB, la croissance, les prix, les revenus et les niveaux de vie.

DGFiP. Direction générale des Finances publiques. Elle administre notamment l’impôt et produit des données fiscales, dont celles relatives aux pensions et rentes déclarées.

Projection. Estimation de l’évolution future construite à partir d’hypothèses démographiques, économiques et réglementaires. Une projection n’est pas une prévision certaine.

Point de PIB. Unité correspondant à 1 % du PIB. Passer de 11,5 % à 13,1 % du PIB représente une hausse de 1,6 point de PIB, et non une hausse de 1,6 %.

Variation en pourcentage. Évolution relative entre une valeur de départ et une valeur d’arrivée. Elle se distingue d’une variation exprimée en points de pourcentage.


8. Fiscalité des retraités : abattement de 10 % sur les pensions, frais professionnels et abattements supplémentaires – historique politique 2005-2026

Point essentiel. La déduction forfaitaire de 10 % applicable aux salaires et l’abattement de 10 % applicable aux pensions ont le même taux, mais pas la même justification juridique. La première compense forfaitairement les frais professionnels. Le second est un avantage fiscal propre aux pensions et retraites.

Cette distinction est explicitement rappelée par le Gouvernement dès 2005 : la comparaison mécanique entre les deux dispositifs n’est pas pertinente, puisque le retraité n’engage plus, par définition, de frais professionnels au titre de sa pension. Cette doctrine est répétée dans plusieurs réponses ministérielles au cours des années suivantes.

8.1 Chronologie politique et fiscale

PériodeActeur / sourcePosition ou débatLecture
2005Gouvernement – réponse à Daniel Boisserie (PS)Refuse d’aligner le plafond des retraités sur celui des salariés.Les deux 10 % ont des fonctions différentes.
2007Francis Falala (UMP) / GouvernementQuestion sur la différence de traitement et la discrimination liée à l’âge.Le Gouvernement maintient la distinction et invoque la protection des retraités modestes et moyens.
2008William Dumas (SRC) / GouvernementSouligne l’écart entre le plafond des salariés (13 328 €) et celui des pensions (3 446 € par foyer).Le Gouvernement réaffirme que l’abattement retraite n’est pas lié aux frais professionnels.
Années 2010Débats parlementaires et budgétairesLe coût de l’avantage fiscal et son ciblage deviennent plus présents dans le débat.La logique de soutien au revenu des retraités demeure.
2024-2025Rapports parlementaires / documents budgétairesLa finalité officielle est résumée par : « aider les personnes retraitées ».Le dispositif est de plus en plus analysé comme une dépense fiscale.
2025-2026Projet de loi de finances 2026Projet de remplacement du 10 % par un forfait de 2 000 € par retraité et recentrage de l’article 157 bis sur l’invalidité.Tournant : recherche d’économies et ciblage plus redistributif.
2025-2026SénatPréférence pour le maintien du taux de 10 %, avec plafond ramené à 3 000 €.Solution intermédiaire entre maintien intégral et forfaitisation.
2026Gouvernement / texte finalLa réforme de l’abattement sur les pensions est finalement retirée.Le principe du 10 % est conservé.
Sept. 2026Gérard Leseul (Socialistes et apparentés)Relance le débat sur l’écart des plafonds : 14 555 € par salarié contre 4 439 € par foyer pour les pensions (revenus 2025).La question d’équité actifs/retraités demeure politiquement ouverte.

8.2 Pourquoi les deux « 10 % » ne sont pas équivalents

Salariés. La déduction de 10 % est une déduction pour frais professionnels. Elle est individualisée par salarié et peut être remplacée par la déduction des frais réels justifiés.

Retraités. L’abattement de 10 % est appliqué aux pensions imposables. Son plafond est apprécié au niveau du foyer fiscal. Il ne correspond pas à des frais professionnels. Les justifications historiques évoquées dans les travaux parlementaires comprennent notamment la modération de la pression fiscale au passage à la retraite, les dépenses de santé plus élevées, la protection des faibles pensions et le fait que les pensions sont déclarées par des tiers.

Conséquence. L’argument politique « les retraités n’ont plus de frais professionnels, donc il faut supprimer leurs 10 % » est incomplet : il assimile deux mécanismes auxquels l’administration fiscale attribue précisément des fonctions différentes.

8.3 L’abattement supplémentaire lié à l’âge ou à l’invalidité

À côté de l’abattement de 10 % sur les pensions existe l’abattement spécial prévu par l’article 157 bis du code général des impôts. Il est accordé, sous conditions de revenu, aux contribuables âgés de plus de 65 ans et à certaines personnes invalides. Il s’agit d’un avantage distinct : il ne faut donc pas l’additionner conceptuellement avec les 10 % comme s’il s’agissait d’un seul dispositif.

Le projet de loi de finances pour 2026 proposait de supprimer le critère d’âge et de recentrer cet abattement sur les seules personnes invalides. Cette proposition illustre un changement de philosophie : passer d’un avantage lié à l’âge à une aide davantage ciblée sur une situation particulière.

8.4 Le tournant 2025-2026

Le projet initial pour 2026 prévoyait de sortir les pensions de retraite du champ de l’abattement proportionnel de 10 % et de créer à la place un abattement forfaitaire de 2 000 € par retraité. Un forfait favorise relativement les pensions faibles et réduit l’avantage des pensions élevées.

Le Sénat a retenu une autre approche : conserver le principe proportionnel de 10 %, mais réduire son plafond à 3 000 €. Le Gouvernement a finalement supprimé la réforme de l’abattement sur les pensions du texte sur lequel il a engagé sa responsabilité.

8.5 Simulations simples : qui aurait gagné ou perdu avec un forfait de 2 000 € ?

Pension annuelleAbattement 10 % théorique*Forfait 2 000 €Effet brut sur la base imposable
15 000 €1 500 €2 000 €base imposable réduite de 500 €
20 000 €2 000 €2 000 €neutre
25 000 €2 500 €2 000 €base imposable accrue de 500 €
30 000 €3 000 €2 000 €base imposable accrue de 1 000 €
40 000 €4 000 €2 000 €base imposable accrue de 2 000 €
60 000 €4 439 €2 000 €base imposable accrue de 2 439 €
80 000 €4 439 €2 000 €base imposable accrue de 2 439 €

* Simulation pédagogique utilisant le plafond de 4 439 € cité pour les revenus 2025. Elle ne constitue pas un calcul d’impôt complet : quotient familial, autres revenus, abattement lié à l’âge, crédits/réductions et prélèvements sociaux ne sont pas pris en compte.

Lecture des simulations. Pour une personne seule, le point d’équilibre théorique entre un abattement de 10 % et un forfait de 2 000 € se situe autour de 20 000 € de pension annuelle. En dessous, le forfait peut être plus favorable ; au-dessus, il devient progressivement moins favorable jusqu’à ce que le plafond du 10 % soit atteint. Pour les couples, l’effet dépend du montant de pension de chacun, car le projet de forfait était conçu par retraité alors que le plafond actuel des 10 % s’apprécie au niveau du foyer.

8.6 Analyse des arguments politiques

ArgumentEn faveur du maintienEn faveur d’une réforme
Nature du dispositifAvantage historique distinct des frais professionnels ; soutien fiscal aux retraités.Un avantage proportionnel procure davantage d’économie d’impôt aux pensions élevées jusqu’au plafond.
Pouvoir d’achatLes retraités subissent inflation, santé et prélèvements sociaux ; supprimer l’abattement augmente la base imposable.Un forfait peut protéger davantage les petites pensions tout en réduisant la dépense fiscale.
Équité actifs/retraitésComparer les plafonds est trompeur car les dispositifs n’ont pas le même objet.Le même taux de 10 % entretient une confusion et peut paraître difficile à justifier politiquement.
Finances publiquesLa stabilité fiscale est importante pour des revenus souvent peu ajustables.La hausse du coût budgétaire conduit à rechercher un meilleur ciblage.

8.7 Conclusion

Sur vingt ans, le débat n’oppose donc pas simplement « actifs qui ont des frais » et « retraités qui n’en ont plus ». L’administration et les gouvernements ont constamment distingué la déduction professionnelle des salariés de l’abattement fiscal des pensions. Le véritable débat est devenu celui de la finalité de cet avantage : soutien général aux retraités ou aide ciblée sur les pensions modestes.

La séquence 2025-2026 marque à cet égard une rupture : pour la première fois depuis longtemps, une transformation structurelle du mécanisme a été mise au cœur du projet budgétaire. Son abandon ne clôt pas le sujet. La question parlementaire déposée en septembre 2026 montre que l’écart de traitement entre actifs et retraités reste un thème politique actuel.

Sources officielles principales

Assemblée nationale : questions écrites n° 66980 (2005), n° 117566 (2007), n° 6157 (2008), n° 17879 (1er septembre 2026) ; rapport parlementaire n° 1888 relatif aux dépenses fiscales bénéficiant aux retraités. Sénat : travaux sur l’article 6 du projet de loi de finances pour 2026, rapports n° 139 et n° 312. Code général des impôts : articles 83, 157 bis et 158.

Note méthodologique : les déclarations politiques sont distinguées des règles effectivement applicables. Les montants historiques cités correspondent à l’année de revenus ou d’imposition indiquée par la source et ne doivent pas être comparés sans tenir compte de l’indexation.


Roland Soullie – Bust, le 21 septembre 2026

La formule magique de Trump pour calculer les droits de douane ;du jour de libération au temps de pause, un parcours chaotique !

Une méthode simple, (simpliste), facile, et, qui peut rapporter gros, (pas sûr).

La formule magique est la suivante : (Déficit commercial/Exportation) x 100 /2

Pour calculer les nouveaux droits de douane, l’administration américaine a inventé une formule consistant à appliquer une règle de 3 aux données suivantes :

-au numérateur, le déficit commercial des EU par rapport au pays concerné,

-au dénominateur, les exportations du pays vers les EU,

– le rapport ainsi obtenu est multiplié par 100 pour obtenir un pourcentage.

– ensuite, ce pourcentage est divisé par deux et arrondi.

Prenons comme exemple l’Union Européenne :

-déficit commercial EU par  rapport à UE: 235 milliards

-exportation de UE vers EU : 605 milliards

-soit 235/605 = 0,39 x 100 = 39%, divisé par 2 soit 19,5, arrondi à 20%.

Le taux de 20% va donc s’appliquer et s’ajoute à celui déjà en place de 1,2% pour s’établir à 21,2% pour 56 pays de l’UE avec une mise en place en deux temps.

Dès le 5 avril, toutes les importations américaines sont taxées à 20%, et le 9 avril s’appliqueront en sus les droits de douanes spécifiques.

Ce taux sera de 34% pour la Chine,, 46% pour le Vietnam, 26% pour l’Inde, 32% pour la Suisse, 10% pour la Russie, le Royaume Uni et la Norvège.

La palme revient au Lesotho, (population 2,3 millions) avec un taux de 50%.

Ce lundi 7 avril, nouvel exploit de Trump qui décide de rajouter 50% aux droits de douane des produits chinois par mesure de rétorsion à la taxation à 34% des produits américains, (qui fait suite à la taxation de 34% décidée par Trump). En représailles la Chine a annoncé ce jour une augmentation de 50% des droits de douane, pour les porter à 84%……(et, ce n’est pas fini).

Quelles sont les raisons invoquées par Trump pour justifier ces hausses vertigineuses des droits de douane ?

L’argumentation américaine est un exemple concret de vrai-fausse affirmations, à savoir que le déficit commercial des EU depuis 1970 est la conséquence des autres pays qui « arnaquent » les EU ! C’est la faute au libre-échange, !.

De son côté le chef du conseil des économistes de la Maison Blanche indique que la demande internationale de dollars obligent les EU à maintenir des déficits.

Bref, le cours du dollar est trop élevé, ce qui induit des exportations des EU moins compétitives et constituerait un « fardeau » pour les entreprises du pays.

L’UE représente 22% des exportations vers les EU, le Royaume Uni 15%, l’Allemagne 11%.

La France ne représente que 6,2% des exportations vers les EU.

Les principaux produits exportés concerne le domaine de l’aviation, (4,7milliards€), les turbines à gaz pour 4,4, les vins et spiritueux pour 4,2, les produits pharmaceutiques 3,7, et les parfums cosmétiques pour 3,4.

Sans entrer dans le détail des points de vue des économistes, il existe un consensus  pour affirmer que l’ensemble des acteurs économiques des EU, (entreprises, particuliers, état fédéral), consomment bien plus qu’ils ne produisent !

Le déficit commercial1 des EU est passé de +3508 millions$ en 1960 à -917 835 en 2024.

Mais l’analyse des chiffres montre que ce déficit provient exclusivement de l’échange des biens.

En effet, dans la catégorie des services,(tourisme, finances, brevets, logiciels, cloud), l’excédent est d’environ 300 milliards.

Il est encore trop tôt pour tirer des enseignements de ces décisions annoncées le « jour de libération » et qui constituent un véritable tsunami de taxes douanières.

Quelques pays concernés envisagent des mesures de rétorsion à l’instar de la Chine et de l’UE. D’autres cherchent à négocier une atténuation des mesures.

Une chose est sûre, les accords de l’Organisation mondiale du commerce sont piétinés.

Depuis l’annonce de la mise en place de ces droits l’ensemble des bourses chutent, ainsi  2 500 milliards $ de capitalisation se sont envolés.

Les 7 plus belles entreprises ont perdu en un jour 1 000 milliards de capitalisation.

Aux EU, les premières victimes sont les retraités et les épargnants mais les plus riches ont également perdus beaucoup d’argent, (Musk, 31 milliards en 2 jours). Sniff !

A suivre………

Annexe 1 principaux chiffres de la balance commerciale française 20242

Biens en milliards €Services en milliards €
exportations598,3exportations362,6
importations679,3importations313,7
solde-81solde48,9

A retenir : le déficit commercial de nos échanges avec la Chine, (41,9m) est 10 fois supérieur à celui du déficit commercial avec les EU.

Suite 1  maj du 10 avril

Après le « jour d’indépendance » et de « libération, voici venu le « temps de pause », le Président Trump a annoncé le 9 avril, la suspension pour 90 jours des mesures annoncées ; sauf pour la Chine.

Conséquence, pendant ces 90 jours les droits de douane restent fixés à 10%, et, à 125% pour la Chine.

Immédiatement les marchés boursiers sont repartis à la hausse.

Selon la Maison Blanche, ni les marchés, ni les médias, ni les consommateurs n’avaient rien compris de la stratégie du Président. Le chef adjoint de l’administration présidentielle en rajoute une couche en déclarant « vous venez d’assister au plus grand cours magistral de stratégie économique de l’histoire de la part d’un président américain ».

Il est urgent pour nous tous de lire l’ouvrage de Trump, « l’Art de la négociation »

A suivre…..


1Biens et services

2Rapport du 7 2 2025  Direction générale du Trésor

Focus sur le présent d’usage

Définition.

Le présent d’usage est un cadeau que l’on offre à un membre de sa famille ou à un très proche, et, ceci à une occasion spécifique.
Il permet donc de faire des dons d’un bien1 ou d’une somme d’argent. Il n’est pas imposable, (contrairement à une donation).
C’est la raison pour laquelle, il est important d’en connaître les règles de fonctionnement sous peine de déconvenues……. fiscales.
En effet, il convient de distinguer le présent d’usage et le don annuel.
Le présent d’usage n’est jamais rapporté à la succession contrairement au don manuel.

Utilisation du présent d’usage.

Il peut être fait à l’occasion d’un anniversaire, de fêtes de fin d’année, de réussite à un examen, du permis de conduire, de fiançailles, de la conclusion d’un Pacs, mariage, naissance d’un enfant….

Combien ?

C’est la question que vous vous posez.

Sachez qu’il n’existe pas de barème fiscal du présent d’usage.
Le code civil ne donne pas de définition du présent d’usage, il se contente d’y faire référence de la façon suivante :
-« le caractère du présent d’usage s’apprécie à la date, ou il est consenti et compte tenu de la fortune du disposant ».
Il n’y a donc pas de montant maximum.

Mais au fil du temps, et, compte tenu de l’évolution de la jurisprudence, les praticiens conseillent :
–de ne pas accorder de présent d’usage qui excède 2% du patrimoine du donateur, ni 2,5% de son revenu annuel.
Le dépassement de ces limites aurait pour effet de requalifier le présent d’usage en une donation.

Gardez à l’esprit la référence du code civil, la valeur du présent ne doit pas être disproportionnée par rapport au patrimoine, et, aux ressources du donateur. Le présent doit être en rapport avec l’événement.

Il convient donc d’être extrêmement prudent, et, de se faire conseiller par un professionnel.
Par ailleurs, n’oubliez pas de garder tous les justificatifs de vos calculs.

Référence :

Article 852 du Code Civil
Les frais de nourriture, d’entretien, d’éducation, d’apprentissage, les frais ordinaires d’équipement, ceux de noces et les présents d’usage ne doivent pas être rapportés, sauf volonté contraire du disposant.
Le caractère de présent d’usage s’apprécie à la date où il est consenti et compte tenu de la fortune du disposant.

1Le présent d’usage ne peut être un bien immobilier, mais il est possible de donner des meubles, des bijoux, une somme d’argent.

La fiscalité des dons familiaux change !

La loi de finances 2025 fait évoluer les dons familiaux dans son article 71.

Désormais les dons à un enfant, petit-enfant et arrière-petit enfant, ou à défaut, à un neveu ou une nièce, et, destinés à l’acquisition ou à la rénovation énergétique d’un logement, sont exonérés de droits dans la double limite de 100 000€ par un même donateur1 à un même donataire2, et, de 300 000€ par donataire.

Définition du don familial.

Le don familial est l’acte qui permet à une personne de transmettre une somme d’argent à l’un des membres de sa famille sans payer d’impôts.

Cette exonération fiscale (TEPA) est une branche supplémentaire de la donation.

Ainsi les dons des sommes d’argent entre les membres d’une même famille ne donnent pas systématiquement lieu, à un paiement de l’impôt.

En conséquence, le bénéficiaire du don (donataire),peut obtenir , sous condition, un abattement ET une exonération sur les droits de donation.

Abattement sur les dons familiaux.

Ils bénéficient TOUS d’un abattement , qui varie en fonction du lien de parenté entre le donateur et le donataire. L’abattement est déduit du montant de la donation, ainsi les droits sont calculés sur le montant après l’abattement.

L’abattement s’applique en une ou plusieurs fois, tous les quinze ans.

Exemples :

-dans le cadre d’une donation en ligne directe, d’une somme de 150 000€, les droits de succession s’appliqueront sur la somme de 150 000 – 100 000 = 50 000.

Si la donation avait été de  100 000, l’abattement efface la taxation.

Dans ces deux exemples, le délai de franchise  sera de 15 ans.

-pour un don de 80 000, aucune taxation ne sera exigible, et il restera un solde disponible de 20 000. Le délai de franchise sera décompté à compter de la dernière donation.

Exonération sur les dons familiaux.

Pour le don familial d’une somme d’argent, cette dernière est exonérée des droits  de donation dans la limite d’une somme de 31 865€3, sous les conditions suivantes : (pour un don d’un même donateur à un même donataire),

-le donateur doit avoir moins de 80 ans ;

-le donataire, (bénéficiaire), doit être majeur ou émancipé,

-le don doit être déclaré à l’administration fiscale dans le mois qui suit le versement des fonds.

Le don peut être effectué par chèque, virement, mandat, ou remise d’espèces. Il est très fortement conseillé de conserver la traçabilité du ou des versements.                     Les paiements par chèque ou par virement sont à privilégier.

L’exonération est renouvelable tous les 15 ans et cerise sur le gâteau peut se cumuler avec l’abattement de 100 000€.

La prise en charge du donateur des droits de donation n’est pas considérée comme un supplément de donation.

Les droits de donation.

Ils sont calculés en fonction du lien de parenté entre donateur et donataire.

A titre d’exemple :

Tarifs des droits de donation en ligne directe ascendants et descendants directs du défunt : ses enfants et petits-enfants, ses parents et grands-parents…

Part taxable après abattement

  • jusqu’à 8 072                         5 %
  • de 8 073 € à 12 109            10 %
  • de 12 110 € à 15 932          15 %
  • de 15 933 € à 552 324        20 %
  • de 552 325 € à 902 838      30 %
  • de 902 839 € à 1 805 677   40 %
  • plus de 1 805 677                45 %

Vous êtes nombreux lors des consultations, à poser des questions relatives aux présents d’usage qui juridiquement ne sont pas des donations, mais peuvent être sources de contentieux fiscal avec l’administration fiscale.

Ce sera l’objet du prochain billet.


1Donateur : celui qui donne

2Donataire : celui qui reçoit

3Loi Sarkozy

Loi de finances et Loi de financement de la Sécurité sociale 2025

Loi de finances 2025


ENFIN,


le 14 février 2025, la loi 127 dite Loi de finances 2025 a été publiée au journal officiel.

En effet, cette loi aurait du être publiée au plus tard le 31 décembre 2024.

Cette promulgation tardive est le prolongement d’une année 2024 marquée par une dissolution, quatre chefs de gouvernement différents, de nombreuses lois en souffrance, une absence de budget.

Sans majorité et sans cap, la France a été condamnée à l’immobilisme, et, aux interrogations de nos partenaires européens.

Cette situation constitue une première dans l’histoire de la cinquième république.

Mais a pour effet à titre personnel, et, pour la première fois depuis 1987 de ne pas avoir à préparer pendant les congés de fin d’année la loi de finances, avec en  prime une longue période de congés !

Le budget 2025 se caractérise par des recettes de 545 milliards et des dépenses de 686 milliards traduisant un déficit de déficit prévisionnel de 1411 milliards.
Les éléments macro-économiques retenus par Bercy sont les suivants :
– un taux de croissance de 0,9%,
– un taux d’inflation de 1,4%.
– un déficit limité à 5,4% du produit intérieur brut2.

L’accent a été mis sur les économies de fonctionnement, dont les principales mesures sont les suivantes :
– 1 milliard d’euros en moins pour la recherche dans l’enseignement supérieur,
– 1,2 milliard d’euros en moins pour l’aide au développement,
– 150 millions en moins pour la culture,
– 100 millions en moins pour le sport,
– 80 millions en moins pour l’audiovisuel public,
– 225 millions en moins pour l’éducation nationale,
– 89 millions en moins pour les programmes destinés à la jeunesse.

Les collectivités sont également mises à la diète, ainsi que les crédits affectés à la transition écologique. Toutefois le budget de la justice et de l’intérieur échappent à ce coup de rabot.

Une part importante de la loi repose sur des hausses d’impôts visant les plus fortunés, en ce qui concerne les particuliers, mais les grandes entreprises sont également mises à contribution.

Pour ces dernières, plusieurs mesures sont prévues, dont une surtaxe de l’impôt sur les sociétés pour les grands groupes ( plus de 400 entreprises réalisant plus d’un Md€ de chiffre d’affaires). Cette majoration, comprise entre 20,6 % et 41,2 % selon le chiffre d’affaires, devrait rapporter 7,8 milliards d’euros en 2025.

Par ailleurs, la suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises est repoussée à 2030 au lieu de 2027. Son maintien devrait rapporter 4,24 milliards d’euros à l’État en 2025.

Pour les particuliers, une nouvelle taxe « anti-optimisation fiscale » sur les très hauts revenus (plus de 250 000 € annuels pour une personne seule), est mise en place. Elle vise à garantir un taux d’imposition minimum de 20 %. Cette taxe, concernant 0,06 % des foyers, devrait rapporter 1,87 milliard d’euros à l’État.
S’ajoutent également une nouvelle taxe sur le rachat d’actions par les entreprises, (400 millions d’euros), l’augmentation de la taxe sur les transactions financières (600 millions) et la hausse de la taxe sur les billets d’avion, notamment en première classe et classe affaire, pour un gain estimé à 460 millions d’euros.

In fine, l’objectif serait d’économiser 30 milliards au titre des économies et de collecter 20 milliards supplémentaires au titre des hausses d’impôt.

1Depuis 1974 la France présente un budget déficitaire à l’exception des années 1979 et 1980. A partir de l’année 2000 le déficit est devenu une tendance structurelle supérieure aux 3% du produit intérieur brut fixé par les critères
de Maastricht.
2Rappel : déficit budgétaire fr l’année 2023-5,5% du Pib. Pour l’année 2024, le déficit n’a pas encore été chiffré, mais devrait se situer à -6,1% du Pib.1

Loi de financement de la sécurité sociale 2025


Comme la loi de finances, elle se caractérise par un parcours chaotique se traduisant par un délai d’adoption de plus de 4 mois3, du jamais vu sous la cinquième république.

Les dépenses sont fixées à 666 milliards pour 2025, avec un déficit prévisionnel toutes branches confondues de 23 milliards constituant le plus haut niveau de déficit à ce jour, contre 19 milliards en 2024.
La principale cause du déficit provient de la branche maladie,4 et de la branche
vieillesse.5

Une des mesures phare du texte concerne la baisse des allégements de cotisations patronales sur les salaires de 1,6 Md€ en 2025. Ces allègements ont coûté en 2023 près de 80 milliards d’euros, dont plus de 65 milliards d’euros à la sécurité sociale.
Autres dispositions, la mise en place d’une taxe « lapin » pour les assurés qui ne se rendent pas à leur rendez-vous médical, et, l’augmentation de la taxe à 30% concernant la cotisation patronale sur les attributions gratuites d’actions.

Mais aussi une baisse du plafond des indemnités journalières versées par l’Assurance maladie en cas d’arrêt de travail. Le reste à charge est souvent compensé par les employeurs. Un décret viendra fixer très prochainement ce nouveau plafond. L’indemnité serait plafonnée à 1,4 Smic, et non 1,8 comme aujourd’hui.

La poursuite de la lutte contre la fraude, en particulier grâce à une plus grande sécurisation de la carte vitale avec le déploiement accéléré de l’application « carte Vitale sécurisée » d’ici octobre 2025.

Conséquence de la censure du gouvernement Barnier, la modalité du report de
l’indexation des pensions du 1 janvier au 1 juillet a été abandonnée avec pour
conséquence une revalorisation de 2,2% applicable depuis le 1 janvier 2025.

A l’heure actuelle un certain nombre de voix s’élèvent en France pour mettre en
exergue le coût de notre protection sociale, (assurance vieillesse et maladie), mais aussi les retraites.

Eric Lombard ministre de l’économe et des finances a déclaré :

« les deux tiers de notre écart de déficit avec la moyenne de l’union européenne
viennent de la retraite et de la santé » .

Bref tout le monde a compris quelles seront les prochaines cibles.

A terme, nous ne pourrons pas faire l’économie d’une réforme du système de
financement de notre protection sociale, dont 54% des recettes proviennent des
cotisations assises sur le seul travail………………..

D’ailleurs, la Cour des Comptes dans le cadre d’une mission flash confiée par le
Premier Ministre a rendu en date du 20 février dernier un rapport sur la situation financière et les perspectives du système de retraite 6pointant une nette dégradation de la situation financière à l’horizon 2045 malgré la réforme de 2023.

Je reviendrai sur ce point dans le prochain billet.

3 Le Sénat a adopté sans modification, en nouvelle lecture, le projet de loi, considéré comme adopté par l’Assemblée nationale en application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
4 Déficit prévisionnel 15,4 milliards
5 Déficit prévisionnel 7,5 milliardsBillet 1-25 Roland Soullié expert-comptable 24- 02-25 3